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Indemnité de réduction dû à un héritier en france avantagé à l'étranger
Sujet (Cloturé) initié par Pseudoil y a 3 ans - 2798 vues
Bonjour,
Suite à une succession ouverte en 2016 décès et lieu de résidence : France. (testament partage/ donation hors part successorale).
Je suis redevable d'une indemnité de réduction à mon frère . Hors celui-ci a été fortement avantagé en Algérie (partage musulman sans testament ) il s'agit essentiellement de liquidités et d'un bien pour lequel mon frère souhaite nous racheter nos parts . Pouvons nous considérer que cela entre en compte dans le calcul de l'indemnité de réduction que je lui dois en France?
Dans le testament français il est également précisé que le reste sera partagé à concurrence 1/3 chacun.
Le notaire n'étant pas calé sur le droit international, j'aimerai lui rapporter des éléments précis svp avec les textes qui s'y refere s'il y en a ...
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5 réponses
Louis Laï-Kane-Chéong.
Bonjour,
Il me semble avoir répondu à une question similaire.
A mon avis, le notaire ne prendra pas en considération le partage algérien à moins qu'un jugement ne lui ordonne.
C'est toute une mécanique de droit international privé à mettre en place et à expliquer au juge que le partage algérien réalisé alors que la loi française était applicable à toute la succession, doit être pris en compte en tant que fait juridique, dans le calcul de la quotité disponible.
J'ai obtenu un jugement de ce type dans une situation inverse. Donc je ne m'avance pas sur les chances de succès d'une telle action, mais je présume qu'il faille procéder ainsi.
Merci d'indiquer si j'ai répondu à votre question.
il y a 3 ans
Pseudo
Cher Maître,
Je vous remercie pour retour, je vais envoyer un email au notaire dans ce sens, en espérant qu'il prenne ces éléments en considération.
Bien cordialement
il y a 3 ans
Pseudo
Y a-t-il un texte de loi précis auquel je pourrais faire référence s'il vous plaît ?
Cordialement
il y a 3 ans
Louis Laï-Kane-Chéong.
Le principe posé par le règlement succession est celui de l'unité de traitement de la succession par la loi de la dernière résidence habituelle du défunt, en l'occurrence la France ici.
Cette loi va s'appliquer à la détermination des droits, et à la question du rapport et à celle de la réduction ; points qui vous concernent donc.
Sauf que, le partage algérien réalisé par acte authentique étranger va s'interposer dans cette unité de règlement par la loi française.
Soit, l'autorité française tient compte du partage déjà intervenu en l'estimant valable (ce qu'elle ne peut pas puisque, cela aboutirait à admettre que la loi algérienne pouvait régir une partie de la succession, alors que la France ne peut raisonner que sur la base de son propre corpus de règles qui désignent la loi française comme applicable pour le tout).
Soit, l'autorité française fait abstraction du partage algérien et règle la succession comme si aucun partage n'était intervenu (et c'est aussi problématique en termes d'exécution et l'on aboutirait à une incohérence totale, empêchant toute exécution des actes français à l'étranger).
Soit, l'autorité française tient compte du partage algérien, en le faisant entrer de force dans une catégorie juridique qui lui permette de tirer les conséquences et de les répercuter en France (ce qui me semble être le plus cohérent). Il s'agira donc d'arguer que le partage ne vaut, ni comme jugement (si c'était un jugement de partage), ni comme acte authentique en tant que tel, mais comme libéralité rapportable à la succession ouverte et réglée en France.
C'est la raison pour laquelle, je vous précise qu'un notaire ne prendra jamais le risque de trancher sur un point aussi épineux, parce qu'il engagerait sa responsabilité. C'est donc au juge français que revient cette tâche.
Merci d'indiquer si j'ai répondu à votre question.
#Meilleure réponseil y a 3 ans
Pseudo
Vous avez répondu à ma question et je vous remercie Maître d'avoir pris la peine de bien m'expliquer.
il y a 3 ans
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