I. Transaction et indemnités : une protection renforcée des préjudices moraux et professionnels
La transaction repose sur un échange : renoncer au procès en contrepartie d'une somme d'argent. Cette somme peut couvrir différentes réalités : indemnités de licenciement, rappels de salaires, mais aussi réparation d'un préjudice moral ou d'un préjudice lié à la carrière.
Sur le plan des cotisations sociales, la règle est stricte : en principe, toute somme versée à l'occasion de la rupture est soumise à cotisations, sauf si elle indemnise un véritable préjudice.
Le juge doit alors rechercher ce que la somme compense réellement. Si elle remplace un élément de rémunération, elle entre dans l'assiette. Si elle répare un préjudice extrapatrimonial, ou un préjudice professionnel clairement identifié, elle est hors assiette.
Il précise que les indemnités transactionnelles versées pour un préjudice moral ou professionnel n'entrent pas dans l'assiette des cotisations, même si elles sont liées à la rupture et ne figurent pas sur la liste légale des indemnités exonérées. Tout repose donc sur la qualification du préjudice dans l'accord.
Si le protocole décrit clairement la nature indemnitaire, morale ou professionnelle, de tout ou partie de la somme, il sera plus facile d'écarter les cotisations. À l'inverse, une formule vague type indemnité globale et forfaitaire expose à un risque de requalification et de redressement.
II. Conciliation prud'homale : un accord utile mais à portée limitée si le texte reste flou
En matière prud'homale, la conciliation est un passage obligatoire avant le jugement.
Si les parties trouvent un accord, le bureau de conciliation établit un procès-verbal qui a une double nature : c'est à la fois un acte judiciaire et un contrat. Il peut avoir la même force qu'une transaction et mettre fin au litige en cours. En principe, ce procès-verbal empêche ensuite toute nouvelle action ayant le même objet, mais uniquement dans la limite de ce que les parties ont réellement voulu régler.
La jurisprudence rappelle que la conciliation se limite à l'objet du litige tel qu'il ressort de la saisine et des demandes formulées.
Une salariée avait accepté, en conciliation, une somme globale, forfaitaire, transactionnelle et de dommages-intérêts pour mettre fin au litige. Plus tard, elle agit au titre de la rupture du contrat.
La jurisprudence considère que le procès-verbal ne prouvait pas une renonciation claire et irrévocable à toute action liée à la rupture. L'accord bloquait seulement de nouvelles demandes sur ce qui avait été saisi et discuté devant le bureau.
Aussi, si les parties veulent que la conciliation ferme définitivement tout contentieux lié à l'exécution et à la rupture, il faut le dire expressément. À défaut, le salarié pourra encore saisir le juge sur des points non visés clairement, ce qui peut surprendre un employeur qui croyait avoir tout réglé.