Fonctionnement et acteurs de la fiducie
La fiducie repose sur une relation tripartite.
Le constituant transfère des biens à un fiduciaire, qui doit être un professionnel habilité : établissement de crédit, institution ou service habilité, entreprise d'investissement, société de gestion de portefeuille, entreprise d'assurance ou avocat.
Le fiduciaire gère ces biens conformément au contrat et au but fixé, en séparant ce patrimoine de ses propres actifs.
Les bénéficiaires reçoivent ensuite, à l'échéance ou selon les conditions prévues, les biens ou leur équivalent.
En pratique, la fiducie est surtout utilisée comme fiducie-gestion ou comme fiducie-sûreté. La fiducie-sûreté est expressément organisée par les articles 2372-1 à 2372-5 et 2488-1 à 2488-5 du code civil.
En revanche, la fiducie-libéralité, à titre gratuit, reste interdite (article 2013 du Code civil).
Formalisme et effets de la fiducie
Le contrat de fiducie est strictement encadré (article 2018 du Code civil) : il doit identifier les biens transférés (y compris les biens futurs s'ils sont déterminables), préciser la durée du transfert (maximum 99 ans), les parties impliquées, ainsi que la mission et les pouvoirs du fiduciaire.
Pour les fiducies-sûreté, il faut également mentionner la dette garantie, la valeur estimée des biens et toute convention de mise à disposition.
Des formalités strictes sont prévues : le contrat de fiducie et ses avenants doivent être enregistrés dans le délai d'un mois, et, s'ils portent sur des immeubles ou des droits réels immobiliers, ils doivent aussi être publiés. L'article 2020 prévoit en outre l'existence d'un registre national des fiducies.
Lorsque le patrimoine fiduciaire comprend des biens ou des droits dont la mutation est soumise à publicité, celle-ci doit mentionner le nom du fiduciaire ès qualités (article 2021).
La fiducie doit être expresse et l'acte notarié est obligatoire si les biens transférés dépendent d'une communauté entre époux ou d'une indivision.
Les biens fiduciaires restent protégés des créanciers personnels du constituant et du fiduciaire.
En cas de fiducie-sûreté, la protection persiste même en sauvegarde ou redressement judiciaire, et en liquidation, les biens peuvent être réalisés au profit du créancier (article L. 641-11-1, VI du Code de commerce).
Ce dispositif offre ainsi un outil sécurisé de gestion, de transmission ou de garantie, combinant flexibilité contractuelle et sécurité juridique.