Les lanceurs d'alerte jouent aujourd'hui un rôle central dans la révélation de scandales financiers, sanitaires, environnementaux ou encore de corruption au sein des entreprises et des administrations. Leur démarche expose pourtant à des risques importants : licenciement, poursuites judiciaires, isolement professionnel ou difficultés financières. Pour éviter que ces personnes ne soient dissuadées de parler, le législateur français a progressivement construit un véritable statut protecteur autour d'elles, particulièrement avec la loi Sapin 2 de 2016 puis sa réforme du 21 mars 2022.
Ce cadre juridique repose sur une idée simple : une personne qui signale de bonne foi des faits graves présentant un intérêt pour la collectivité ne doit ni être punie ni ruinée pour cela. La protection est dite d'ordre public : on ne peut pas y renoncer dans un contrat ou une transaction, et toute clause visant à limiter cette protection est automatiquement nulle. Elle est aussi plurielle, car elle couvre non seulement les poursuites pénales et civiles, mais aussi les sanctions disciplinaires et les conséquences financières du signalement.
