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Il arrive qu'un contribuable s'aperçoive, parfois plusieurs années après, qu'il a acquitté un impôt qui n'était pas dû.
Un revenu déclaré deux fois, l'oubli d'une exonération, une erreur de calcul, etc. On pense naturellement à la réclamation, mais le délai est souvent dépassé. Une issue demeure pourtant. Le dégrèvement d'office.
C'est un mécanisme qui permet à l'administration fiscale de corriger elle-même une imposition erronée, en dehors de toute réclamation régulière, durant quatre années supplémentaires (LPF, art. R*211-1).
Ce mécanisme se distingue de la réclamation contentieuse. Si cette dernière est un véritable droit pour le contribuable, le dégrèvement d'office est, en principe, une faculté laissée à l'administration fiscale.
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Dans quels cas et dans quels délais agir ?
Lorsqu'un impôt a été établi à tort ou pour un montant trop élevé, l'administration peut, dans les conditions prévues, le réduire ou l'annuler et rembourser les sommes éventuellement déjà payées.
Elle peut le faire spontanément ou à la suite d'une demande écrite ou orale du contribuable.
Son domaine est étendu et ne se limite pas aux erreurs imputables à l'administration : une erreur commise par le contribuable dans sa propre déclaration peut aussi être réparée, et ce même lorsque l'imposition résulte d'une taxation d'office (par exemple, en cas de non-dépôt des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée (TVA)).
Sont visés l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés, la fiscalité locale et la TVA, par exemple lorsqu'une entreprise ayant cessé son activité n'a pas obtenu le remboursement de son crédit. Les cas les plus courants sont une pension alimentaire non déduite, des frais réels omis, des revenus de source étrangère imposés deux fois en dépit d'une convention fiscale, la plus-value de cession d'une résidence principale indûment taxée ou une cotisation foncière des entreprises (CFE) calculée sur une base erronée.
L'administration dispose pour agir d'un délai courant jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle le délai de réclamation a expiré, ou suivant la notification d'une décision juridictionnelle. Ainsi, l'impôt sur le revenu 2021, mis en recouvrement en 2022, pouvait être réclamé jusqu'au 31 décembre 2024 et peut encore être dégrevé d'office jusqu'au 31 décembre 2028.
Lorsqu'une procédure de reprise ou de rectification est engagée, le contribuable peut bénéficier d'un délai spécial pour présenter ses réclamations. Ce délai doit être vérifié pour déterminer l'échéance applicable au dégrèvement d'office.
Il est donc recommandé de saisir le service des impôts par écrit sans attendre.
Lorsque le dégrèvement corrige une erreur de l'administration concernant la base de calcul ou le montant de l'impôt, les sommes remboursées au contribuable sont accompagnées d'intérêts (LPF, art. L. 208).
Quelles sont les limites du dégrèvement d'office ?
Le dégrèvement d'office reste une simple faculté pour l'administration, et non un droit pour le contribuable.
En principe, l'administration n'est pas tenue d'accorder ce dégrèvement et son refus ne peut pas être contesté devant le juge.
Des exceptions existent toutefois, notamment dans certaines situations imposant un réexamen au regard du droit de l'Union européenne.
En dehors de ces situations particulières, des démarches amiables peuvent être tentées auprès du supérieur hiérarchique, du conciliateur fiscal départemental ou du médiateur des finances publiques.
L'administration peut limiter le dégrèvement demandé si elle constate parallèlement qu'un impôt a été établi pour un montant trop faible. Elle peut alors déduire cette insuffisance du montant à corriger, même si elle concerne une autre année ou un autre impôt. C'est ce que l'on appelle une compensation.
Si l'administration affirme ne pas rechercher systématiquement d'anciennes insuffisances, il est prudent de s'assurer au préalable que le dossier ne comporte pas d'autre point sensible.
Enfin, une évolution favorable de la doctrine administrative (l'interprétation des règles fiscales publiée par l'administration) ne profite pas, par cette voie, aux impositions déjà définitives.
En pratique, tant que le délai de réclamation court, la réclamation contentieuse doit être privilégiée, car elle ouvre l'accès au juge et aux intérêts moratoires. Ce délai expiré, il convient d'adresser au service des impôts une demande écrite de dégrèvement d'office, motivée et chiffrée. Les justificatifs joints doivent rendre l'erreur incontestable, le dégrèvement d'office supposant qu'aucun doute ne subsiste sur la surtaxe (le montant d'impôt réclamé en trop).
Conservez une preuve datée de votre démarche. Lorsqu'elle est effectuée avant l'expiration du délai, la doctrine administrative admet qu'elle l'interrompt : l'échéance est alors reportée au 31 décembre de la quatrième année suivant celle de cette démarche. Il faut donc vérifier le délai réellement applicable à votre dossier avant de conclure qu'aucun dégrèvement d'office n'est encore possible.
Une erreur d'imposition ancienne n'est donc pas nécessairement irrémédiable.
Références : LPF, art. R*196-1, R*196-3, R*211-1, R*211-2, L. 208 et L. 247 ; BOI-CTX-DRO-10 et BOI-CTX-DRO-20
Fiche pratique rédigée par
Maître Relouindé Béatrice SAWADOGO
Avocat au barreau de LYON (droit de la consommation, droit de la sécurité sociale, droit fiscal)
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