Définition du site e-commerce et cadre juridique applicable
Aux termes de l'article 14 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004, le commerce électronique est défini comme l'activité économique par laquelle une personne propose ou assure à distance et par voie électronique la fourniture de biens ou de services.
Il inclut également les services en ligne tels que la fourniture d'informations, les communications commerciales ou encore les outils d'accès et de recherche de données.
Le site e-commerce se distingue ainsi du site vitrine en ce qu'il permet la conclusion directe de contrats de vente à distance par voie électronique, sans intervention physique.
À l'inverse, le site vitrine se limite à la présentation des produits ou services sans permettre leur acquisition en ligne.
La notion d'établissement en France est également précisée par le texte, qui retient qu'une personne est considérée comme établie en France lorsqu'elle s'y est installée de manière stable et durable pour exercer effectivement son activité, indépendamment du lieu de son siège social lorsqu'il s'agit d'une personne morale.
Traitement fiscal du site e-commerce
Le traitement fiscal du site internet dépend principalement de son mode de création : acquisition auprès d'un prestataire ou développement en interne.
Lorsque le site est conçu par un prestataire externe, le traitement comptable et fiscal peut, selon les cas, être rapproché de celui applicable à l'acquisition d'un logiciel ou d'une immobilisation incorporelle. Le site internet constitue alors une immobilisation incorporelle inscrite à l'actif de l'entreprise.
Les dépenses correspondantes peuvent, selon leur qualification comptable et fiscale, être amorties sur leur durée probable d'utilisation. Toutefois, un régime d'amortissement exceptionnel peut exister dans certains cas et sous conditions ; il convient de le présenter avec prudence au regard du texte applicable et de la situation de l'entreprise.
Lorsque le site est développé en interne, le traitement fiscal est précisé par la doctrine administrative (BOI-BIC-CHG-20-30-30). Le processus de création d'un site internet est classiquement structuré en trois phases : recherche préalable, développement et mise en production, puis exploitation.
Les dépenses de recherche et d'exploitation sont en principe immédiatement déductibles en charges, sauf lorsqu'elles correspondent à des améliorations ou extensions du site.
En revanche, les dépenses engagées lors de la phase de développement peuvent être immobilisées sous réserve de remplir plusieurs conditions cumulatives : capacité de l'entreprise à achever le projet, moyens techniques et financiers suffisants, probabilité de succès technique, génération d'avantages économiques futurs, et capacité à évaluer de manière fiable les coûts engagés.
Il convient de préciser que les dépenses liées à un site vitrine sont souvent comptabilisées en charges, mais qu'une immobilisation peut être retenue dans certains cas selon les fonctionnalités du site et les règles comptables applicables.
Enfin, le traitement des noms de domaine doit être apprécié au cas par cas : l'amortissement n'est pas systématiquement exclu et dépend notamment des droits détenus et de leur durée d'utilisation prévisible. En revanche, les redevances annuelles correspondantes constituent des charges déductibles.
En pratique, le traitement fiscal d'un site internet dépend surtout de son mode de création, de ses fonctionnalités et des droits acquis par l'entreprise. Une vérification comptable et fiscale au cas par cas est donc recommandée.