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Demande en principal ou subsidiaire ? (meilleure stratégie)
Sujet (Cloturé) initié par Laureil y a 8 mois - 810 vues
Cher.e.s Maîtres,
Je me permets une question complémentaire concernant mon projet de recours contre notaire et agent immobilier concernant un bien révélé non louable suite à défaut d'information et de conseil.
La question concerne l'articulation de mes demandes/préjudices. Pour rappel :
A titre principal, sont envisagés : 1/préjudice de n'avoir pu renoncer à acquérir le bien ou acquérir un bien conforme 2/ Préjudice de paiement des charges diverses de propriété (en découlant) 3/ Préjudice de perte de revenu locatif ou perte de chance de perception de loyers (entre autres)
En 4, je pense à rajouter le préjudice de difficulté -voire impossibilité- de revendre avec une plus ou moins forte dévaluation très probable Vous m'avez conseillé de le formuler comme : "Perte de chance de revendre le bien dans des conditions normales de prix et de délai" Ce qui me semble bien pour parer toutes éventualités (revente ou pas notamment en cours de procédure, elle aura dans tous les cas de façon certaine à date a minima été retardée).
Question sur le positionnement de cette 4e demande : principal ou subsidiaire ? Il m'a été recommandé sur le forum de la positionner en demande subsidiaire, je me demandais pourquoi et pour quelle alternative de demande principale du coup (la renonciation à acquérir ?). J'aurais aimé la mettre en principal pour être sûre qu'elle soit étudiée en tous les cas que le juge fasse droit ou non à la 1e demande.
Voici mon raisonnement : Si subsidiaire : demande étudiée uniquement en cas de rejet de la 1e demande. Si principale : demande étudiée en cas de rejet de la 1e demande et aussi en cas d'acceptation (donc additionnelle potentiellement).
Vous remerciant de vos avis/conseils sur le positionnement en principal ou subsidiaire de la dite demande et de mon "raisonnement", Bien à vous,
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Votre raisonnement est logique, mais en contentieux indemnitaire il faut raisonner en cohérence des préjudices et éviter tout risque de double indemnisation.
La demande fondée sur le préjudice de n'avoir pu renoncer à acquérir ou acquérir un bien conforme est un préjudice englobant. Si le juge y fait droit, il considère en général que l'ensemble des conséquences patrimoniales de l'acquisition fautive est réparé dans ce cadre. Dans cette hypothèse, un préjudice autonome de difficulté ou de perte de chance de revente devient juridiquement redondant, car il est déjà absorbé par le préjudice principal lié à l'acquisition elle-même.
C'est pour cette raison que la demande de perte de chance de revendre dans des conditions normales a intérêt à être formulée à titre subsidiaire. Elle joue alors comme un filet de sécurité : si le juge refuse d'indemniser la perte de chance de ne pas acquérir, il peut néanmoins réparer un préjudice distinct, plus limité, tenant à la dépréciation et à la liquidité du bien.
La mettre en principal comporte un risque réel que le juge considère qu'elle se confond avec le préjudice principal et l'écarte comme doublon, ou qu'il réduise l'ensemble des indemnisations pour éviter une sur-réparation.
La bonne stratégie est donc la suivante : en principal, le préjudice global lié à l'acquisition fautive ; en subsidiaire, la perte de chance de revendre dans des conditions normales de prix et de délai, clairement présentée comme une alternative indemnitaire si la première analyse n'est pas retenue.
Ainsi, la demande sera examinée dans tous les cas, sans fragiliser l'économie globale de votre argumentation.
#Meilleure réponseil y a 8 mois
Laure
Merci beaucoup Maître de ce complément d'information et de précisions sur la question du subsidiaire, très clair comme toujours.
il y a 8 mois
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