Le principe central : le droit à réparation des victimes
Les victimes non conductrices bénéficient d'un régime très favorable. Leur droit à indemnisation est de principe.
Il ne peut être exclu ou limité qu'en cas de faute inexcusable et cause exclusive de l'accident.
Le conducteur victime bénéficie également de la loi Badinter, mais avec une limite importante : sa propre faute peut réduire ou exclure son droit à indemnisation.
Ainsi, une conduite imprudente, un excès de vitesse ou une infraction au Code de la route peut justifier une réduction, voire une exclusion totale de l'indemnisation de ses préjudices corporels.
La charge de la preuve de la faute incombe à l'assureur qui entend s'en prévaloir.
L'obligation d'indemnisation et le rôle de l'assureur
La réparation incombe en priorité à l'assureur du véhicule terrestre à moteur impliqué dans l'accident.
L'assureur est tenu de présenter une offre d'indemnisation à la victime, dans des délais stricts, sous peine de sanctions financières (intérêts majorés).
En l'occurence, la loi impose à l'assureur :
- une offre provisionnelle dans les 8 mois suivant l'accident si l'état de la victime n'est pas consolidé ;
- une offre définitive dans les 5 mois suivant la consolidation.
Cette procédure vise à éviter les indemnisations tardives et à garantir une réparation effective, même en cas de séquelles évolutives.
Le principe de la réparation intégrale des préjudices
Le mécanisme d'indemnisation repose sur un principe fondamental du droit de la responsabilité civile : la réparation intégrale du préjudice, sans perte ni profit pour la victime.
Concrètement, la victime doit être replacée, autant que possible, dans la situation qui aurait été la sienne si l'accident n'était pas survenu.
Les préjudices indemnisables sont évalués avec une expertise médicale, amiable ou judiciaire.
En cas de désaccord avec le montant de l'offre formulée, la victime peut saisir le tribunal judiciaire compétent.
Pour les victimes, l'enjeu est majeur : une réparation juste conditionne souvent la reconstruction personnelle, professionnelle et sociale après l'accident. D'où l'importance d'une évaluation rigoureuse des préjudices et, le cas échéant, d'un accompagnement juridique adapté.