Bonjour,
C'est l'idée, en accord avec sa mère, de fixer une "pension étudiante" en nature (paiement du loyer, de la nourriture, de la veture, du transport, des soins...) et c'est ce qui est fait déjà.
Mais c'est sur le plan pécuniaire que se pose essentiellement le problème, à savoir comment limiter ses dépenses excessives et souvent superflues ? Existe-t-il un moyen juridique ou autre de la rendre totalement responsable et sans que nous soyons solidaires, jurodiquemenr ou moralement, de ses abus répétés ?
il y a 1 mois
Bonjour @James,
Oui, la circonstance qu'elle ait travaillé, puis qu'elle dépense de façon excessive, peut être prise en compte, mais elle ne met pas fin automatiquement à votre obligation d'aide.
Chaque parent contribue à l'entretien et à l'éducation de l'enfant à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, et des besoins de l'enfant, et cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l'enfant est majeur.
Rappel du principe
Pour un enfant majeur étudiant, l'aide parentale reste due tant qu'il n'est pas réellement autonome. Mais elle n'a pas vocation à financer des dépenses injustifiées, excessives ou de pur confort.
Vous pouvez donc parfaitement organiser une aide principalement en nature, ce qui est déjà votre logique actuelle : logement, nourriture, transport, santé, études, équipement utile. C'est cohérent, puisque la contribution à l'entretien peut prendre la forme d'une pension, mais aussi être aménagée par accord ou décision selon les modalités utiles au dossier.
Point de vigilance
En revanche, vous ne pourrez pas, en pratique, "contrôler juridiquement" toutes ses dépenses personnelles dès lors qu'elle est majeure, hors mesure de protection particulière, ce qui n'est manifestement pas votre sujet.
Il n'existe pas de mécanisme normal permettant à des parents d'un enfant majeur capable de le rendre juridiquement irresponsable de ses propres dépenses ou de reprendre la main sur son compte bancaire.
Le bon levier n'est donc pas de chercher à contrôler sa gestion privée, mais de limiter clairement votre contribution à ce qui relève de ses besoins objectifs d'étudiante.
Si elle réclame davantage pour des dépenses superflues, vous n'êtes pas tenus de suivre. Et si une pension judiciaire devait être fixée, elle le serait elle aussi selon ses besoins réels et vos facultés contributives, pas selon ses envies de consommation.
Vous pouvez donc, avec son accord et celui de sa mère, cesser les versements d'argent librement utilisable et maintenir seulement :
le paiement direct du loyer,
des frais de scolarité,
des transports,
de la mutuelle ou des soins,
et éventuellement une somme mensuelle plafonnée, fixe et non révisable sans justificatifs.
Si aucun accord durable n'est possible, il est alors envisageable de faire fixer judiciairement la contribution, précisément pour sortir du flou et éviter que l'aide ne devienne une caisse ouverte.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
Cela permet de valoriser le travail juridique fourni et d'aider d'autres personnes confrontées à une difficulté similaire.
Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
il y a 1 mois
Bonjour Maître Minary,
Je vous remercie pour votre réponse très détaillée qui nous conforte dans notre réflexion, sa mère et moi, et je vous présente mes excuses pour le délai de réponse.
Nous sommes parfaitement au fait que la majorité de notre fille ne met pas fin à notre obligation d'aide et que nous avons à contribuer à l'entretien et à l'éducation de notre enfant dans le cadre fixé par la loi, mineure ou majeure, étudiant ou non. Il s'agit même pour nous d'une responsabilité absolue jusqu'à ce qu'elle atteigne sa pleine autonomie. Et quand bien même, nous serons toujours là pour elle, si besoin est, tout au long de sa vie.
Nous avons tout à fait conscience que l'aide parentale reste due mais n'a pas vocation à financer des dépenses injustifiées, excessives ou de pur confort, et pour cela, nous avions organisé une aide en nature et pécuniaire qui nous paraissait plus que suffisante dès la rentrée 2025/2026 (cf. précédent message à ce sujet).
Nous avions aussi convenu avec notre fille - dans un premier temps - qu'elle nous donne procuration sur ses comptes et produits d'épargne mis en place durant son enfance afin d'exercer une forme d'accompagnement et de surveillance à propos du rythme et de la nature de ses dépenses, et des sources financières qu'elle mobilise pour y pourvoir... Mais c'est une éducation longue, fastidieuse, qui génère régulièrement des rapports de force et d'affect étroitement mêlés.
Nous avons enfin essayé de limiter notre contribution à ce qui relève de ses besoins objectifs d'étudiante, fixer une somme mensuelle pour ses dépenses autres que celles que nous couvrons (loisirs, sorties, menus frais, etc.) et de ne pas suivre ses demandes de renflouement sans justificatifs. Mais ce fut sans réel succès et nous avons commencé à envisager certaines mesures de protection pour elle et pour nous-mêmes... non suivies d'effet à ce jour.
Par conséquent, si aucun accord durable n'est alors possible, il semble que la fixation judiciaire d'une pension que vous évoquez, en fonction de ses besoins avérés et de nos capacités contributives, serait la seule solution. D'autant plus que notre organisation initiale nous paraît être plus que suffisante (et pourrait même être revue à la baisse) afin de sortir de ce cercle vicieux qui dure depuis plusieurs mois maintenant.
À ce sujet, pourriez-vous nous en dire plus et auriez-vous l'amabilité, à ce titre, de nous éclairer sur les deux points suivants que vous avez abordés dans votre réponse ?
1.(...) la contribution à l'entretien peut prendre la forme d'une pension, mais aussi être aménagée par accord ou décision selon les modalités utiles au dossier.
2.Il n'existe pas de mécanisme normal permettant à des parents d'un enfant majeur capable de le rendre juridiquement irresponsable de ses propres dépenses ou de reprendre la main sur son compte bancaire.
Très cordialement,
James.
il y a 13 jours
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