Bonjour,
Les rappels à la loi, supprimés depuis le 1er janvier 2023 et remplacés par l'« avertissement pénal probatoire », ne constituent pas des condamnations pénales. Ils ne sont donc pas inscrits au casier judiciaire.
Ils ont toutefois pu donner lieu à l'enregistrement d'informations dans le traitement des antécédents judiciaires (TAJ), fichier utilisé par les services de police et de gendarmerie.
Sous certaines conditions et dans le respect des règles applicables, les données figurant au TAJ peuvent être consultées dans le cadre d'enquêtes administratives, notamment pour l'accès à certains emplois, fonctions ou activités sensibles, ainsi que dans le cadre de certaines procédures administratives relatives au séjour, à la nationalité ou à d'autres démarches concernant les étrangers.
Les durées de conservation des données dépendent notamment de l'âge de la personne au moment des faits, de la nature et de la gravité de l'infraction ainsi que de la situation procédurale.
Pour les personnes majeures mises en cause, la durée de conservation est généralement de vingt ans, mais elle peut être réduite pour certaines infractions ou portée à quarante ans pour les faits les plus graves.
Pour les personnes mineures, des durées spécifiques, généralement plus courtes, sont applicables selon la nature et la gravité des faits. Il convient toutefois de vérifier la durée correspondant précisément à l'infraction concernée et au statut sous lequel la personne a été enregistrée.
L'absence de condamnation n'entraîne pas nécessairement l'effacement automatique des données figurant au TAJ. Selon la décision intervenue — notamment un classement sans suite, un non-lieu, une relaxe ou un acquittement —, les données peuvent faire l'objet d'une mise à jour, d'une mention particulière, d'une limitation de leur consultation dans le cadre des enquêtes administratives ou, dans certaines conditions, d'un effacement.
Il est possible de demander la rectification, la mise à jour ou l'effacement des données lorsqu'elles sont inexactes, incomplètes, devenues sans objet ou lorsque leur conservation ne paraît plus justifiée au regard des finalités du fichier. L'autorité compétente appréciera la demande au regard de la nature des faits, de leur ancienneté, de l'issue de la procédure et de la situation de la personne concernée.
Concrètement, vous pouvez, dans un premier temps, exercer gratuitement votre droit d'accès aux données susceptibles de vous concerner dans le TAJ, selon la procédure prévue par le Code de procédure pénale.
Cette démarche vous permettra de vérifier si des informations sont toujours enregistrées, d'en connaître la nature et, le cas échéant, d'identifier les éléments qui pourraient faire l'objet d'une demande de rectification, de mise à jour ou d'effacement.
Si des données sont encore présentes, vous pourrez ensuite adresser une demande motivée au magistrat compétent, notamment au procureur de la République territorialement compétent ou au magistrat chargé du contrôle du TAJ, selon la nature de la demande et les règles procédurales applicables. Il sera utile d'indiquer précisément les faits concernés, leur ancienneté, la décision intervenue et les raisons justifiant la rectification, la limitation de consultation ou l'effacement sollicité.
Toute pièce permettant d'établir l'issue de la procédure pourra être jointe à la demande.
Les délais de traitement peuvent varier selon la nature de la démarche, l'autorité saisie et la complexité du dossier. Il est donc préférable de ne pas présenter un délai d'un mois comme un délai systématique d'effacement effectif.
En cas d'absence de réponse ou de refus, des voies de recours peuvent être ouvertes, notamment auprès des autorités ou juridictions compétentes, selon la procédure applicable.
Ces démarches sont gratuites. Seuls peuvent rester à votre charge les éventuels frais d'envoi ou les honoraires d'un avocat si vous choisissez de vous faire assister, l'intervention d'un avocat n'étant pas nécessairement obligatoire.
Concernant une demande de visa britannique, il convient de distinguer une condamnation pénale d'un rappel à la loi. Un rappel à la loi ne constitue ni un jugement ni une condamnation et n'emporte pas, à lui seul, les mêmes conséquences juridiques qu'une peine prononcée par une juridiction.
Toutefois, la réponse à fournir dépend de la formulation exacte des questions figurant dans le formulaire de demande de visa. Si la question porte uniquement sur les « criminal convictions », c'est-à-dire les condamnations pénales, une personne ayant uniquement fait l'objet d'un rappel à la loi et n'ayant jamais été condamnée peut, en principe, indiquer qu'elle n'a pas de condamnation pénale.
En revanche, si le formulaire demande de déclarer plus largement toute arrestation, poursuite, mesure alternative aux poursuites, avertissement, « caution », « warning », intervention de la police ou autre mesure liée à une infraction, il convient d'examiner attentivement si l'ancien rappel à la loi entre dans le champ de la question.
Les notions britanniques de « police caution » ou de « warning » ne correspondent pas nécessairement, sur le plan juridique, au rappel à la loi français ; il est donc préférable de ne pas établir d'équivalence automatique entre ces dispositifs.
En cas de doute sur la portée d'une question, il est recommandé de répondre de manière exacte, transparente et concise, sans assimiler le rappel à la loi à une condamnation. Il pourra être précisé, si cela est nécessaire, qu'il s'agissait d'une ancienne mesure française alternative aux poursuites, n'ayant donné lieu ni à un jugement ni à une condamnation pénale.
Enfin, il peut être utile d'engager parallèlement une procédure d'accès aux données enregistrées dans le TAJ puis, si la situation le permet, de solliciter leur rectification, leur mise à jour, la limitation de leur consultation ou leur effacement.
Une éventuelle modification du TAJ ne dispense toutefois pas de répondre sincèrement aux questions posées dans une demande de visa, en fonction de leur formulation exacte.
Bien à vous
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Votre bien dévoué
Xavier DAUSSE