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« Votre enfant est victime de viol, d'agressions sexuelles ou de violences : que faire »
Par Maître SOMMER, Avocat Publié le 11/06/2026 à 20h11
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Nous sommes souvent démunis lorsque notre enfant nous fait comprendre qu'il a été victime de viol, d'agressions sexuelles ou de violences.
Ces révélations nous plongent dans une sidération qui peut nous empêcher de savoir par où commencer pour le protéger.
La priorité est de parler à votre enfant et de l'écouter.
Parlez à votre enfant, rassurez-le, afin qu'il comprenne que vous le croyez, que vous le protégez et que vous serez à ses côtés. Il se sentira alors en confiance avec vous, ce qui lui permettra de vous confier avec ses mots ce qu'il a subi. Il est important d'écouter l'enfant calmement et de recueillir ses paroles sans le faire répéter inutilement ni lui suggérer des réponses.
Il est souvent difficile de faire parler un enfant de faits aussi graves. Il est cependant important que l'enfant exprime ce qu'il a subi. Utilisez des moyens qui lui permettront d'exprimer les choses à sa façon, par exemple le dessin ou les jouets. Il est plus facile pour un enfant de montrer sur une poupée ou une peluche ou dans un dessin les endroits où il a été touché, plutôt que de les montrer sur son propre corps.
Il est alors temps d'entamer les démarches. Voici vos priorités.
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A. Les constatations.
1. Prenez des photos.
Si votre enfant présente sur son corps des blessures ou des traces (griffures, bleus, rougeurs, etc.), prenez des photos. Elles constitueront des preuves.
Vous pouvez également conserver les vêtements que votre enfant portait lorsqu'il a été agressé ou les objets qu'il avait avec lui. Ils peuvent porter des traces qui pourront être utiles aux enquêteurs pour établir l'identité de l'agresseur grâce à l'ADN relevé sur ces vêtements et ces objets.
2. Faites établir un certificat médical par un médecin.
Consultez rapidement un médecin afin qu'il constate les blessures éventuelles de votre enfant et établisse, si nécessaire, un certificat médical aussi précis que possible.
Vous pouvez également vous rendre à l'institut médico-légal le plus proche pour faire constater ces blessures. Les enquêteurs pourront également vous diriger vers l'institut médico-légal.
Il est important de faire constater les éventuelles blessures de votre enfant le plus rapidement possible pour éviter leur atténuation ou leur disparition.
3. Consultez un psychologue avec votre enfant.
Le psychologue pourra, selon sa pratique, rédiger un écrit ou un compte rendu décrivant l'état psychologique de votre enfant.
Mais surtout, votre enfant pourra exprimer rapidement sa souffrance auprès d'un professionnel, ce qui permettra de prendre en charge rapidement le traumatisme. Votre enfant pourra bénéficier d'un suivi psychologique dans le but d'éviter une aggravation de son traumatisme et d'évoluer favorablement.
B. Les démarches judiciaires.
1. Faites vous accompagner si possible, notamment par un avocat.
Il est important d'être accompagné par un avocat le plus tôt possible.
Il pourra vous aider à porter plainte, il pourra relancer les services du Procureur, les gendarmes, les policiers, pour savoir où en est votre plainte.
L'avocat vous assistera et vous expliquera la procédure au fur et à mesure. C'est une procédure longue et complexe et il vous aidera à la comprendre.
Si vos revenus sont modestes, examinez avec votre avocat la possibilité :
- d'obtenir une aide juridictionnelle (rémunération de l'avocat versée par l'état)
- ou une prise en charge de ses honoraires par votre assurance de protection juridique, généralement comprise dans votre assurance habitation.
2. Portez plainte.
Vous pouvez porter plainte au commissariat, à la gendarmerie, ou écrire au Procureur de la République. Un avocat peut vous accompagner dans ces démarches, mais il n'est pas obligatoire pour déposer plainte.
La police ou la gendarmerie ne peut jamais refuser de recevoir une plainte.
Joignez à votre plainte les photos, les vêtements et objets, le certificat médical, et le compte rendu du psychologue s'il en a établi un.
Votre avocat relancera régulièrement le commissariat, la gendarmerie ou les services du Procureur pour savoir où en est votre plainte.
En pratique, l'essentiel est de protéger immédiatement l'enfant, de faire constater rapidement les faits ou les blessures éventuels, puis de déposer plainte avec tous les éléments utiles. Un accompagnement médical, psychologique et juridique peut ensuite être mis en place.
Fiche pratique rédigée par
Maître Nathalie SOMMER
Avocat au barreau de STRASBOURG (divorce, droit commercial, droit de la consommation)
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