Bonjour @Caro79
La difficulté tient ici à la qualification juridique de l'intervention du serrurier : il faut déterminer s'il s'agit d'une réparation locative, normalement à la charge du locataire, ou d'une réparation relevant du bailleur en raison d'un défaut d'équipement, d'une vétusté, d'une malfaçon ou d'un vice affectant le logement.
En matière de bail d'habitation, l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de délivrer un logement en bon état d'usage et de réparation, ainsi que d'entretenir les locaux afin qu'ils demeurent conformes à l'usage prévu. À l'inverse, l'article 7 de la même loi met à la charge du locataire l'entretien courant, les menues réparations et les réparations locatives, sauf lorsqu'elles sont causées par la vétusté, une malfaçon, un vice de construction, un cas fortuit ou une force majeure.
Une réparation locative désigne une réparation d'entretien courant, de faible ampleur, liée à l'usage normal du logement. À ce titre, les menues réparations de poignées, targettes, verrous ou dispositifs assimilés sont souvent regardées comme relevant du locataire, sauf preuve d'un défaut préexistant ou d'une vétusté.
Points de vigilance
Le seul fait que le loquet intérieur ait empêché l'amie d'entrer ne suffit pas nécessairement à engager la responsabilité de la propriétaire. Un loquet intérieur est en principe un dispositif normal de fermeture et de sécurité, sauf s'il était défectueux, anormalement dangereux, mal posé ou non conforme.
En revanche, si la poignée de la chambre s'est cassée en raison de sa vétusté, d'un défaut d'entretien ancien ou d'un mauvais état préexistant, il est possible de soutenir que la dépense ne doit pas rester intégralement à la charge de votre fille. Le point central sera donc la preuve de l'origine de la panne.
Le montant de 715 € appelle également prudence. Une intervention de nuit, à minuit, peut justifier une majoration, mais encore faut-il que la facture détaille précisément la prestation : déplacement, main-d'œuvre, ouverture, remplacement éventuel de pièces, majoration horaire et urgence.
3 Conseils applicables
Demandez d'abord au serrurier une facture détaillée et, si possible, une attestation ou mention technique indiquant la cause de l'intervention : poignée cassée par vétusté, mécanisme défectueux, usure normale ou mauvaise manipulation.
Adressez ensuite à l'agence une mise en demeure écrite, de préférence par lettre recommandée, en sollicitant une participation ou un remboursement partiel, non pas seulement en raison du loquet, mais surtout au regard de l'origine de la panne de la poignée et du caractère indispensable de l'intervention.
Enfin, vérifiez l'état des lieux d'entrée, l'ancienneté des équipements et l'existence d'éventuels signalements antérieurs. Si la poignée était ancienne, usée ou déjà fragile, votre argumentation sera nettement plus sérieuse. À défaut de preuve d'un vice ou d'une vétusté, l'agence pourra soutenir que la dépense relève d'une réparation locative ou d'une initiative prise directement par le locataire.
En l'état, il me paraît donc difficile d'exiger automatiquement le remboursement intégral par la propriétaire. En revanche, une demande argumentée de prise en charge partielle peut se justifier si vous établissez que la panne résulte d'un équipement vétuste ou défectueux, et non d'un simple incident d'usage imputable au locataire.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
Cela permet de valoriser le travail juridique fourni et d'aider d'autres personnes confrontées à une difficulté similaire.
Selon ce qui vous sera utile et nécessaire, vous pouvez également prendre attache avec mon cabinet afin que nous puissions approfondir ce dossier ensemble.
Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
Très bien. Merci pour votre réponse, vous avez répondu à ma question.
il y a 23 heures
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