La responsabilité civile : faute, gestion et action sociale
La responsabilité civile du dirigeant peut être engagée dans trois cas principaux prévus aux articles L.223-22 (SARL) et L.225-251 (SA) du Code de commerce.
Il s'agit de la violation des lois et règlements, du non-respect des statuts ou de la commission d'une faute de gestion.
La faute de gestion s'apprécie comme un comportement contraire à l'intérêt social : décisions imprudentes, prises de risque inconsidérées, négligences dans la tenue de la comptabilité.
L'action peut être exercée par la société (action sociale ut universi), par les associés en cas de carence des dirigeants (action sociale ut singuli), ou par les tiers victimes d'un préjudice personnel.
Vis-à-vis des tiers, la jurisprudence exige une faute séparable des fonctions, c'est-à-dire d'une particulière gravité, intentionnelle et incompatible avec l'exercice normal des fonctions.
En cas de procédure collective, le dirigeant peut aussi être condamné à combler tout ou partie de l'insuffisance d'actif (article L.651-2 du Code de commerce).
La responsabilité pénale du dirigeant : infractions et prévention
Sur le plan pénal, le dirigeant répond personnellement des infractions commises dans le cadre de son activité.
Les principales infractions sont l'abus de biens sociaux (article L.241-3 du Code de commerce), la présentation de comptes infidèles, la banqueroute et le travail dissimulé.
L'abus de biens sociaux est puni de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende : il sanctionne l'usage des biens ou du crédit de la société à des fins personnelles, contraire à son intérêt.
La banqueroute (article L.654-2) vise notamment le détournement d'actif ou l'organisation frauduleuse de l'insolvabilité en cas de procédure collective.
Le dirigeant peut aussi voir sa responsabilité engagée pour des infractions plus communes : hygiène et sécurité au travail, atteintes à l'environnement, fraude fiscale.
Pour limiter ces risques, plusieurs réflexes sont utiles.
Il est notamment recommandé de documenter les décisions stratégiques, formaliser les délégations de pouvoirs et souscrire une assurance responsabilité civile des dirigeants (RCMS).
La rigueur dans la gestion et la transparence avec les associés sont les meilleurs gardes-fous.