Bonjour @WARNER84
La situation impose de raisonner rapidement, mais avec méthode, car le droit au séjour des étrangers obéit à des conditions strictes et la seule existence d'une relation sentimentale, même sincère et stable, ne suffit pas automatiquement à permettre le maintien en France.
Votre compagnon étant ressortissant camerounais et arrivé en France sous couvert d'un visa lié à un stage et à son cursus, la première question est de déterminer s'il peut solliciter un changement de statut avant l'expiration de son droit au séjour. Le changement de statut désigne la demande par laquelle un étranger déjà présent régulièrement en France sollicite la délivrance d'un autre titre de séjour correspondant à sa nouvelle situation : étudiant, chercheur, salarié, recherche d'emploi, vie privée et familiale, etc.
S'agissant d'une inscription en doctorat, la piste peut être juridiquement pertinente, mais elle suppose une véritable admission universitaire, un projet doctoral sérieux, des ressources suffisantes, et un dossier déposé dans les délais. Selon les cas, un doctorant peut relever soit d'un titre de séjour étudiant, soit d'un titre lié à la recherche, notamment lorsqu'il existe une convention d'accueil avec un établissement de recherche.
La solution du doctorat ne doit pas être envisagée comme un simple moyen de prolongation artificielle du séjour. L'administration vérifiera la réalité et la cohérence du projet universitaire : directeur de thèse, laboratoire d'accueil, inscription effective, financement, continuité du parcours et sérieux académique.
Il existe également une autre piste à examiner : si votre compagnon vient de valider un diplôme de niveau master en France, il peut, sous conditions, solliciter un titre de séjour ou un visa long séjour recherche d'emploi / création d'entreprise. Ce statut permet en principe à un jeune diplômé de demeurer temporairement en France afin de rechercher un emploi ou de créer une activité en lien avec sa formation.
La piste professionnelle doit aussi être étudiée : promesse d'embauche, contrat de travail, changement de statut salarié, voire titre plus favorable si le niveau de qualification et de rémunération le permet. En matière d'immigration, le dossier doit toujours être construit autour du fondement juridique le plus solide, et non autour du seul souhait, même légitime, de rester en couple.
Concernant votre relation, le PACS ou le mariage peuvent avoir une incidence, mais il faut être très prudent. Le PACS ne confère pas automatiquement un droit au séjour ; il constitue seulement un élément d'appréciation des liens personnels et familiaux en France. Le mariage avec un ressortissant français peut ouvrir des droits plus structurés, mais encore faut-il que le mariage soit réel, non frauduleux, et que les conditions légales soient réunies.
Enfin, compte tenu du contexte que vous évoquez — couple d'hommes, retour au Cameroun, éventuelles difficultés personnelles, familiales ou sociales — il peut être nécessaire d'apprécier s'il existe un risque personnel en cas de retour. Cela relève d'une analyse très sensible, qui peut éventuellement conduire à envisager une demande de protection, mais uniquement si des craintes individualisées, sérieuses et documentées existent.
En premier lieu, ne laissez pas expirer le titre ou visa sans démarche. Il faut déposer, avant l'expiration du droit au séjour, une demande adaptée sur le fondement le plus cohérent : étudiant/doctorant, chercheur, recherche d'emploi après master, salarié, ou vie privée et familiale selon les pièces disponibles.
En deuxième lieu, rassemblez immédiatement les justificatifs : visa actuel, titre de séjour éventuel, attestation de stage, diplôme ou attestation de réussite au master, relevés de notes, projet doctoral, échanges avec une école doctorale, justificatifs de ressources, justificatif de domicile, éléments de vie commune, preuves de stabilité de votre relation et, le cas échéant, éléments objectifs relatifs aux risques en cas de retour.
En troisième lieu, prenez rapidement attache avec un avocat intervenant en droit des étrangers ou une association spécialisée, car le délai avant le 25 juin est très court. Il ne faut pas raisonner seulement en termes affectifs, mais en termes de stratégie de séjour : quel fondement juridique, quelles pièces, quelle procédure, quelle urgence, et quel risque en cas de retour ou de maintien irrégulier.
En synthèse, une inscription en doctorat peut être une piste viable si elle correspond à un projet académique réel et déjà suffisamment avancé. Mais elle n'est pas la seule piste : le titre recherche d'emploi après master, l'emploi qualifié, le changement de statut, la vie privée et familiale, voire la protection en cas de risque personnel doivent être examinés de manière globale et urgente.
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Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
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