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L'emploi des salariés expérimentés, souvent désignés comme " seniors ", revient au premier plan dans un contexte de vieillissement démographique et de réformes des retraites. Les pouvoirs publics et les partenaires sociaux semblent désormais plus attentifs à la nécessité de mieux articuler maintien dans l'emploi, conditions de travail et préparation de la retraite.
La négociation collective d'entreprise, renforcée par la loi du 24 octobre 2025, constitue l'un des principaux outils pour organiser cette évolution, même si son utilisation reste encore inégale selon les secteurs et les entreprises.
À partir d'un panel limité d'accords conclus après cette loi, il est possible de dégager quelques tendances, qui ne prétendent pas à l'exhaustivité mais offrent une première photographie des pratiques.
Ces accords paraissent, pour beaucoup, privilégier la fin de carrière, tandis que des thèmes pourtant décisifs comme le recrutement ou la formation demeurent relativement peu abordés. Le recours au diagnostic préalable et l'implication des branches professionnelles semblent toutefois de nature à favoriser une approche plus globale de l'emploi des salariés expérimentés, sous réserve d'une appropriation progressive par les acteurs de terrain.
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I. Une négociation encore centrée sur la fin de carrière
Les accords étudiés définissent d'abord ce qu'ils entendent par " salarié expérimenté " en fixant un âge pivot adapté à la structure des effectifs et aux dispositifs choisis par chaque entreprise.
Selon les textes, ce seuil peut varier et être modulé en fonction des mesures, ce qui contribue à une approche souple mais rend la comparaison entre accords plus délicate. Dans la plupart des cas, un âge relativement élevé est retenu, ce qui oriente la négociation vers l'aménagement de la fin de carrière et la transition vers la retraite plutôt que vers l'ensemble du parcours professionnel.
Les outils mobilisés sont notamment le passage à temps partiel, la retraite progressive ou le temps partiel de fin de carrière, dont les conditions d'accès dépendent des accords collectifs applicables.
Certaines entreprises prévoient des mécanismes de maintien des cotisations de retraite ou de compensation salariale afin de limiter la perte de revenus liée à la réduction du temps de travail.
Des mesures relatives aux conditions de travail complètent ce volet, par exemple des dispenses de travail de nuit ou d'horaires alternés, des jours de repos supplémentaires ou des possibilités de mobilité interne vers des postes moins pénibles, lorsque ces mesures sont prévues par l'accord.
Au-delà de l'organisation du temps de travail, plusieurs accords instaurent un accompagnement vers la retraite qui combine information sur les droits, aide à la constitution du dossier et soutien à la préparation de la transition personnelle.
Ce soutien peut prendre la forme de réunions d'information, de guides dédiés, d'entretiens personnalisés ou encore d'ateliers consacrés au passage de la vie professionnelle à la retraite. Certains dispositifs incluent des actions de prévention en matière de santé, ou permettent aux salariés de construire un projet extra-professionnel, par exemple via le mécénat de compétences, lorsque de telles possibilités sont expressément prévues.
Quelques accords envisagent même la période postérieure au départ, en organisant le cumul emploi-retraite ou le maintien d'une couverture complémentaire santé, dans des conditions qui restent propres à chaque entreprise. Si ces mesures traduisent une volonté de sécuriser la dernière phase de la vie professionnelle, elles ne suffisent pas, en l'état, à répondre aux enjeux plus larges d'accès à l'emploi et de maintien durable des salariés expérimentés.
II. Le recrutement, la formation et le diagnostic : des leviers encore sous-utilisés
Les premières négociations ne semblent que très rarement aborder de manière concrète le recrutement des salariés expérimentés, alors même que ce sujet conditionne directement le taux d'emploi de cette catégorie. Plusieurs accords rappellent le principe de non-discrimination en fonction de l'âge, mais sans l'assortir systématiquement de mesures opérationnelles, ce qui limite la portée pratique de ces engagements. Quelques textes se distinguent en prévoyant des actions de sensibilisation des recruteurs et des managers, ainsi que des objectifs chiffrés d'embauche de salariés de plus de 50 ans, mais ces pratiques demeurent minoritaires dans le panel étudié.
La formation constitue un autre angle mort fréquent : elle est souvent envisagée sous l'angle de la préparation à la retraite ou de la prévention de certains risques, alors qu'elle pourrait servir à soutenir des parcours qualifiants et des projets de reconversion au cours de la seconde partie de carrière. Certains accords prévoient néanmoins des dispositifs dédiés, comme la prise en charge d'une partie des coûts de formation ou l'organisation d'entretiens de mi-carrière et d'entretiens spécifiques avec les salariés expérimentés, afin de mieux identifier leurs besoins.
Le diagnostic préalable, prévu de façon supplétive par le Code du travail, apparaît comme un outil méthodologique important, mais il n'est que rarement utilisé de manière approfondie dans les accords examinés. Lorsqu'il est élaboré, ce diagnostic peut combiner des données quantitatives sur la pyramide des âges et des éléments qualitatifs recueillis auprès des salariés, permettant d'ajuster les mesures aux réalités de l'entreprise.
Les branches professionnelles disposent également d'outils pour accompagner les entreprises, notamment par leurs observatoires de métiers, leurs analyses démographiques et la diffusion de plans d'action types que les employeurs peuvent reprendre, en l'absence d'accord, sous réserve de respecter les procédures d'information-consultation.
Pour un salarié ou un représentant du personnel, il peut être utile de vérifier, au regard des accords applicables et des textes en vigueur, si le recrutement, la formation et le diagnostic sont effectivement pris en compte et de solliciter, le cas échéant, une évolution des pratiques dans le cadre du dialogue social.
Fiche pratique rédigée par
Maître Réouven LELLOUCHE
Avocat au barreau de PARIS (droit commercial, droit de la propriété intellectuelle, droit des associations et fondations)
J ai signé un cdi en 2012 en tant qu assistante commerciale - etam. 2000€ brut en 2015 2100€ brut), sur mon bulletin de salaire, je suis passée assistante...
à toutes et à tous, je suis actuellement salariée en cdi dans une esn (convention syntec), en tant que développeuse senior. je souhaite vous exposer ma situation afin...