Ce que vous partagez sans toujours le réaliser
1. Est-ce que je suis en train de partager des informations personnelles ?
La réponse est souvent oui, sans que vous en ayez conscience. Dès lors que vous mentionnez votre prénom, votre âge, votre lieu de résidence, votre situation familiale, vos problèmes de santé ou les difficultés que vous traversez, vous transmettez des données personnelles à un système informatique exploité par une entreprise - souvent étrangère.
Certaines informations sont particulièrement sensibles : votre état de santé, vos convictions religieuses ou politiques, votre orientation sexuelle. Les partager dans un outil d'IA, même par inadvertance, n'est jamais anodin.
2. Mes données seront-elles utilisées pour entraîner l'IA ?
C'est l'une des questions centrales soulevées par la CNIL. Beaucoup d'outils d'IA générative utilisent les conversations de leurs utilisateurs pour améliorer leurs modèles, sauf si vous avez expressément désactivé cette option dans les paramètres. Cette possibilité existe sur la plupart des plateformes, mais elle est rarement mise en avant. Avant d'utiliser un service, prenez le temps de vérifier si une telle option est disponible et de la désactiver si vous ne souhaitez pas contribuer à l'entraînement du système.
3. Pendant combien de temps mes données sont-elles conservées ?
Les conditions générales d'utilisation de ces services prévoient des durées de conservation qui varient considérablement d'un outil à l'autre. Certaines plateformes conservent l'historique de vos conversations pendant plusieurs mois, voire indéfiniment. D'autres permettent de supprimer manuellement vos échanges. Là encore, l'information existe, mais elle est rarement lisible sans effort. La CNIL recommande de consulter la politique de confidentialité du service avant de l'utiliser, aussi fastidieux que cela puisse paraître.
Les bons réflexes à adopter
1. Est-ce que l'information fournie par l'IA est fiable ?
C'est une question que l'on oublie souvent de se poser. Les outils d'IA générative produisent des réponses qui semblent assurées, mais qui peuvent être inexactes, incomplètes ou tout simplement inventées. Ce phénomène, désigné sous le terme d'"hallucination", est particulièrement dangereux lorsque vous demandez des informations médicales, juridiques ou financières. Ne prenez jamais une réponse d'une IA pour une vérité établie sans la recouper avec une source fiable.
2. Suis-je en train de partager des informations qui ne m'appartiennent pas ?
C'est un risque souvent négligé dans le cadre professionnel. Si vous collez dans un outil d'IA le contenu d'un contrat confidentiel, les coordonnées de vos clients, ou des informations sensibles sur votre employeur, vous transmettez des données qui ne vous appartiennent pas à un tiers. Cela peut engager votre responsabilité personnelle et constituer une violation de vos obligations professionnelles ou contractuelles.
3. À qui puis-je signaler un problème ?
Si vous estimez qu'un outil d'IA a collecté ou utilisé vos données de façon abusive, vous pouvez déposer une plainte auprès de la CNIL, directement sur son site internet. L'autorité dispose de pouvoirs de contrôle et de sanction à l'égard des services accessibles depuis la France, y compris lorsque l'entreprise qui les exploite est établie à l'étranger.
En résumé : utiliser une IA ne signifie pas renoncer à la protection de ses données personnelles. Quelques réflexes simples - lire les paramètres de confidentialité, ne pas partager ce qui n'est pas nécessaire, vérifier les informations reçues - suffisent à réduire considérablement les risques.