Charges locatives consommation electrique privée refacturée par le bailleur
Locataire chez un grand bailleur social, j'ai découvert en 2023 en vérifiant les justificatifs des charges locatives de 2019, 2020 et 2021 que nous payions dans ces dites charges la consommation électrique d'un locataire (consommation privative) et ce depuis 2010... Ce locataire n'avait jamais procédé au changement de titulaire du contrat et le bailleur sans vérifier réglait les factures.
Ma question est : si l'on se base sur le décret du 23 décembre 1994, voir ci-dessous, les montants facturés sont donc illégaux, le problème étant qu'avec la prescription des charges locatives de 3 ans, on ne pourrait remonter jusqu'à 2010, mais en même temps le décret stipule bien que cette électricité consommée à titre privatif n'est pas une charge.
J'ai donc besoin d'un éclairage juridique pour savoir si oui ou non, et sur quelle(s) base(s) je pourrais m'appuyer pour recouvrir ces sommes indues.
Merci beaucoup pour votre aide.
Cordialement,
"Si l'électricité dans les parties communes est une charge récupérable, l'électricité consommée à titre privatif par le locataire n'en est pas une. De ce fait, elle ne peut faire l'objet d'une provision ni d'une régularisation.
👉 Le décret du 23 décembre 1994, approuvant le cahier des charges type de la concession à Électricité de France du réseau d'alimentation générale en énergie électrique, dispose que : « Toute rétrocession d'énergie par un client direct, à quelque titre que ce soit, à un ou plusieurs tiers est interdite, sauf autorisation du concessionnaire donnée par écrit. Dans le cas où les tiers bénéficiant de la rétrocession se situent sur le territoire d'une entreprise de distribution, leur desserte est également soumise à l'avis de l'autorité organisatrice de la distribution et à l'accord préalable de l'ingénieur en chef chargé du contrôle ». Cette disposition interdit au propriétaire bailleur de pouvoir, sans autorisation écrite et préalable du concessionnaire, refacturer au locataire l'électricité qu'il aura consommée à titre privatif."