Vous devez obligatoirement donner votre autorisation écrite si votre enfant gagne de l'argent avec ses vidéos
Lorsque l'activité en ligne d'un mineur prend une dimension lucrative, la loi du 19 octobre 2020 peut s'appliquer, selon les conditions prévues par les textes. Cette situation concerne les revenus publicitaires générés par les vues sur YouTube, les partenariats rémunérés avec des marques, les placements de produits, ou toute autre forme de rémunération liée à la diffusion de vidéos.
Concrètement, si votre enfant de moins de 16 ans exerce une activité en ligne monétisée, il faut vérifier si une déclaration ou une autorisation préalable est requise selon le régime applicable. Les démarches s'effectuent auprès de l'autorité administrative compétente selon les modalités en vigueur ; il faut éviter de citer une procédure unique sans vérification à jour. En cas de manquement, des sanctions peuvent être encourues ; il faut citer uniquement les sanctions précisément prévues pour l'infraction visée.
La déclaration doit mentionner l'identité de votre enfant, la nature de son activité, les plateformes utilisées, le nombre estimé de vidéos publiées, et les revenus générés ou attendus. L'administration dispose alors d'un délai pour vous répondre et peut refuser l'autorisation si elle estime que l'activité présente un danger pour la santé, la sécurité ou la scolarité de votre enfant.
Par ailleurs, une partie substantielle des revenus générés par votre enfant doit obligatoirement être versée sur un compte bloqué à la Caisse des dépôts et consignations jusqu'à sa majorité ou son émancipation. Cette règle protège l'enfant contre une dilapidation de ses gains par ses parents ou des tiers. Une partie des revenus peut devoir être consignée à la Caisse des dépôts selon les règles applicables ; le pourcentage exact ne doit être indiqué qu'après vérification du texte en vigueur.
Attention, cette obligation s'applique même si l'activité de votre enfant vous semble occasionnelle ou marginale. Même une activité qui paraît limitée peut relever d'un encadrement légal ; il faut vérifier au cas par cas si le dispositif s'applique. Le fait que votre enfant publie des vidéos depuis des années sans déclaration ne vous exonère pas : vous restez en infraction et pouvez être poursuivi à tout moment.
Enfin, l'autorisation parentale ne se présume pas : vous devez pouvoir prouver que vous avez expressément consenti à l'activité de votre enfant. Il est prudent de conserver une preuve claire de l'accord parental et des démarches accomplies.
Vous devez protéger strictement les données personnelles de votre enfant et respecter son droit à l'image
Publier des vidéos de votre enfant en ligne expose massivement ses données personnelles. Son visage, sa voix, son prénom ou des informations sur son quotidien peuvent constituer des données personnelles ; leur diffusion en ligne appelle une vigilance particulière.
En tant que parent, vous devez être particulièrement vigilant à la protection de la vie privée et des données de votre enfant lorsqu'il publie des vidéos en ligne. Cette responsabilité vous impose plusieurs obligations concrètes. D'abord, vous devez vous assurer que votre enfant comprend les risques liés à la diffusion publique de ses vidéos : absence de contrôle sur leur circulation, captation possible par des personnes malveillantes, utilisation détournée, cyberharcèlement, et impossibilité pratique de supprimer totalement un contenu une fois diffusé.
Ensuite, vous devez veiller à ne jamais publier d'informations permettant d'identifier précisément votre enfant ou de le localiser. Afficher son nom de famille complet, le nom de son établissement scolaire, l'adresse de votre domicile, ou des lieux fréquentés régulièrement expose votre enfant à des risques graves : enlèvement, harcèlement, usurpation d'identité ou pédocriminalité.
Le Code civil protège également le droit à l'image de votre enfant. Même si vous êtes son parent, vous ne pouvez pas publier n'importe quelle image de lui sans limite. Votre autorité parentale doit toujours s'exercer dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Publier des vidéos humiliantes, dégradantes, montrant votre enfant dans des situations intimes ou pouvant lui porter préjudice constitue une atteinte à sa dignité et peut être sanctionné.
Un enfant devenu majeur peut, selon les circonstances, agir contre la diffusion d'images publiées pendant sa minorité s'il estime que ses droits ont été méconnus. Les tribunaux peuvent condamner les parents à verser des dommages et intérêts et ordonner le retrait définitif des contenus.
En pratique, avant de publier une vidéo, vérifiez si l'activité est simplement familiale ou réellement monétisée, limitez les informations identifiantes, paramétrez la confidentialité du compte et renoncez à toute publication que votre enfant refuse ou pourrait subir plus tard.