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Refus de financement bancaire pour un projet immobilier
Sujet (Cloturé) initié par Askeril y a 1 mois - 1210 vues
Bonjour,
J'aimerais partager mon expérience et obtenir des conseils concernant un projet immobilier que j'avais dans le cadre du Prêt Social Location-Accession (PSLA). J'avais l'intention d'acheter un F2 neuf au prix de 159 000 €, une occasion intéressante puisque ce bien pourrait être estimé à plus de 180 000 € sur le marché traditionnel.
J'ai demandé à ma banque une simulation de financement intégrant tous les avantages possibles, comme le PSLA, le prêt à taux zéro et d'autres mesures de défiscalisation. J'espérais également obtenir un accord de principe pour ce projet.
Cependant, la banque m'a répondu que "le montant de vos revenus ne nous permet pas de vous suivre dans un projet immobilier." J'ai pourtant expliqué que j'avais vendu un studio et un F3, et que les fonds de ces ventes étaient disponibles pour garantir l'opération. De plus, j'ai un apport financier significatif sur mon compte courant, qui ne cesse d'augmenter. Je peux également prétendre à l'APL, à la Majoration pour la Vie Autonome, et mon statut d'invalidité m'exonère de taxes foncières. J'envisageais d'emprunter sur une durée maximale de 30 ans.
Malheureusement, j'ai perdu cette opportunité d'achat à cause du refus de la banque d'étudier ma demande de financement. Je ressens une forte discrimination dans cette situation.
Je suis conscient que, dans le cadre d'un PSLA, la banque doit examiner les revenus, charges, apports et la stabilité des ressources avant de donner un accord. Bien que percevoir l'AAH ou être en situation de handicap ne garantisse pas un droit au crédit, la banque ne peut pas refuser un prêt uniquement pour ces raisons. La loi interdit la discrimination fondée sur l'état de santé ou le handicap (articles L 1132-1 du Code du travail et 225-1 du Code pénal) et impose une évaluation objective de la solvabilité.
Je pense que la réponse de la banque est discriminatoire (refus lié à mon handicap ou à la nature de mes revenus, et non fondé sur ma situation financière réelle). Je sais qu'une action judiciaire n'a de chance d'aboutir que si des éléments tangibles permettent d'établir que le refus repose, même partiellement, sur un critère prohibé (état de santé, handicap). En l'état, est-ce la trace écrite d'un motif discriminatoire explicite ? Si oui, puis-je soutenir la qualification juridique de discrimination ? Existe-t-il un angle contentieux exploitable ?
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Le seul refus d'une banque de financer un projet immobilier ne caractérise pas, en lui-même, une discrimination.
Un établissement bancaire demeure libre d'accorder ou de refuser un crédit, sous réserve de ne pas fonder sa décision sur un motif illicite. En matière de crédit immobilier, le prêteur doit procéder à une évaluation rigoureuse de la solvabilité de l'emprunteur, conformément aux dispositions du Code de la consommation. Cette évaluation porte notamment sur les revenus, les charges, l'épargne, les actifs disponibles, l'endettement, la stabilité des ressources et la capacité effective de remboursement.
Le fait que vous disposiez d'un apport important, ou que le bien présente selon vous une valeur de marché supérieure au prix d'acquisition, ne crée pas un droit au crédit. La banque peut considérer que les revenus récurrents sont insuffisants, même en présence d'une épargne ou d'un apport, dès lors qu'elle estime que le remboursement mensuel ne serait pas suffisamment sécurisé.
La discrimination, au sens de l'article 225-1 du Code pénal, suppose une distinction opérée en raison d'un critère prohibé, notamment l'état de santé, le handicap, la perte d'autonomie ou la particulière vulnérabilité économique. Elle est pénalement sanctionnée lorsqu'elle consiste notamment à refuser la fourniture d'un bien ou d'un service, ce qui peut viser, en théorie, certains refus de prestation bancaire.
En revanche, la formule que vous citez — « le montant de vos revenus ne nous permet pas de vous suivre dans un projet immobilier » — ne constitue pas, à elle seule, la trace écrite d'un motif discriminatoire explicite. Elle renvoie, en apparence, à un critère économique : le niveau des revenus. Or, une banque peut légalement tenir compte du montant, de la régularité et de la pérennité des ressources.
L'angle contentieux ne serait exploitable que si vous pouviez établir que le refus repose, même partiellement, sur votre handicap, votre invalidité, votre état de santé, ou sur la nature de vos prestations sociales, et non sur une appréciation objective de votre solvabilité. Il faudrait par exemple un écrit, un courriel, un échange, un témoignage ou une comparaison démontrant qu'un critère prohibé a été pris en considération.
À défaut, le dossier paraît fragile sur le terrain de la discrimination. Il peut en revanche être utile de demander à la banque, par écrit, les éléments objectifs ayant fondé son refus, puis de saisir son service réclamation si vous estimez que votre apport, vos actifs, vos charges réelles et la structuration du projet n'ont pas été sérieusement examinés.
Vous pouvez également solliciter un courtier, une autre banque, ou un réexamen du dossier avec une présentation complète : compromis ou contrat de réservation, apport exact, revenus réguliers, allocations, charges, épargne disponible, estimation du bien, coût total du crédit, assurance emprunteur et échéance projetée.
En résumé, le refus bancaire est contestable s'il est arbitraire, insuffisamment examiné ou fondé sur un critère prohibé. Mais en l'état de la phrase rapportée, la qualification de discrimination paraît difficile à soutenir, faute d'élément objectif révélant une prise en compte du handicap ou de l'état de santé.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
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Selon ce qui vous sera utile et nécessaire, vous pouvez également prendre attache avec mon cabinet afin que nous puissions approfondir ce dossier ensemble.
Bien à vous, Maître Jordan MINARY Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
#Meilleure réponseil y a 1 mois
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