Quelles sont les spécificités de cette infraction ?
Le législateur a prévu des incriminations spécifiques pour la prise du nom d'un tiers dans des circonstances susceptibles d'entraîner des poursuites pénales contre la victime. Selon les faits, d'autres infractions peuvent s'ajouter : prise du nom/ fausse déclaration relative à l'état civil d'une personne exposant à des poursuites (434-23 du Code pénal - 5 ans et 75 000 €), usage sans droit d'un titre (433-17 du Code pénal - mêmes peines), escroquerie, faux et usage de faux. Ce sont des infractions voisines/associées à l'usurpation d'identité et non une aggravation ou une spécificité de l'article 226-4-1 du Code pénal. L'analyse des textes révèle que l'usurpation d'identité suppose la réunion de plusieurs conditions cumulatives. D'une part, l'utilisation, sans droit, de l'identité d'un tiers ou de données permettant de l'identifier. D'autre part, la volonté de troubler la tranquillité/ atteinte à l'honneur de la victime (226-4-1 du Code pénal). Si l'une des conditions fait défaut, l'infraction d'usurpation d'identité n'est pas caractérisée.
Quelles sont les causes et les conséquences de cette infraction ?
La preuve de l'usurpation d'identité repose sur la démonstration de l'utilisation, sans droit, de l'identité ou de données d'identification d'un tiers, ainsi que l'intention de nuire ou d'exposer la victime à un risque. Les juges exigent des éléments probants, tels que des documents authentiques, des preuves matérielles ou des constats officiels, pour établir la réalité de l'usurpation. Elle peut être constitutive ou concomitante d'autres infractions, telles que l'escroquerie, la falsification de documents ou de l'usage de faux. Elle connaît un développement particulier, à l'heure du numérique, notamment en raison de la facilité d'accès aux données personnelles et de la multiplication des supports d'identification électronique.
L'usurpation d'identité peut entraîner des conséquences civiles, telles que la remise en cause de la validité d'un contrat, la radiation d'une inscription au fichier des incidents de paiement ou l'octroi de dommages et intérêts pour un préjudice moral.
Que faire si on est victime ?
Check-list :
- conserver les preuves,
- déposer plainte,
- alerter les banques/opérateurs,
- signaler aux plateformes,
- sécuriser ses comptes,
- surveiller,
- contester par écrit