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Après les assistants capables de répondre à une question ou de rédiger un texte, une nouvelle génération d'outils d'intelligence artificielle fait son apparition : des assistants capables d'agir eux-mêmes à votre place, en enchaînant plusieurs tâches sans que vous ayez à intervenir à chaque étape.
On parle d'intelligence artificielle agentique, ou d'assistant IA autonome. Que vous les utilisiez à titre personnel, pour réserver un voyage ou gérer votre messagerie, ou dans le cadre de votre activité, pour automatiser certaines tâches administratives, ces outils soulèvent des questions nouvelles pour la protection de vos données.
La CNIL et le Conseil de l'intelligence artificielle et du numérique (CIANum) ont publié, le 20 juillet 2026, une note commune sur ce sujet.
Voici ce qu'il faut en retenir.
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Qu'est-ce qui distingue ces nouveaux assistants des outils que vous connaissez déjà ?
Un assistant d'intelligence artificielle classique répond à une question ou rédige un texte à votre demande, mais s'arrête là.
Un assistant autonome va plus loin : il peut, seul, enchaîner plusieurs actions pour accomplir une tâche que vous lui confiez. À titre personnel, cela peut consister à comparer des offres de voyage, réserver un billet ou répondre à certains courriels à votre place. Dans le cadre d'une petite entreprise, cela peut consister à trier des candidatures, relancer des factures impayées ou gérer une partie de la relation avec vos clients.
Dans les deux cas, l'assistant peut agir sans validation à chaque étape. Selon l'outil utilisé et ses réglages, il peut aussi conserver certaines informations d'une interaction à l'autre pour personnaliser ses réponses ou ses actions.
Pourquoi ce fonctionnement pose question pour vos données personnelles ?
Cette nouvelle génération d'outils implique que l'assistant accède à de nombreuses informations, parfois sensibles, telles que vos échanges personnels, la messagerie professionnelle de votre entreprise, des dossiers de ressources humaines ou des documents bancaires, et les fasse circuler entre plusieurs services sans que vous puissiez toujours suivre précisément ce qu'il en fait.
Mieux vaut donc, par principe, ne jamais ouvrir ce type d'informations sensibles à un assistant sans y avoir réfléchi au préalable. La note publiée par la CNIL relève un risque réel de perte de maîtrise : il devient plus difficile de savoir quelles données ont été utilisées, à quelle fin, et où elles ont été conservées.
S'y ajoute un risque d'erreur, ces outils pouvant se tromper dans l'interprétation d'une consigne et exécuter une action non souhaitée, comme l'envoi d'un message au mauvais destinataire ou la suppression d'informations par erreur, avec parfois une réelle difficulté à interrompre l'action à temps.
Enfin, en cas de dysfonctionnement, il peut être délicat de déterminer qui, de l'éditeur de l'outil ou de son utilisateur, doit en répondre.
Ce que recommande la note à ce sujet
Sur ce point, la note de la CNIL et du CIANum recommande plusieurs précautions concrètes, que vous pouvez reprendre pour votre propre usage.
Elle invite d'abord à limiter l'accès de l'assistant aux seules informations et aux seuls services strictement nécessaires à la tâche confiée, plutôt que de lui ouvrir l'ensemble de vos outils numériques par commodité, et à réserver une validation humaine préalable aux actions les plus lourdes de conséquences, comme un paiement, l'envoi d'un document confidentiel ou une suppression de données, la simple consultation d'une information n'appelant pas le même niveau de vigilance.
Elle préconise également que les informations retenues par l'assistant d'une tâche à l'autre restent cloisonnées plutôt que rassemblées dans une mémoire unique qui s'enrichirait indéfiniment, et que ces informations disparaissent automatiquement une fois devenues inutiles.
Elle insiste aussi sur la nécessité de pouvoir interrompre l'assistant à tout moment en cas de comportement inattendu, et non simplement de le désactiver après coup ainsi que l'utilisation d'outils intégrant des mécanismes de détection des usages détournés ou anormaux.
Enfin, elle invite à interroger l'éditeur sur la durée de conservation de vos informations et sur les possibilités de les faire supprimer.
En somme
La question de la protection des données fournies à ces assistants autonomes reste un sujet en construction, qui n'est pas encore totalement stabilisé et continuera d'évoluer à mesure que ces outils se perfectionnent.
Le RGPD n'est pas le seul texte à prendre en compte : d'autres règles peuvent aussi s'appliquer, notamment le Règlement européen sur l'IA, qui encadre, selon le type d'outil et son niveau de risque, la mise sur le marché, la mise en service ou l'utilisation de certains systèmes d'intelligence artificielle.
Pour un lecteur non juriste, l'essentiel est de vérifier à la fois la protection de vos données et le niveau de contrôle humain laissé par l'outil. En pratique, avant d'utiliser un assistant IA autonome, mieux vaut limiter ses accès, conserver une validation humaine pour les actions sensibles, et vérifier clairement comment vos données sont conservées, partagées et supprimées.
Fiche pratique rédigée par
Maître Kenza DECLERCQ
Avocat au barreau de PARIS (droit commercial, droit de la propriété intellectuelle, droit des nouvelles technologies)
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