Premiers réflexes : clarifier, écrire, se regrouper
Premier réflexe : clarifier la situation en rassemblant des preuves simples. Prenez des photos des désordres (fuites, pannes, dégradations), conservez les mails échangés avec le syndic, les courriers recommandés et les derniers procès?verbaux d'assemblée générale. Cela permet de dater précisément les problèmes et de montrer quelles démarches ont déjà été faites.
Deuxième réflexe : écrire au syndic de manière formelle. Une lettre recommandée, claire et factuelle, qui décrit les problèmes rencontrés, rappelle les décisions déjà votées si c'est le cas, et demande une intervention dans un délai raisonnable, est souvent indispensable. Plus votre courrier est précis, plus il sera difficile pour le syndic de prétendre qu'il n'était pas informé ou que la demande était floue.
Troisième réflexe : se regrouper entre copropriétaires lorsque plusieurs sont concernés. Un courrier commun, une pétition ou un échange structuré avec le conseil syndical montre qu'il s'agit d'un dysfonctionnement général de la copropriété, et non d'un simple conflit personnel. Un avocat peut vous aider à mettre en forme ce courrier collectif et à vérifier que vos demandes correspondent bien aux obligations normales du syndic.
Signaux d'alerte à ne pas négliger : absence totale de réponse à vos courriers, promesses d'intervention jamais suivies d'effet, contestation écrite de vos demandes, réception d'un courrier d'un avocat ou d'un commissaire de justice (ex?huissier) au sujet de la copropriété.
Utiliser l'assemblée générale, puis, si besoin, changer de syndic
Quatrième réflexe : utiliser l'assemblée générale pour mettre le sujet sur la table. Vous pouvez demander l'inscription à l'ordre du jour de questions précises : vote de travaux, explications sur la gestion d'un sinistre, mise en concurrence du syndic ou examen de sa rémunération. Le syndic est alors obligé de présenter ces points en assemblée, et le procès?verbal gardera une trace des explications données et des décisions adoptées.
Cinquième réflexe : envisager le changement de syndic ou une action plus ferme si la situation ne s'améliore pas. Lorsque la gestion est gravement défaillante (travaux votés jamais réalisés, absence répétée d'assemblées, retards de paiement des fournisseurs, sinistres non suivis), les copropriétaires peuvent décider en assemblée de révoquer le syndic et d'en désigner un nouveau. Dans les cas les plus sérieux, une action en justice peut aussi être engagée pour faire respecter ses obligations et, le cas échéant, obtenir réparation du préjudice subi par la copropriété. L'accompagnement d'un avocat permet alors de préparer le dossier, respecter les délais et choisir la procédure la plus adaptée.
Attention aux délais : certaines démarches doivent être engagées dans un délai court (par exemple pour contester une décision d'assemblée générale). Consulter un avocat dès les premiers signes de blocage permet souvent de préserver vos droits et d'éviter que la situation ne se fige.
À retenir :
- Plus tôt vous réagissez, plus il est simple de rappeler au syndic ses obligations sans passer par le juge.
- Un dossier bien documenté (courriers, mails, procès?verbaux, photos) facilite toute mise en demeure ou action ultérieure.
- Changer de syndic ou saisir la justice sont des solutions possibles, mais qui se préparent : être conseillé en amont limite les risques et les coûts.