Bonjour,
1/ Le droit
Les faits que vous décrivez peuvent effectivement constituer le délit d'appels téléphoniques malveillants réitérés, prévu par l'article 222-16 du Code pénal.
Cette infraction concerne notamment les appels ou messages malveillants répétés ayant pour objet de troubler la tranquillité d'une personne.
Il n'est pas nécessaire que votre ancien compagnon laisse systématiquement un message vocal, ni qu'il utilise toujours le même numéro de téléphone.
Des appels anonymes, masqués ou provenant de plusieurs numéros peuvent donc être pris en compte.
De même, le fait que les appels soient espacés dans le temps n'exclut pas nécessairement l'infraction, dès lors que leur répétition et leur caractère malveillant peuvent être établis.
Toutefois, tous les appels insistants ne constituent pas automatiquement une infraction : les circonstances, leur fréquence et leur finalité devront être appréciées.
Ce délit est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.
Lorsque les faits sont commis par le conjoint, le concubin, le partenaire de PACS ou un ancien conjoint ou partenaire entrant dans les prévisions de la loi, les peines peuvent être portées à trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
Il n'est pas nécessaire de démontrer un préjudice médical ou psychologique particulier pour que l'infraction soit constituée. En revanche, la répétition des appels et leur intention malveillante doivent pouvoir être caractérisées.
2/ Les solutions
Dans votre situation, vous pouvez déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, en expliquant précisément les appels que vous recevez et leur lien éventuel avec votre ancienne relation.
Il est important de conserver le maximum de preuves :
Les historiques et relevés d'appels.
Les captures d'écran faisant apparaître les dates, les heures et les numéros utilisés.
Les éventuels messages vocaux ou SMS.
Un relevé chronologique des appels reçus.
Les témoignages de personnes ayant constaté les faits.
Si vous lui avez expressément demandé de cesser de vous contacter, conservez également la preuve de cette demande, car elle pourra contribuer à établir le caractère malveillant de son comportement.
Une fois la plainte déposée, le procureur de la République appréciera les suites à donner : classement sans suite, mesure alternative aux poursuites ou poursuites pénales.
Le fait que votre ancien compagnon n'ait pas d'antécédents judiciaires et bénéficie d'un suivi psychiatrique pourra être pris en considération, notamment dans l'appréciation de sa situation personnelle et, le cas échéant, de la sanction.
Toutefois, ces circonstances ne font pas automatiquement obstacle à des poursuites ou à une condamnation.
Une peine d'emprisonnement ferme n'est pas systématique, particulièrement lorsqu'il s'agit d'une première condamnation, mais elle demeure légalement possible selon la gravité des faits et la situation de l'auteur.
Des mesures destinées à empêcher de nouveaux contacts peuvent également être envisagées dans les conditions prévues par la loi.
Même si vous ne souhaitez pas nécessairement que votre ancien compagnon soit incarcéré, le dépôt de plainte peut permettre de faire constater officiellement les faits, de déclencher des investigations et de rechercher des mesures de protection adaptées.
En cas de nouveaux appels, je vous conseille de conserver les preuves et de les transmettre aux enquêteurs en complément de votre plainte.
En cas d'urgence, notamment si votre ancien compagnon vous menace, se présente à votre domicile ou si vous craignez pour votre sécurité, appelez immédiatement le 17 ou le 112. Si vous ne pouvez pas parler, vous pouvez contacter les secours par SMS au 114. Vous pouvez également joindre le 3919, numéro gratuit d'écoute et d'orientation pour les femmes victimes de violences, qui ne remplace toutefois pas les services d'urgence.
En résumé, des appels répétés, même anonymes ou espacés dans le temps, peuvent constituer une infraction pénale lorsqu'ils sont malveillants et destinés à troubler votre tranquillité. Vous pouvez donc déposer plainte, sans avoir à démontrer un préjudice particulier, en réunissant les éléments permettant d'établir leur répétition et leur caractère malveillant.
J'espère avoir répondu à votre question.
Si tel est le cas, je vous remercie de cliquer sur le bouton vert « Question résolue ».
Bien cordialement,
Maître Xavier DAUSSE
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