Une procédure rapide
La citation directe permet à une victime de convoquer directement l'auteur présumé d'une infraction devant la juridiction pénale, sans passer par une enquête préalable. Au lieu de déposer plainte et d'attendre une décision du ministère public, la victime saisit elle-même le tribunal compétent par acte de commissaire de justice.
L'article 551 du Code de procédure pénale précise que la citation énonce le fait poursuivi et vise le texte de la loi qui le réprime.
Elle indique :
- le tribunal saisi ;
- le lieu, l'heure et la date de l'audience ;
- la qualité de prévenu de la personne citée, qui doit être nécessairement identifiée.
Elle mentionne en outre les nom, prénoms, profession et domicile réel ou élu de la partie civile.
Le délai minimum de remise de la citation directe par la partie civile à l'encontre du prévenu avant l'audience est de dix jours en droit commun, porté à vingt jours en matière de délits de presse, outre les délais supplémentaires en fonction de la distance de résidence du prévenu.
Cette procédure est particulièrement adaptée lorsque les faits sont simples, établis et ne nécessitent pas d'investigations complémentaires. Elle est d'ailleurs très utilisée en matière de diffamation et d'infractions de presse, où le délai de prescription est court.
La citation directe permet alors de passer outre un classement sans suite et de maîtriser le calendrier judiciaire, ce qui constitue un avantage non négligeable compte tenu des délais parfois importants devant les juridictions pénales.
Concrètement, à l'issue de la signification de l'acte de citation directe, les parties sont convoquées dans le cadre d'une première audience fixant le montant de la consignation.
Cette consignation consiste en une somme versée par la partie civile, destinée à garantir le paiement d'une éventuelle amende civile.
Elle lui sera restituée à l'issue de la procédure, sauf si la juridiction estime la constitution de partie civile abusive ou dilatoire, auquel cas l'amende civile pourra être prononcée.
Attention : à défaut de paiement de la consignation dans les délais, la citation directe pourra être déclarée irrecevable.
A l'issue de cette audience de fixation, l'affaire est renvoyée à une date de plaidoirie.
Une procédure technique à manier avec précaution
Toutefois, la citation directe est une procédure technique.
Elle doit respecter des règles strictes de forme et de délai, notamment celles prévues aux articles 390, 550 et suivants du Code de procédure pénale.
La moindre erreur dans la date, la qualification juridique ou la signification peut entraîner la nullité de la procédure.
Elle comporte également un risque au fond.
En l'absence d'enquête, il est possible que les faits ne soient pas suffisamment démontrés ou que l'infraction ne soit pas juridiquement caractérisée. Dans ce cas, le tribunal peut prononcer la relaxe.
Dans ce cas, la partie civile peut être condamnée au paiement des frais prévus par l'article 475-1 du Code de procédure pénale. Dans les situations les plus sensibles, une amende civile voire une plainte pour dénonciation calomnieuse à l'encontre de la partie civile peut même être envisagée.
La citation directe est donc un outil efficace pour accélérer une procédure pénale, à condition que le dossier soit solide et que la stratégie soit maîtrisée. Si elle ne remplace pas toutes les formes de poursuites, elle constitue cependant une voie pertinente lorsque les preuves sont déjà réunies et que l'identité de l'auteur est connue.
Bien utilisée, elle permet d'obtenir une décision rapide. Si elle est mal préparée, elle peut se retourner contre celui qui l'engage.