Les locations Airbnb ont profondément transformé certains immeubles. Dans les zones touristiques ou les grandes villes, il n'est plus rare de voir défiler chaque semaine de nouveaux occupants, parfois peu soucieux de la tranquillité des résidents. Fêtes improvisées, allées et venues nocturnes, portes qui claquent, valises dans les escaliers, dégradations des parties communes ou sentiment d'insécurité : ces situations alimentent de plus en plus de conflits entre voisins.
Pour autant, une location de courte durée n'est pas illégale par nature. Beaucoup de propriétaires pensent donc être à l'abri dès lors que leur activité respecte les règles administratives ou le règlement de copropriété. C'est une erreur. Depuis longtemps, les tribunaux rappellent que chacun doit utiliser son bien sans imposer aux autres des nuisances excessives.
La Cour de cassation a ainsi consacré le principe selon lequel " nul ne doit causer à autrui un trouble anormal de voisinage " (Cass. 3e civ., 13 novembre 1986 - 84-16.379). Ce mécanisme, désormais inscrit dans le Code civil depuis 2024, constitue aujourd'hui l'un des principaux fondements juridiques utilisés contre les locations Airbnb génératrices de nuisances.
