Nul ne peut nier que la dématérialisation des processus et des modes opératoires physiques, constitue aujourd'hui un pilier de croissance indispensable. Certes, ce passage à l'informatique est l'une des préoccupations des États pour renforcer leurs places sur la scène internationale. Cependant, l'itinéraire vers ce monde binaire suppose une meilleure protection des données mises en circulation.
Comme on a pu le démontrer dans nos précédents écrits, ce sujet vieillissant reste toujours en vogue, et le risque cyber gagne en ampleur. Il rentre de plus en plus dans les stratégies de gouvernance des entreprises. En revanche, ce risque étant souvent indétectable et imprévisible, pouvant même vivre dans nos systèmes informatiques, se nourrissant de nos données, sans trace ni bruit.
L'arnaque au président ou l'hameçonnage, par exemple, constituent des techniques d'une problématique plus globale. C'est l'usurpation d'identité numérique. Force alors de constater que si l'humain, a une identité dans le monde des vivants, il a aussi une " identité numérique " dans le monde de sa création : le monde numérique. Il doit alors bénéficier d'une protection de ses données dans ce nouveau monde.
C'est alors qu'un régime spécial s'est instauré pour protéger les victimes de l'usurpation de leurs identités numériques. En ce sens, ces entreprises qui subissent le vol de leurs identités, avatars, mots de passes etc. peuvent invoquer directement le délit d'usurpation d'une identité numérique.
Trouvez votre avocat droit bancaire
Premier rendez-vous gratuit
alexia
TROUVEZ VOTRE
AVOCAT
Continuer
Qu'est-ce que l'usurpation d'une identité numérique ?
L'usurpation d'une identité numérique est une notion nouvelle, introduite en droit français suite à l'adoption de la loi LOPPSI II du 14 mars 2011. Cela consiste à utiliser des données personnelles propres à vous identifier sans votre accord. Une fois volées, ces informations peuvent servir aux usurpateurs pour nuire à votre réputation, réaliser des opérations financières ou commettre des actes répréhensibles en votre nom.
Avant cette loi, il existait des dispositifs réprimant l'usurpation d'identité et la fausse déclaration relative à l'état civil d'une personne. Néanmoins, ces dispositifs n'étaient pas spécifiques à notre cas précis.
Suite aux réactions internationales, notamment par nos homologues américains et anglais, deux sénateurs Français ont proposé en 2005 puis en 2008 la pénalisation du l'usurpation d'identité numérique. Ce n'est qu'en 2009 que le législateur Français s'est emparé du sujet. Dans la même année, on comptait déjà 210 000 cas d'usurpation d'identité en France, selon le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie. Le projet de loi a été présenté par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie le 19 janvier 2009 puis lors du Forum International Cybercriminalité.
Il est rédigé dans ces termes 'le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou de faire usage d'une ou plusieurs données de toute nature permettant de l'identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 ? d'amende.
De cet article, découle deux éléments constitutifs :
Un élément moral : la volonté de se faire passer pour autrui, ou le fait de vouloir troubler la tranquillité de ce tiers ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération.
Un élément matériel : l'usage de données permettant d'identifier un tiers.
Deux techniques sont adoptées par les arnaqueurs :
Soit, ils dérobent les données via les techniques de l'ingénierie sociale et du phishing soit en créant un faux site web ou un faux profil.
Pour commencer, en première application de ce texte le TJ (Tribunal Judiciaire) de Paris a rendu un jugement datant du 18 décembre 2014. En l'espèce, un informaticien a calqué le site officiel d'une personne politique (députée maire) permettant aux internautes de commenter en son nom et sous forme de communiqués de presse des propos dégradants et sexistes. La cour a qualifié cet acte d'usurpation d'identité numérique. Elle a considéré qu'il y avait une volonté de troubler la tranquillité de la victime en ce que l'informaticien, en sa qualité de modérateur du site, aurait pu mettre fin à ce trouble.
Un autre exemple encore plus récent : un arrêt du 11 avril 2019 a condamné une salariée qui a créé une chaine YouTube au nom de la société dans laquelle elle travaille et où elle critique ladite société en dénonçant les conditions de travail. La société invoqua alors le délit d'usurpation d'identité numérique.
Ces arrêts peuvent aussi s'appliquer dans le cas où la victime serait une personne morale. Car l'article s'applique aussi aux personnes morales.
Comment les entreprises peuvent-elles se défendre face à ce type d'acte ?
La victime peut déposer une plainte auprès de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés), auprès des forces de l'ordre ou directement auprès du procureur de la République. Le problème c'est qu'il est difficile d'identifier l'auteur du dommage, sauf que beaucoup d'organismes aident l'entreprise dans son enquête. En effet, dans l'arrêt susmentionné du 18 décembre 2004, l'enquête a été menée par la BEFTI (Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information), ce qui a permis de détecter l'informaticien fautif.
La preuve devant aussi être apportée, la victime peut demander le fournisseur d'accès à internet ou le fournisseur d'hébergement afin d'obtenir la communication des données permettant d'identifier l'auteur de l'infraction. En effet, c'est la loi LCEN (loi pour la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004) qui oblige ces derniers à conserver les données "de nature à permettre l'identification de quiconque a contribué à la création du contenu ou de l'un des contenus des services dont elles (ces personnes) sont prestataires".
" Par ailleurs, il peut être utile de faire établir un constat d'huissier afin de conserver la preuve des écrans, pages web et autres éléments à l'appui des poursuites. "
De même, le fait de commettre l'usurpation d'identité doit être prouvé. Pour cela, la preuve de l'élément moral précité est exigée. C'est cohérent car cela répond au besoin de qualifier l'acte. Sauf que l'élément matériel n'a pas à être prouvé (l'usage des données). Il suffira par exemple de rapporter la preuve qu'une personne vous a envoyé un mail de phishing sans devoir prouver que la personne a effectivement eu accès ou a utilisé vos données.
Conclusion
Pour prétendre qu'il y a eu diffamation, injure ou atteinte à la réputation, l'entreprise doit obligatoirement faire dresser un constat par un huissier de justice, dans des formes particulières et un délai déterminé.
De même, le délai de prescription pour diffamation et injure est de 3 mois, non pas de 6 ans (délai de prescription pour tous les délits en droit pénal).
D'un autre point de vue, la victime peut engager la responsabilité de l'auteur de l'usurpation sur le fondement de l'article 1240 du code civil. Le préjudice étant la nuisance à la réputation de la victime ou juste le fait de nuire à sa tranquillité etc. En ce sens, deux arrêts ont prononcé, à côté de l'amende pénale, des dommages et intérêts en réparation de ce préjudice. On peut alors remarquer qu'un cumul des sanctions est possible dans ce cas de figure.
Alors que les administrations françaises sont de plus en plus exposées à des cyberattaques exposant leurs administrés à un risque considérable de vols de leurs données...
Cette infraction recouvre des réalités variées, allant de l'utilisation frauduleuse de données personnelles à la prise du nom d'un tiers dans des circonstances susceptibles...
J’ai reçu un courrier de l’urssaf : objet : mes premiers mois avec l'urssaf madame, monsieur, vous avez créé votre activité. l'urssaf vous accompagne durant...
Le spoofing est un anglicisme pour désigner une usurpation d'identité bancaire et, en cascade, de leurs usagers. elle constitue un des éléments de la fraude au faux conseiller...
Je suis actuellement en cours de procédure au jaf avec mon ex compagnon. celui-ci, peut de temps après notre séparation de bien, à pris une psychologue thérapeute en...
Un faux profil sur un réseau social, un crédit souscrit à votre nom, des achats que vous n'avez jamais effectués ou encore des messages envoyés en se faisant passer pour vous...
Les arnaques financières et numériques constituent aujourd'hui l'un des contentieux les plus complexes : escroqueries crypto, faux conseillers bancaires, phishing, plateformes...
Vendredi prochain je suis convoqué à la gendarmerie pour des amendes. sncf. le problème c’est qu’on m’avait ursuper l’identité, j’ai un petit peu peur est-ce que je...
Un simple mot de trop peut-il vous mener devant la justice ?insulter un policier, menacer un maire ou manquer de respect à un professeur peut avoir des conséquences pénales...
Je tiens d’abord à remercier ceux qui auront la patience de me lire (soyez indulgents, c’est mon premier post) ; quelques incertitudes juridiques m’inquiètent...
Une question en droit bancaire ?
Des avocats vous répondent gratuitement sur Alexia.fr
En juin 2020.. alors que je n'est jamais reçu le moindre courrier... un huissier de justice à saisi sur mon compte la somme de 3600 euros alors que c'…
Nous utilisons des cookies et autres technologies pour :
Vous offrir les fonctionnalités essentielles
Analyser l'audience et les performances
Si vous cliquez sur « Tout accepter », nous et nos partenaires, dont Google, utiliserons également des cookies et autres technologies, notamment pour :
Personnaliser les annonces
Mesurer et améliorer l'efficacité des annonces
Vous pouvez accepter, refuser ou personnaliser vos choix à tout moment via le lien «Gérer les cookies» disponible en bas de toutes les pages.
Plus d'informations : Confidentialité |
CGU |
Infos sur les cookies |
Traitement de vos données par Google
Tout accepter
Personnaliser
Tout refuser
Nécessaire (Non modifiable)
Les cookies nécessaires contribuent à rendre un site web utilisable en activant des fonctions de base comme la navigation de page et l'accès aux zones sécurisées du site web. Le site web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies.
Marketing
Les cookies marketing sont utilisés pour effectuer le suivi des visiteurs au travers des sites web. Le but est d'afficher des publicités qui sont pertinentes et intéressantes pour l'utilisateur individuel et donc plus précieuses pour les éditeurs et annonceurs tiers.
Avec Google Analytics, nous mesurons comment vous utilisez nos sites, comment vous avez trouvé notre site et si vous rencontrez des erreurs. Nous utilisons ces données pour améliorer notre site.
Google peut stocker ou utiliser une partie ou l'ensemble des cookies ou technologies similaires dans votre navigateur, appli ou appareil aux fins décrites ci-dessus. Pour gérer la manière dont les cookies sont utilisés, y compris pour refuser l'utilisation des cookies à certaines fins, consultez g.co/privacytools. Vous pouvez aussi gérer les cookies dans votre navigateur (certains navigateurs pour appareils mobiles sont toutefois susceptibles de ne pas proposer cette option). Certaines de ces technologies peuvent être gérées dans les paramètres de votre appareil ou appli.
Découvrez plus en détail comment Google traite les informations personnelles : Cliquez-ici.
Avec Google Tag Manager, nous pouvons placer et gérer d'autres cookies sur le site web.
Google peut stocker ou utiliser une partie ou l'ensemble des cookies ou technologies similaires dans votre navigateur, appli ou appareil aux fins décrites ci-dessus. Pour gérer la manière dont les cookies sont utilisés, y compris pour refuser l'utilisation des cookies à certaines fins, consultez g.co/privacytools. Vous pouvez aussi gérer les cookies dans votre navigateur (certains navigateurs pour appareils mobiles sont toutefois susceptibles de ne pas proposer cette option). Certaines de ces technologies peuvent être gérées dans les paramètres de votre appareil ou appli.
Découvrez plus en détail comment Google traite les informations personnelles : Cliquez-ici.
Ces cookies gardent la trace des pages que vous consultez. Cela nous permet de vous montrer des annonces pertinentes sur Google et ses partenaires et de mesurer l'efficacité de nos campagnes.
Google peut stocker ou utiliser une partie ou l'ensemble des cookies ou technologies similaires dans votre navigateur, appli ou appareil aux fins décrites ci-dessus. Pour gérer la manière dont les cookies sont utilisés, y compris pour refuser l'utilisation des cookies à certaines fins, consultez g.co/privacytools. Vous pouvez aussi gérer les cookies dans votre navigateur (certains navigateurs pour appareils mobiles sont toutefois susceptibles de ne pas proposer cette option). Certaines de ces technologies peuvent être gérées dans les paramètres de votre appareil ou appli.
Découvrez plus en détail comment Google traite les informations personnelles : Cliquez-ici.
Ces cookies gardent la trace des pages que vous consultez. Cela nous permet de vous montrer des annonces pertinentes sur Bing et ses partenaires et de mesurer l'efficacité de nos campagnes.
Ces cookies permettent d'afficher des annonces publicitaires personnalisées (ciblage et reciblage publicitaire), mesurer l’efficacité de nos campagnes Facebook et analyser le fonctionnement du site.
Ces cookies sont utilisés par Reddit pour suivre les conversions et mesurer l'efficacité des campagnes publicitaires diffusées sur la plateforme Reddit. Ils permettent également de recibler les utilisateurs ayant visité le site afin de leur proposer des publicités plus pertinentes.