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Par Maître SERRE, Avocat Publié le 01/09/2026 à 20h34
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En droit pénal français, la prison avec sursis signifie qu'une personne bien que déclarée coupable et condamnée par un tribunal, verra l'exécution de tout ou partie de sa peine suspendue. Lorsque la peine est assortie d'un sursis, l'exécution de tout ou partie de l'emprisonnement est suspendue. En cas de sursis total, le condamné n'est pas incarcéré au titre de cette peine ; en cas de sursis partiel, une partie de la peine peut rester ferme.
Le sursis peut être simple ou probatoire.
- Le sursis simple : la peine n'est pas exécutée à condition de ne pas commettre, pendant le délai prévu par la loi, une nouvelle infraction susceptible d'entraîner la révocation du sursis.
- Le sursis probatoire : la personne doit, pendant une période déterminée, respecter des obligations et interdictions : se soigner, travailler ou rechercher un emploi, indemniser la victime, ne pas rencontrer certaines personnes, ne pas fréquenter certains lieux, etc. Elle est généralement suivie par le juge de l'application des peines et le service pénitentiaire d'insertion et de probation.
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Quelles sont les conditions de mise en oeuvre d'un sursis simple ?
Pour qu'un tribunal puisse prononcer un sursis simple à l'égard d'une personne mise en cause, plusieurs conditions cumulatives, prévues aux articles 132-29 à 39 du Code pénal, doivent être réunies.
1) Pour un crime ou un délit, la personne ne doit pas avoir été condamnée, dans les 5 années précédant les nouveaux faits, à une peine de réclusion ou d'emprisonnement. Le délai se calcule à compter de la date des faits nouvellement jugés, et non par rapport à la date de l'audience. Une condamnation plus ancienne ne fait pas automatiquement obstacle au sursis simple. Toutefois, le tribunal peut en tenir compte pour apprécier la personnalité et le parcours judiciaire du prévenu. Si la personne a été condamnée, dans les 5 années précédant les faits, pour un crime ou un délit à une peine autre que l'emprisonnement (par exemple une amende ou un travail d'intérêt général) le sursis simple reste possible. Seule une nouvelle peine d'emprisonnement pourra être assortie du sursis.
2) Le sursis simple peut notamment assortir, dans les conditions prévues par la loi, une peine d'emprisonnement d'une durée maximale de 5 ans, ainsi que certaines autres peines comme l'amende, les jours-amende, certaines peines restrictives ou privatives de droits et certaines peines complémentaires. Le sursis peut être total (par exemple, 8 mois d'emprisonnement entièrement avec sursis) ou partiel (par exemple, 12 mois d'emprisonnement, dont 6 mois avec sursis). Même lorsque toutes les conditions légales sont réunies, le sursis simple n'est jamais automatique. Il s'agit d'une faculté laissée au tribunal. Le sursis doit être prononcé en même temps que la peine et figurer dans le jugement. Le sursis simple n'impose pas de suivi régulier ni d'obligations particulières comme le sursis probatoire. La personne doit toutefois éviter de commettre une nouvelle infraction pendant 5 ans (pour une condamnation criminelle ou correctionnelle) ou 2 ans (pour une contravention de cinquième classe).
La commission d'une nouvelle infraction n'entraîne pas à elle seule une révocation automatique : la révocation relève d'une décision judiciaire, totale ou partielle selon les cas. Les dommages et intérêts, les frais de procédure et les autres peines non assorties du sursis restent exécutoires.
Quelles sont les conditions de mise en oeuvre du sursis probatoire ?
Le sursis probatoire permet de suspendre l'exécution d'une peine d'emprisonnement, à condition que le condamné respecte des mesures de contrôle et certaines obligations pendant une durée déterminée. Cette peine implique un suivi par le JAP (juge de l'application des peines) et le SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation).
Un certain nombre de conditions cumulatives sont prévues aux articles 132-40 à 53 du Code pénal et les articles 739 et suivants du Code de procédure pénale.
1) Le sursis probatoire peut être prononcé contre une personne physique condamnée pour un crime ou un délit à une peine d'emprisonnement de 5 ans au maximum, ou jusqu'à 10 ans d'emprisonnement en cas de récidive légale. Il peut être total (l'ensemble de la peine d'emprisonnement est suspendu) ou partiel (une partie est ferme et l'autre assortie du sursis probatoire). Contrairement au sursis simple, l'existence d'antécédents judiciaires n'exclut donc pas nécessairement le sursis probatoire.
2) La juridiction détermine la partie de la peine assortie du sursis, la durée de la probation, les obligations ou interdictions particulières et éventuellement, l'exécution provisoire de la mesure.
3) Le délai de probation est fixé par le tribunal. Il est compris entre 1 et 3 ans en principe, entre 1 et 5 ans en cas de récidive légale, et entre 1 et 7 ans en cas de double récidive. En cas d'exécution provisoire, la probation commence dès le prononcé du jugement.
4) Pendant la probation, le condamné doit notamment répondre aux convocations du JAP ou du SPIP, recevoir les visites de ce dernier, communiquer les renseignements et justificatifs demandés, signaler ses changements d'emploi ou de résidence... La juridiction ou le JAP peut notamment imposer des obligations particulières comme travailler, suivre une formation ou rechercher une insertion professionnelle ...
À retenir :
Le sursis simple évite l'exécution de la peine à condition de ne pas commettre une nouvelle infraction dans le délai légal, tandis que le sursis probatoire impose en plus des obligations de suivi. En cas de non-respect ou de nouvelle infraction, le juge peut révoquer tout ou partie du sursis.
Fiche pratique rédigée par
Maître AURELIEN SERRE
Avocat au barreau de TOULOUSE (divorce, droit commercial, droit de la famille et des personnes)
J'aimerais être éclairée, quelle est la différence entre une révocation du sursis probatoire partielle et totale ? exemple, si on a 2 mois d'emprisonnement...
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