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L'expulsion

Immobilier / Droit immobilier / Par Alexia.fr, Publié le 10/08/2009 à 11h15
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Pour des raisons de respect de la dignité humaine, l’exécution sur la personne est exceptionnelle en matière civile. En effet, la contrainte par corps, qui consiste à faire incarcérer le débiteur afin de le contraindre moralement et physiquement à s’acquitter de sa dette, a été supprimée par la loi du 2 juillet 1867. Elle subsiste que de manière ponctuelle, comme pour garantir le paiement des amendes au profit du Trésor public ou en matière fiscale. Les mesures d’exécution sur les personnes sont donc très rares. Il en reste une qui demeure et qui ne manque pas de soulever de nombreuses difficultés dans le contexte actuel : la mesure d’expulsion.
L’expulsion consiste en l’évacuation d’une personne d’un immeuble ou d’un lieu habité lorsqu’elle l’habite sans droit. Par ses conséquences sur le plan humain, la procédure d’expulsion fait l’objet d’une réglementation spécifique qu’il faut mettre en relation avec la reconnaissance d’un droit au logement opposable par la loi du 5 mars 2007 (Développements dans l'ouvrage de libertés publiques relatifs au droit de propriété) . L’expulsion a fait l’objet d’une réglementation complète par la loi du 9 juillet 1991 et le décret du 31 juillet 1992. Nous envisagerons successivement les conditions à réunir pour pouvoir recourir à une mesure d’expulsion, avant de nous intéresser au déroulement des opérations de l’expulsion.

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Immobilier/terrain : achat/vente, location (bail, loyers, expulsion), copropriété, voisinage, travaux, financement

Votre demande concerne l'achat ou la vente d'un bien, son financement ou son occupation, ou un litige lié au logement/terrain.

Elle peut viser un agent immobilier, un prêt immobilier, un vice caché, le syndic/copropriété et des résolutions d'assemblée, des baux (dont bail commercial), des loyers impayés/une expulsion, un conflit de voisinage/empiètement, la construction/VEFA, une SCI, un viager, une expropriation, ou un permis de construire.

Bail commercial : bail, loyer, renouvellement, révision, résiliation, cession, sous-location, travaux.

Vous êtes concerné(e) par un litige lié à un bail commercial (location d'un local professionnel) : rédaction/conditions du bail, changement d'affectation, déspécialisation, renouvellement, révision, résiliation, cession ou sous-location.

Le différend peut aussi porter sur des loyers impayés, l'indemnité d'éviction (et le droit de repentir), ainsi que les réparations et les travaux.

Successions : préparation ou règlement (donation, testament, héritage, assurance-vie), partage/indivision, réserve, conflit entre héritiers, recel.

Votre demande porte sur la préparation ou le règlement d'une succession (donation, testament, héritage, assurance-vie) ou sur un conflit entre héritiers.

Elle peut concerner l'indivision, un partage amiable ou judiciaire, un détournement d'héritage ou un recel successoral.

Société : création, structuration, statuts et pacte d'actionnaires, gouvernance/assemblée générale, opérations et cession, responsabilités, conflits associés/dirigeants.

Votre demande concerne la création, la structuration ou la vie d'une société, ou un litige lié à son fonctionnement : création d'entreprise, pacte d'actionnaires, gouvernance (AG, statuts, PV, comptes) et exercice des droits de l'actionnaire.

Elle peut aussi porter sur une levée de fonds/investisseurs, des restructurations (fusion, scission, transformation, acquisition), la cession de titres (et garanties type garantie de passif), la dissolution, des litiges avec des tiers, ou des conflits internes (abus de majorité/minorité, fautes de gestion, conventions réglementées, infractions).

Surendettement : dettes et dossier Banque de France (dépôt, contestation, plan, mesures imposées, effacement, recours).

Vous avez plusieurs dettes et vous n'arrivez plus à faire face à vos remboursements : dépôt ou contestation d'un dossier de surendettement (Banque de France).

Le dossier peut viser une solution (plan conventionnel de redressement, mesures imposées, rétablissement personnel), la contestation d'un refus, et la gestion de crédits (notamment crédits à la consommation) ou de situations aggravantes comme un abus de faiblesse.

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Vérifier si je dois proposer le bien au locataire en priorité (droit de préemption)

Cela permet de savoir si, avant de vendre le logement, vous devez d'abord le proposer au locataire en place. Dans certains cas, le locataire passe avant un autre acheteur et peut décider d'acheter le bien au même prix. Exemple : vous voulez vendre un appartement occupé, vous devez peut-être d'abord faire une offre au locataire.

Préparer un congé destiné au locataire pour vente

Cela consiste à rédiger le courrier officiel qui informe le locataire que vous mettez fin au bail parce que vous souhaitez vendre le logement. Ce courrier doit être envoyé dans les formes et délais prévus. Exemple : vous voulez vendre un appartement loué, vous devez prévenir le locataire par un courrier adapté avant la fin du bail.

Le locataire refuse de libérer les lieux

Cela signifie que le locataire reste dans le logement alors qu'il aurait dû partir, par exemple à la fin du bail ou après un congé valable. Vous pouvez alors avoir besoin d'être accompagné pour faire les démarches nécessaires. Exemple : la date de départ est passée, mais le locataire occupe toujours l'appartement.

Un désaccord sur la date de départ du locataire

Cela signifie que vous et le locataire n'êtes pas d'accord sur le moment où le logement doit être quitté. Le problème peut venir d'un préavis, de la fin du bail ou d'un courrier mal compris. Exemple : vous pensez que le locataire devait partir le 30 juin, mais lui veut pouvoir rester jusqu'au 31 août.

Un litige sur indemnité d'occupation / loyers pendant la vente

Cela concerne un désaccord sur les sommes à payer pendant que le logement est encore occupé au moment de la vente ou après la fin du bail. Il peut s'agir du loyer habituel ou d'une somme demandée parce que le locataire reste dans les lieux. Exemple : le logement a été vendu, mais le locataire est resté un mois de plus et un désaccord naît sur la somme à payer pour cette période.

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Les conditions suspensives de prêt (refus, justificatifs, délais)

Cela correspond aux règles prévues dans le document signé pour dire que l'achat ne se fera que si vous obtenez votre prêt dans les conditions prévues. Cela peut concerner le refus de la banque, les documents à fournir pour prouver vos démarches, ou le délai à respecter pour faire votre demande et recevoir une réponse. En pratique, il s'agit d'un événement futur et incertain dont dépend la suite de la vente. Exemple : vous signez pour acheter un appartement, mais la vente ne se poursuit que si la banque accepte votre crédit dans le délai prévu et si vous pouvez montrer que vous avez bien fait les démarches demandées.

La demande d'une prorogation / d'un report de délai

Cela signifie que vous demandez plus de temps pour accomplir une étape prévue dans la vente, parce que le délai initial est trop court ou ne peut pas être respecté. Il peut s'agir, par exemple, d'obtenir un prêt, de réunir des documents ou de décaler la signature. Exemple : vous demandez 15 jours de plus pour recevoir la réponse de la banque.

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Acheter à plusieurs / organiser l'indivision

Cela signifie que vous achetez le bien avec une ou plusieurs autres personnes et que vous voulez prévoir clairement comment cette propriété à plusieurs va fonctionner. Cela peut concerner la part de chacun, la répartition des dépenses ou les décisions à prendre plus tard. Exemple : vous achetez un appartement avec votre soeur et vous voulez définir qui paie quoi et comment le bien pourra être revendu plus tard.

Un conflit entre indivisaires (organisation, décision, sortie)

Cela signifie qu'il existe un désaccord entre les personnes qui possèdent ensemble le bien. Le conflit peut porter sur la gestion du bien, une décision à prendre, les dépenses à payer ou la volonté de rester ensemble ou non propriétaires. Exemple : vous achetez un bien à deux, mais plus tard l'un veut vendre alors que l'autre veut le conserver.

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Le vote des travaux

Cela concerne la décision de faire ou non des travaux dans la copropriété. Le désaccord peut porter sur le principe des travaux, leur utilité, leur coût ou le résultat du vote. Exemple : des travaux de façade ont été proposés en assemblée générale, mais vous contestez la décision prise.

La réalisation des travaux

Cela concerne la façon dont les travaux se passent dans la copropriété. Le problème peut porter sur le retard, la mauvaise organisation, la qualité des travaux ou le respect de ce qui avait été prévu. Exemple : des travaux votés dans l'immeuble devaient commencer en mars, mais ils prennent du retard ou se passent mal.

La contestation des travaux

Cela signifie que vous voulez remettre en cause des travaux décidés, en cours ou déjà réalisés dans la copropriété. Le désaccord peut concerner leur utilité, leur coût, leur régularité ou leurs conséquences pour vous. Exemple : vous estimez que des travaux ont été décidés ou réalisés sans respecter les règles prévues.

Je souhaite effectuer des travaux en copropriété

Cela signifie que vous voulez faire des travaux dans votre lot ou sur une partie liée à la copropriété, et que vous voulez savoir si vous avez une autorisation à demander ou des règles à respecter. Exemple : vous voulez remplacer des fenêtres, modifier un mur ou installer une climatisation.

On me reproche des travaux en copropriété

Cela signifie qu'un voisin, le syndic ou la copropriété vous reproche des travaux que vous avez faits ou commencés. Le problème peut concerner une autorisation manquante, une gêne causée ou des travaux jugés non conformes. Exemple : après avoir installé une véranda, la copropriété vous reproche de ne pas avoir obtenu l'accord nécessaire.

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Contester une décision d'assemblée générale (délais, forme, fond)

Cela signifie que vous voulez remettre en cause une décision prise lors de l'assemblée générale de la copropriété. Le problème peut venir du délai à respecter pour agir, de la façon dont la décision a été préparée ou votée, ou du contenu même de la décision. En principe, la contestation doit être engagée par un copropriétaire opposant ou absent non représenté dans les 2 mois suivant la notification du procès-verbal. Exemple : des travaux ont été votés, mais vous estimez que la convocation était irrégulière ou que la décision n'était pas justifiée.

Obtenir / communiquer des documents (comptes, pièces, PV, etc.)

Cela signifie que vous voulez demander, recevoir ou transmettre des documents liés à la copropriété, par exemple les comptes, les justificatifs de dépenses, les procès-verbaux d'assemblée générale ou d'autres pièces utiles. Le problème peut concerner un document manquant, refusé, incomplet ou transmis trop tard. En copropriété, certains documents doivent être mis à disposition des copropriétaires, notamment via l'espace en ligne sécurisé du syndic professionnel. Exemple : vous demandez le procès-verbal de la dernière assemblée générale ou les justificatifs de charges, mais vous ne les obtenez pas.

Mettre en cause la responsabilité du syndic

Cela signifie que vous reprochez au syndic une faute, une négligence ou un manquement dans la gestion de la copropriété. Le problème peut concerner une mauvaise gestion, un défaut de suivi, l'absence d'action, une erreur dans les comptes ou le non-respect d'une décision votée. Le syndic a pour mission d'administrer l'immeuble, de gérer ses finances et d'exécuter les décisions de l'assemblée générale ; sa responsabilité peut être recherchée s'il manque à cette mission. Exemple : malgré plusieurs alertes, le syndic ne fait pas le nécessaire pour traiter un problème important dans l'immeuble.

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Contester un congé

Cela signifie que vous voulez remettre en cause le courrier par lequel le propriétaire vous demande de quitter le logement. Vous estimez peut-être que ce courrier est injustifié, envoyé trop tard ou ne respecte pas les règles à suivre. Exemple : votre propriétaire vous demande de partir, mais vous pensez que ce congé n'est pas valable.

Demander un préavis réduit

Cela signifie que vous souhaitez quitter le logement plus rapidement que le délai normalement prévu. Vous demandez à bénéficier d'un délai plus court pour que la location prenne fin plus tôt. Exemple : vous devez déménager rapidement pour un nouveau travail et vous souhaitez partir avant la fin du délai habituel.

Litige sur la date de départ

Cela signifie que vous et le propriétaire n'êtes pas d'accord sur la date à laquelle vous devez quitter le logement. Le problème peut venir du calcul du préavis, d'un courrier mal compris ou d'un désaccord sur la fin du bail. Exemple : vous pensez pouvoir partir à la fin du mois, mais le propriétaire estime que vous devez encore un mois de loyer.

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Les conditions de la mesure d’expulsion

A des conditions générales, la loi ajoute des garanties lorsque le local qui est l’objet de la mesure d’expulsion constitue l’habitation du débiteur.

  • les conditions générales
La loi du 9 juillet 1991 exige du créancier la réunion de 3 conditions.
Tout d’abord, le demandeur doit disposer de l’un des deux titres exécutoires prévus par la loi du 9 juillet 1991. Soit, le demandeur est bénéficiaire d’une décision de justice qui ordonne l’expulsion, mais le simple prononcé d’une résiliation de bail…
S’agissant d’un litige relatif à un immeuble, la loi confère la compétence au tribunal de grande instance pour rendre un jugement d’expulsion. Toutefois, la loi du 26 janvier 2005 et son décret d’application du 13 mai 2005 ont modifié quelque peu cette règle dans le cas où il s’agit de rendre un jugement d’expulsion contre des occupants sans titre (à l’encontre des squatters essentiellement). En effet, l'article L. 321-2-2 du code de l'organisation judiciaire transfère du tribunal de grande instance au tribunal d'instance la compétence pour les actions aux fins d’expulsion des occupants sans droit ni titre des immeubles à usage d'habitation, unifiant de ce fait le traitement des litiges relatifs à l'habitation. Désormais, relèvent du seul tribunal d'instance, non seulement les baux d'habitation mais aussi le contentieux lié à l'occupation d'un immeuble d'habitation. Cette compétence exclusive s'exerce à charge d'appel quelle que soit la valeur de la demande. L'article R. 321-26, quant à lui, attribue compétence territoriale au tribunal du lieu de situation de l'immeuble, en se référant à ce nouvel article L. 321-2-2.
Sinon, la loi permet au demandeur de produire un procès-verbal de conciliation, c’est-à-dire signé par les parties et par un juge qui contrôle et scelle l’accord des parties. Attention, un simple procès-verbal de transaction ne permet pas de justifier une demande d’expulsion. Le demandeur qui ferait procéder à une expulsion sans justifier d’un titre exécutoire au sens des exigences de la loi commettrait un délit de violation de domicile réprimé par l’article 226-4 du Code pénal.

Ensuite, la loi exige que le titre exécutoire soit signifié au débiteur. Enfin, un commandement d’avoir à libérer les lieux doit être signifié par acte d’huissier. Comme toujours, cet acte d’huissier doit comporter certaines mentions à peine de nullité :
- indication du titre exécutoire sur lequel se fonde la demande d’expulsion ;
- désignation de la juridiction devant laquelle peuvent être portées les contestations ;
- indication de la date à laquelle les locaux doivent être libérés ;
- avertissement qu’à compter de cette date, il pourra être procédé à l’expulsion.

Il faut également préciser que l’acte est remis au parquet à toutes fins utiles lorsque le commandement est signifié à des personnes non dénommées telles que des squatters.
Les textes applicables ne prévoient aucun délai entre la signification de l’acte et le début des opérations d’expulsion. Cela s’explique par la volonté d’éviter tant que faire se peut de procéder à l’expulsion et donc de permettre au débiteur de s’exécuter spontanément.
Il faut ensuite préciser que suite à la réforme de la procédure de saisie immobilière opérée par l’ordonnance du 21 avril 2006 et du décret du 27 juillet 2006, le jugement d’adjudication vaut titre d’expulsion. D’où la question de savoir si les dispositions de la loi du 9 juillet 1991 qui ne prévoient l'évacuation de l'occupant qu'après écoulement d'un délai de deux mois après la signification du commandement d'avoir à libérer les locaux et l'information du représentant de l'Etat dans le département en vue de la prise en compte de la demande de relogement de l'occupant, s'appliqueront-ils ? On peut en douter, car ces dispositions, certes protectrices du droit au logement du saisi, semblent peu appropriées lorsque ce dernier ne respecte pas ses obligations de séquestre et qu'il y a, de ce fait, urgence à lui faire quitter les lieux.

Enfin, le législateur offre des garanties supplémentaires lorsqu’il s’agit d’un local d’habitation en raison des conséquences qu’une expulsion peut entraîner humainement.

  • Les garanties particulières en cas d’expulsion d’un logement d’habitation
Tout d’abord, le commandement signifié doit comporter des mentions supplémentaires constituées par la reproduction d’articles de la loi destinés à informer les parties de leurs droits.

Ensuite, la loi impose un délai minimum de deux mois entre la date de signification du commandement et le début des opérations d’expulsion (le délai peut être prorogé d’un délai maximum de trois mois, si l’expulsion entraînait des conséquences d’une extrême gravité pour le débiteur). Ce délai doit ainsi permettre à la personne concernée de s’acquitter de sa dette et surtout de pouvoir trouver un autre logement. Ce délai peut être réduit voire supprimé décision judiciaire lorsque les personnes sont entrées sans titre par voie de fait (squatters) ; ces personnes ne méritant pas la protection de la loi.

En outre, la loi interdit de pratiquer une expulsion pendant ce qu’on appelle la « trêve hivernale » durant la période du 1er novembre au 15 mars à moins que le logement des intéressés ne soit assuré dans des conditions suffisamment respectueuses des besoins de la personne. Comme précédemment, cette mesure favorable n’a pas à être respectée pour les personnes dont l’occupation est gravement illégale (squatters) ou si les locaux présentent un grave danger pour la sécurité des personnes.

L’huissier de justice doit enfin informer le préfet pour la mise en œuvre des mesures de relogement en faveur des personnes défavorisées (signification du commandement par lettre recommandée avec accusé de réception). La Cour de cassation a d’ailleurs récemment précisée que cette obligation ne concernait que les mesures d’expulsion dont un local d’habitation est l’objet : [...] la cour d'appel, qui a relevé que l’expulsion de X... concernait un local à usage de salon de coiffure ne comprenant aucun local d'habitation accessoire, a retenu à bon droit que l'article 197 ne pouvait être invoqué par X... » (3ème Chambre civile de la Cour de cassation, 20 janvier 2005) . Une telle solution est parfaitement raisonnable : il est plus grave d’expulser une personne de son logement que d’expulser une personne d’un local dans lequel elle exerce son activité professionnelle.

Les opérations d’expulsion

Elles sont naturellement conduites par l’huissier de justice. Les opérations ne peuvent avoir lieu avant six heures ou après vingt et une heures, ni un dimanche, ni un jour férié sauf en cas de nécessité, ou en vertu d’une autorisation spéciale du juge. Le demandeur de la mesure d’expulsion ne peut assister aux opérations pour des raisons de moralité et de protection de l’ordre public, sauf encore une fois pour des raisons de nécessité, comme par exemple, en cas d’expulsion d’un locataire d’un immeuble loué meublé afin que le propriétaire s’assure que le débiteur ne parte pas avec les meubles appartenant au bailleur.

L’huissier de justice dresse un procès-verbal des opérations. Il peut également solliciter le concours de la force publique aux conditions et avec les difficultés que nous avons énoncées précédemment. L’huissier ne peut pas procéder à l’ouverture forcée des portes. Le procès-verbal doit contenir l’inventaire des biens se trouvant sur les lieux, l’indication du lieu où se trouvent désormais ces biens. En effet, les biens de la personne expulsée sont remis à ses frais en un lieu qu’elle désigne. A défaut, l’huissier les laisse dans un lieu approprié tel que décrit dans le procès-verbal et adresse une sommation à la personne d’avoir à les retirer dans le délai d’un mois. Si ce délai n’est pas respecté, les biens pourront être vendus aux enchères publiques sur décision du juge de l’exécution. Ils seront vendus selon la procédure de saisie-vente . Le produit de la vente permettra de désintéresser les créanciers. Les biens sans valeur marchande sont déclarés abandonnés. Ce qui est précisé par le juge dans sa décision. En revanche, les papiers et documents personnels doivent être conservés par l’huissier de justice durant un délai de deux ans à l’échéance duquel il pourra procéder à leur destruction. La personne expulsée est bien entendu avertie au fur et à mesure de toutes ces étapes.

Le procès-verbal doit ensuite être remis ou signifié à la personne expulsée selon qu’elle est présente ou non sur les lieux. Il y a là une difficulté pratique pour l’huissier : à quelle adresse doit-il signifier le procès-verbal lorsque la personne est expulsé du logement qui constitue bien souvent son domicile. Dans ce cas, il doit trouver une autre adresse ou le signifier à son employeur. En effet, il n’est en principe plus possible de procéder à des significations à mairie.

La personne expulsée peut contester la mesure, en invoquant la nullité des opérations de saisie. Les contestations sont portées devant le juge de l’exécution du lieu de situation de l’immeuble objet de l’opération d’expulsion.

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Les opérations d'expulsion sont conduites par un huissier de justice qui agit sous le contrôle d'un juge qui peut être saisi des contestations qui s'élèvent à l'occasion de...
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