Bonjour,
La situation que vous décrivez appelle effectivement une analyse attentive, mais il convient de distinguer plusieurs problématiques juridiques qui ne produisent pas nécessairement les mêmes conséquences.
En premier lieu, le syndicat des copropriétaires est une personne morale distincte des copropriétaires et du syndic. Son existence et sa qualité à agir ne dépendent pas de la dénomination utilisée dans les documents établis par le syndic. Il convient donc de vérifier précisément quelle est la dénomination du syndicat figurant dans l'état descriptif de division, le règlement de copropriété et le registre national des copropriétés.
Si, comme vous l'indiquez, certains documents d'assemblée générale, états de dépenses, échanges avec l'assureur ou pièces produites en justice sont systématiquement établis au nom d'une entité différente du syndicat légalement constitué, il s'agit d'un point qui peut être juridiquement important. Il faut notamment déterminer si cette appellation correspond simplement à une dénomination utilisée de manière informelle ou si elle recouvre effectivement une entité présentée comme étant le syndicat des copropriétaires.
La question devient particulièrement sensible lorsque cette entité intervient dans des actes qui relèvent normalement du syndicat : vote des décisions, paiement des charges, souscription ou gestion de l'assurance de l'immeuble, représentation en justice, établissement des comptes ou paiement des honoraires du syndic et des avocats.
En revanche, il ne suffit pas nécessairement de démontrer qu'une appellation différente a été utilisée pour obtenir l'annulation de décisions ou remettre en cause automatiquement l'ensemble de la gestion. Il faut identifier les actes précis concernés et leurs conséquences : défaut d'assurance, absence ou irrégularité de mandat du syndic, décisions d'assemblée générale, qualité à agir, représentation en justice, imputations comptables, etc.
Le point que vous évoquez concernant la procédure judiciaire me paraît particulièrement important.
Si une avocate prétend agir au nom du syndicat légal, elle doit pouvoir justifier de sa qualité pour le représenter et du pouvoir qui lui a été donné dans les conditions requises. De même, si le titre exécutoire a été rendu au profit du syndicat légal mais que les pièces produites au soutien de la demande sont toutes établies au nom d'une autre entité, il convient de vérifier exactement ce que le juge avait dans son dossier et sur quelles pièces il a fondé sa décision.
Il faut toutefois être prudent avec l'expression de « tromperie de la religion des juges » : une erreur, une confusion de dénomination ou même la production de pièces irrégulières ne caractérisent pas automatiquement une fraude procédurale. Pour retenir une véritable fraude, il faudrait notamment pouvoir établir une présentation volontairement trompeuse des faits ou des pièces ayant eu une incidence sur la décision rendue.
De même, le fait qu'un syndic soit également expert judiciaire ne signifie pas, à lui seul, qu'il existe une infraction ou une irrégularité institutionnelle. Il faudrait identifier précisément les obligations qu'il aurait méconnues et, le cas échéant, les conséquences procédurales ou disciplinaires susceptibles d'en découler.
Concernant enfin l'absence d'assurance de l'immeuble, il s'agit d'une question distincte qui peut être particulièrement sérieuse en copropriété. Il conviendrait de vérifier les périodes concernées, les décisions d'assemblée générale, les démarches effectivement réalisées auprès des assureurs et les conséquences concrètes de cette absence éventuelle de couverture.
À mon sens, avant d'envisager une contestation globale de la procédure, il faudrait donc établir une chronologie et comparer systématiquement :
* la dénomination et l'identité juridique du syndicat légal ;
* les documents du règlement de copropriété et l'immatriculation au registre national ;
* les procès-verbaux d'assemblées générales ;
* les contrats et mandats du syndic ;
* les documents comptables et états de dépenses ;
* les contrats d'assurance ;
* les factures et règlements d'honoraires ;
* les pouvoirs éventuellement donnés à l'avocate ;
* les pièces effectivement communiquées dans la procédure ;
* et surtout le contenu exact du jugement et du titre exécutoire.
C'est cette comparaison qui permettra de déterminer s'il existe une simple irrégularité de dénomination, une irrégularité dans la représentation du syndicat, un problème de qualité à agir, une difficulté concernant la validité des décisions d'assemblée générale ou, dans les hypothèses les plus graves, une véritable fraude ayant pu affecter la procédure.
Si vous disposez du jugement, du titre exécutoire, du dernier état des dépenses ainsi que des documents faisant apparaître les deux dénominations différentes, leur examen permettrait d'être beaucoup plus précis sur les recours effectivement envisageables et sur les éventuelles nullités ou contestations à soulever.
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Maître Gonzalez
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