Votre association est-elle éligible ?
Ce point est souvent négligé.
Toutes les associations ne peuvent pas proposer à leurs donateurs de déduire leurs versements de leurs impôts.
Pour que les dons ouvrent droit à réduction d'impôt, votre association doit notamment exercer une activité non lucrative, avoir une gestion désintéressée et ne pas fonctionner au profit d'un cercle restreint de personnes. Ses activités doivent en outre relever, de manière prépondérante, d'un domaine éligible au mécénat.
- votre association doit agir dans l'intérêt général. Cela signifie qu'elle doit avoir une utilité pour la société dans son ensemble, et pas uniquement pour ses propres membres.
Les domaines concernés sont larges : l'aide aux personnes en difficulté, l'éducation, la culture, le sport, la défense de l'environnement, les actions humanitaires, la santé, la recherche scientifique, entre autres.
Deuxième condition : votre association ne doit pas fonctionner au profit d'un cercle restreint de personnes.
C'est un point sur lequel l'administration fiscale est très attentive.
L'administration apprécie surtout, de façon concrète, si l'association agit dans l'intérêt général ou au profit d'un cercle restreint de personnes. Une action ciblée vers certaines personnes peut rester éligible si elle répond à un besoin d'intérêt général.
Troisième condition : votre association ne doit pas avoir d'activité lucrative prépondérante.
Si votre association génère des revenus importants issus d'une activité commerciale (vente de produits, prestations payantes, etc.) et que cette activité représente la partie principale de son fonctionnement, elle peut être considérée comme fiscalement lucrative, ce qui lui ferme la porte aux avantages fiscaux pour ses donateurs.
Enfin, votre association ne doit pas être au seul service de ses adhérents payants.
En pratique, si vous n'êtes pas certain que votre association remplit ces conditions, il vaut mieux ne pas émettre de reçus fiscaux tant que vous n'avez pas obtenu une confirmation officielle.
Dons et cotisation : la différence qui change tout
Beaucoup de responsables d'associations confondent dons et cotisations, ou utilisent les deux termes de manière interchangeable.
Pourtant, ce sont deux réalités très différentes, et la distinction a des conséquences directes sur ce que vous avez le droit de déduire fiscalement pour vos soutiens.
Un don, c'est un versement fait librement, sans que la personne qui donne reçoive quoi que ce soit en échange.
Elle donne parce qu'elle croit en votre projet, sans attendre de retour.
Dans ce cas, si votre association est éligible, la totalité du versement peut ouvrir droit à une réduction d'impôt pour le donateur.
La cotisation, c'est différent.
Quand quelqu'un adhère à votre association et paie une cotisation, il obtient en retour certains avantages : accès à des activités, à des cours, à des espaces, à des services, à un réseau, à des réductions, etc. Ces avantages ont une valeur réelle.
Et c'est là que les choses se compliquent : si la personne reçoit quelque chose en échange de son versement, ce versement n'est pas un don au sens fiscal du terme ou du moins, pas en totalité.
La règle est la suivante : seule la partie de la cotisation qui dépasse la valeur des avantages réellement obtenus par l'adhérent peut ouvrir droit à réduction d'impôt.
Autrement dit, si votre cotisation est de 300 euros et que la valeur des activités auxquelles l'adhérent a accès est estimée à 200 euros, seuls 100 euros sont potentiellement défiscalisables.
Encore faut-il que votre association soit éligible par ailleurs.
Cela implique que vous devez être capable de calculer précisément la valeur des avantages que vous offrez à vos adhérents, et de le justifier par écrit si l'administration vous le demande.
Ce n'est pas un exercice facile, et c'est souvent là que les associations font des erreurs en émettant des reçus fiscaux pour la totalité de la cotisation, alors qu'elles n'en ont le droit que pour une partie.
Comment protéger votre association avant d'agir ?
Il existe une procédure qui permet à votre association de poser officiellement la question à l'administration fiscale : est-ce que nos dons ou cotisations ouvrent droit à une réduction d'impôt pour nos donateurs ?
Cette démarche s'appelle communément un rescrit fiscal, mais vous pouvez simplement la voir comme une demande de confirmation écrite adressée à l'administration.
Concrètement, vous rédigez un courrier dans lequel vous présentez votre association, ses activités, son fonctionnement, et vous demandez à l'administration de confirmer que vous êtes bien éligible au dispositif.
L'administration dispose alors de trois mois, parfois six pour vous répondre.
Si elle ne répond pas dans ce délai, son silence vaut accord : vous pouvez considérer que vous avez le droit d'émettre des reçus fiscaux.
L'intérêt majeur de cette démarche, c'est qu'elle vous protège juridiquement.
Si l'administration a validé votre pratique ou si elle n'a pas répondu dans les délais, elle ne pourra pas vous sanctionner par la suite pour avoir émis des reçus fiscaux, même en cas de contrôle.
C'est une garantie très solide.
Cette démarche est particulièrement recommandée lorsque la situation de votre association est un peu complexe : par exemple si vous proposez à la fois des activités payantes et des actions d'intérêt général, ou si vous souhaitez mettre en place une cotisation dont une partie seulement serait défiscalisable.
Dans ces cas, il vaut mieux prendre le temps de sécuriser votre pratique avant de faire des promesses à vos adhérents.