Sujet (Cloturé) initié par gomez, il y a 11 mois - 997 vues
Bonjour,
Notre notaire vient de nous informer que la vente de la maison de notre mère aujourd'hui en EHPAD depuis fin janvier 2023 ( soit plus de 2 ans) sera soumise à plus value. Nous ne comprenons pas. Papa est décédé en août 2013 et cela à conduit à la rédaction d'un acte de notoriété pour dévolution successorale en octobre 2013. Aux termes de cet acte maman à opté pour un quart en toute propriété et trois quart en usufruit de l'universalité des biens composant la succession de papa. Maman suite à son grand âge est entrée à l'EHPAD fin janvier 2023. Nous sommes 4 enfants et nous avons pris la décision de vendre la maison familiale car non occupée avec pour conséquence un risque de dégradation. Sauf que pour cela nous avons eu besoin d'une habilitation familiale (maman ayant de gros problèmes cognitifs) auprès du tribunal judiciaire de St Nazaire et cela nous pris de février 2024 à décembre 2024 soit pratiquement un an ce qui peut expliquer pourquoi cela cela dépasse les 2 ans aujourd'hui mais c'est indépendant de notre bonne volonté. Maman ayant occupée sa maison depuis 1950 soit pendant 73 ans n'a t'elle pas le droit à un abattement progressif voir totale de la plus value? et le fait de son habilitation familiale , cela ne joue t-il pas en sa faveur? Pour information le bien est vendu à 144000€ agence comprise. Merci beaucoup.
Je comprends votre incompréhension et votre sentiment d'injustice, surtout après une si longue occupation de la maison par votre mère et des délais administratifs indépendants de votre volonté.
Votre notaire vous a probablement informé d'une plus-value car la vente intervient plus de deux ans après l'entrée de votre mère en EHPAD. Expliquons les règles et les arguments que vous pouvez faire valoir.
1. Le principe de l'exonération de la résidence principale et la règle des deux ans pour l'EHPAD
Exonération de la résidence principale : La plus-value réalisée lors de la vente de la résidence principale du vendeur est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. C'est l'exonération la plus avantageuse.
Cas des personnes âgées en EHPAD : Cette exonération est étendue aux personnes âgées (ou handicapées) qui quittent leur résidence principale pour être hébergées dans un établissement médico-social (comme un EHPAD), à condition que la vente intervienne dans un délai de deux ans suivant leur départ du domicile et qu'elles ne soient pas assujetties à l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et que leur revenu fiscal de référence de l'année N-2 ne dépasse pas un certain seuil.
Votre mère est entrée en EHPAD fin janvier 2023. Le délai de deux ans s'est donc écoulé fin janvier 2025. La vente aujourd'hui (juillet 2025) dépasse ce délai, d'où l'avis de votre notaire.
2. L'impact du délai dû à l'habilitation familiale : l'argument de la "force majeure" ou "cause indépendante de la volonté"
C'est votre argument principal et le plus fort pour contester l'application de l'impôt sur la plus-value de la résidence principale de votre mère.
L'administration fiscale et la jurisprudence admettent que le délai de deux ans puisse être dépassé lorsque le retard est dû à des circonstances indépendantes de la volonté du cédant (le vendeur).
L'obtention d'une habilitation familiale pour votre mère, en raison de ses problèmes cognitifs, est une procédure judiciaire obligatoire et indispensable pour pouvoir vendre le bien. Le fait que cette procédure ait pris de février 2024 à décembre 2024 (près d'un an) est clairement une cause indépendante de votre volonté et de celle de votre mère. Sans cette habilitation, la vente était tout simplement impossible.
Stratégie : Vous devrez présenter ces éléments à l'administration fiscale (via votre notaire, qui est le collecteur de l'impôt sur la plus-value) pour demander l'application de l'exonération de la résidence principale malgré le dépassement du délai de deux ans. Le notaire peut joindre une note explicative à la déclaration de plus-value, ou vous pouvez demander un "rescrit fiscal" à l'administration pour obtenir une réponse officielle en amont.
3. Les abattements pour durée de détention
Même si l'exonération de la résidence principale ne s'appliquait pas (ce qui serait contestable au vu de la procédure d'habilitation), il existe des abattements pour la durée de détention du bien.
Pour l'impôt sur le revenu : Abattement de 6% par an au-delà de la 6ème année et jusqu'à la 21ème année de détention, puis 4% pour la 22ème année, aboutissant à une exonération totale après 22 ans de détention.
Pour les prélèvements sociaux : Abattement de 1,65% par an de la 6ème à la 21ème année, 1,60% pour la 22ème année, puis 9% de la 23ème à la 30ème année, aboutissant à une exonération totale après 30 ans de détention.
Application à votre situation (démembrement de propriété) :
La situation est un peu complexe car le bien était en démembrement de propriété :
La part de votre mère (1/4 en pleine propriété) : Si elle a acquis cette part avec votre père en 1950, la durée de détention est de 73 ans. Cette part sera donc totalement exonérée de plus-value immobilière, tant pour l'impôt sur le revenu que pour les prélèvements sociaux, en raison de la très longue durée de détention.
La part des enfants (3/4 en nue-propriété issue de la succession de votre père) : Pour les 3/4 de la nue-propriété, la date d'acquisition est le décès de votre père, soit août 2013. La vente en juillet 2025 signifie une détention d'environ 12 ans.
Cette part ne sera pas totalement exonérée par la durée de détention (il manque encore des années pour atteindre les 22 ou 30 ans).
C'est sur cette part que la plus-value pourrait potentiellement être taxable si l'exonération de la résidence principale pour la mère ne s'applique pas. La plus-value serait calculée sur la différence entre la valeur de la nue-propriété en août 2013 (date de la succession) et la valeur de la nue-propriété à la vente en juillet 2025.
4. L'exonération pour les personnes âgées modestes (si la vente n'est pas la résidence principale)
Il existe une autre exonération pour la vente d'un logement (qui n'est pas forcément la résidence principale) par une personne âgée (plus de 65 ans) ou invalide, dont les revenus sont modestes. Les conditions sont :
Le vendeur ne doit pas être soumis à l'IFI.
Le revenu fiscal de référence (RFR) de l'année N-2 (donc 2023 pour une vente en 2025) ne doit pas dépasser un certain seuil (pour 2023, c'est environ 27 900 € pour une personne seule). Si votre mère respecte ces conditions, cette exonération pourrait s'appliquer, mais elle est subsidiaire à l'exonération de résidence principale.
Que faire concrètement ?
Demandez à votre notaire un calcul détaillé : Exigez qu'il vous explique précisément la plus-value calculée, en distinguant la part de votre mère et la part des enfants, et les raisons exactes de la taxation.
Mettez en avant la procédure d'habilitation familiale : Insistez auprès de votre notaire sur l'argument de la "cause indépendante de la volonté" liée au délai de l'habilitation familiale. Joignez-lui toutes les preuves (dates de la demande, de la décision du tribunal, durée de la procédure). Le notaire est le premier interlocuteur et peut aider à justifier cela auprès du service des impôts.
Vérifiez le RFR de votre mère : Si l'argument de l'habilitation familiale ne passait pas, vérifiez si votre mère serait éligible à l'exonération pour personnes âgées à faibles revenus.
Conclusion : Votre argument sur le délai dû à l'habilitation familiale est très solide et devrait normalement permettre de faire jouer l'exonération de la résidence principale pour la part de votre mère (usufruit et pleine propriété). Pour la part des enfants (nue-propriété), la plus-value serait calculée à partir de 2013, mais bénéficiera d'abattements pour durée de détention.
Il est probable que votre notaire ait appliqué la règle des 2 ans de manière stricte sans avoir encore étudié en profondeur la possibilité de l'extension due à l'habilitation familiale. N'hésitez pas à insister sur ce point avec lui.
Merci d'indiquer que j'ai répondu à votre question en cliquant sur le bouton vert de ma réponse.
Dans votre cas, votre notaire fait référence au fait que la résidence principale bénéficie d'une exonération totale de la plus-value immobilière, à condition que la vente intervienne dans un délai raisonnable (généralement admis comme deux ans) après que le bien a cessé d'être occupé par le propriétaire, notamment en cas d'entrée en EHPAD.
Cependant, compte tenu des circonstances particulières que vous évoquez (habilitation familiale, délais judiciaires, etc.), vous pourriez effectivement défendre auprès de l'administration fiscale que ce dépassement est indépendant de votre volonté. Cette situation particulière pourrait permettre une prise en compte par l'administration fiscale sur demande argumentée.
Je vous recommande donc de solliciter une mesure gracieuse, en présentant tous les justificatifs (certificat d'entrée en EHPAD, jugement d'habilitation familiale et chronologie des démarches effectuées).
Je vous remercie d'indiquer la question comme répondue.
Votre situation est malheureusement fréquente, et je comprends votre incompréhension face à l'application de la taxation sur la plus-value.
En principe, la résidence principale est exonérée d'impôt sur la plus-value. Toutefois, pour que cette exonération s'applique, le logement doit constituer la résidence principale au moment de la vente ou avoir été quitté récemment pour des raisons valables, notamment liées à la santé.
🔹 Or, l'administration fiscale considère en général qu'au-delà d'un délai d'un an après le départ en EHPAD, le logement ne peut plus être considéré comme résidence principale... sauf exception.
🔸 Or, dans votre cas : •Votre mère a bien occupé ce logement de manière stable et continue pendant 73 ans. •Elle l'a quitté en janvier 2023 pour des raisons médicales avérées (entrée en EHPAD). •Vous n'avez pas pu vendre plus tôt en raison de la procédure d'habilitation familiale, qui a duré près d'un an, indépendamment de votre volonté.
⚖️ La doctrine fiscale prévoit que l'exonération peut être maintenue si le logement est resté inoccupé depuis le départ en maison de retraite et que le propriétaire ne l'a pas mis en location ou à disposition d'un tiers.
📌 Je vous conseille donc d'écrire à l'administration fiscale pour demander une application de l'exonération au titre de la résidence principale, en expliquant : •La durée d'occupation réelle du bien par votre mère, •Son entrée en EHPAD pour perte d'autonomie, •L'absence d'occupation du bien depuis son départ, •Le blocage dû à la procédure judiciaire pour obtenir l'habilitation.
Il est également possible d'invoquer la jurisprudence favorable qui a reconnu que le délai raisonnable devait tenir compte des circonstances (Cass. com. 4 juillet 2018, n°17-15.074 notamment).
Enfin, si la vente génère une plus-value, sachez que : •L'abattement pour durée de détention s'applique : au bout de 22 ans pour l'impôt sur le revenu, et 30 ans pour les prélèvements sociaux. •Si la maison a été acquise il y a longtemps (ce qui est le cas ici), la plus-value imposable peut être quasi nulle ou très réduite.
Merci de confirmer que la question a été résolue en cliquant sur le BOUTON VERT svp. Bon courage ! Cordialement, Me KAYEMBE Avocat au Barreau de Paris
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