Chère Madame
La déclaration de nationalité pour votre fils de 13 ans relève de l'article 21-11 alinéa 2 du Code civil : entre 13 et 16 ans, ce sont les représentants légaux (et non l'enfant lui-même) qui souscrivent la déclaration, sous réserve du consentement personnel du mineur. Si l'autorité parentale est exercée conjointement par les deux parents - ce qui est la règle sauf décision de justice contraire - les deux parents doivent en principe intervenir dans l'acte, car il s'agit d'un acte relatif à l'état civil et à la nationalité de l'enfant, qui touche à l'exercice conjoint de l'autorité parentale.
Le statut irrégulier du père n'est pas un obstacle en soi
Le formulaire demande une pièce d'identité et une photo des parents, mais rien n'exige que cette pièce d'identité soit un titre de séjour français : le père peut présenter son passeport étranger ou tout document d'identité valide, même sans titre de séjour régulier en France. La situation irrégulière du père n'a aucune incidence légale sur le droit de l'enfant à la nationalité française, dès lors que les conditions de résidence et de scolarité de l'enfant sont remplies.
Le risque réel : la fraude à la déclaration
Déclarer faussement que vous « n'avez plus de nouvelles » du père, alors que ce n'est pas la vérité, constitue une fausse déclaration à une autorité publique. Or l'article 26-4 du Code civil permet l'annulation d'une déclaration de nationalité obtenue par fraude ou mensonge, et ce dans un délai de deux ans à compter de la découverte de la fraude - ce qui exposerait votre fils à un risque bien plus grave qu'une simple complication administrative liée au statut du père. Une fausse déclaration pourrait aussi vous exposer personnellement sur le plan pénal.
Solutions concrètes selon votre situation réelle
•Si vous exercez seule l'autorité parentale (décision de justice, jugement de
divorce, etc.), vous pouvez déposer seule le dossier avec le jugement à l'appui, sans avoir besoin de mentir.
•Si l'autorité parentale est conjointe et que le père est effectivement injoignable ou refuse de coopérer, il existe des voies légales (saisine du juge aux affaires familiales pour autorisation, ou preuve de l'impossibilité de recueillir son accord) plutôt qu'une fausse déclaration.
•Si le père est présent dans la vie de l'enfant mais craint de se présenter au greffe par peur de contrôle, il peut fournir son passeport et sa photo sans que cela déclenche automatiquement une procédure d'éloignement - le greffe du tribunal traite une déclaration de nationalité, non une procédure de police des étrangers.
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