La prestation compensatoire sert à compenser un déséquilibre
La prestation compensatoire a pour objectif de compenser, autant que possible, la disparité que le divorce crée dans les conditions de vie respectives des époux.
Elle ne sert pas à sanctionner l'un des époux. Elle n'est pas non plus une pension alimentaire entre ex-époux.
Elle vise à tenir compte des conséquences financières de la rupture. Par exemple, elle peut être envisagée lorsqu'un époux dispose de revenus nettement plus faibles, lorsqu'il a réduit son activité professionnelle pour s'occuper des enfants, ou lorsqu'il a fait des choix de carrière au bénéfice de la famille.
Plusieurs éléments peuvent être pris en compte : la durée du mariage, l'âge des époux, leur état de santé, leur situation professionnelle, leurs revenus, leur patrimoine, leurs droits à la retraite ou encore les choix faits pendant la vie commune.
Dans un divorce amiable, les époux peuvent donc prévoir une prestation compensatoire si elle apparaît justifiée.
Elle n'est pas automatique dans un divorce amiable
La prestation compensatoire n'est pas obligatoire dans tous les divorces.
Si les époux ont des revenus proches, des patrimoines équivalents, une durée de mariage courte ou aucune disparité importante liée à la rupture, il peut être décidé qu'aucune prestation compensatoire ne sera versée.
En revanche, si un déséquilibre existe, il doit être sérieusement étudié. Le fait que les époux divorcent à l'amiable ne signifie pas que chacun doit renoncer à ses droits.
Les époux peuvent négocier librement : cette liberté s'exerce dans le respect des règles légales applicables à la prestation compensatoire et de la validité de la convention.
La prestation compensatoire peut prendre plusieurs formes. Elle est le plus souvent versée sous forme de capital, c'est-à-dire une somme d'argent réglée en une fois ou selon des modalités prévues dans la convention. Elle peut également prendre la forme d'une attribution de biens ou, dans certains cas, d'une rente.
Son montant doit être négocié avec prudence
Il n'existe pas de barème automatique pour fixer une prestation compensatoire. Son montant dépend de la situation particulière des époux.
Dans un divorce amiable, les époux peuvent convenir de son principe, de son montant et de ses modalités de paiement, dans le respect des règles applicables à la prestation compensatoire. Toutefois, cette liberté ne doit pas conduire à un accord déséquilibré.
Il est important de réunir les éléments financiers utiles : avis d'imposition, bulletins de salaire, justificatifs de charges, tableau des crédits, patrimoine immobilier, épargne, droits à la retraite et situation professionnelle de chacun.
Une prestation compensatoire trop faible, mal évaluée ou acceptée sans compréhension réelle peut créer des difficultés après le divorce. À l'inverse, une demande excessive peut bloquer la procédure amiable.
Avant de signer une convention de divorce par consentement mutuel, il est donc recommandé de se faire accompagner par un avocat. Celui-ci pourra vérifier si une prestation compensatoire est justifiée, en évaluer le montant et sécuriser l'accord conclu entre les époux.