Bonjour,
sur le plan fiscal, pour une SCI endettée surtout par votre compte courant, la valeur des parts reste en effet faible tant que l'immeuble est largement financé par cette dette, plus vous donnez tôt la nue-propriété, plus vous « figez » cette faible valeur comme base des droits de donation, ce qui est a priori favorable, d'autant que, comme pour tout démembrement, la reconstitution de la pleine propriété au décès se fera ensuite sans nouvelle taxation.
Attendre plusieurs années n'a d'intérêt que si vous pensez que la valeur nette de la SCI va rester stable ou baisser, ou si vous avez besoin de conserver toute votre liberté pour vendre-refinancer avant de vous engager dans un démembrement ; à l'inverse, si les biens se valorisent, que le compte courant est peu remboursé et que vous prenez de l'âge, le coût fiscal d'une donation tardive augmentera.
En synthèse plus vous attendez, plus le notaire devra justifier la valeur des parts (expertise, des loyers, du compte courant, de la situation financière de la SCI) pour éviter une contestation de l'administration : celle-ci regarde la valeur réelle des parts et pas uniquement l e capital et peut requalifier l'opération en abus de droit si la SCI est purement artificielle ou sans vraie vie sociale
Dans votre schéma, il est généralement plus cohérent, juridiquement et fiscalement, de prévoir le démembrement relativement tôt après la mise en place du montage, plutôt que d'attendre trop longtemps, sous réserve bien sûr que vous soyez à l'aise avec la transmission à votre fils dès à présent.
Bien à vous
il y a 3 semaines
Cher Maître,
Merci pour votre réponse éclairante. Votre recommandation de procéder « relativement tôt après la mise en place du montage » appelle, pour mon cas, une précision de calendrier.
Concrètement, la SCI vient d'être constituée. L'acquisition du premier bien immobilier (un studio) interviendra dans environ 2-3 mois et sera financée à 100 % par mon compte courant d'associé. Dans cette configuration, la valeur nette des parts sociales restera très faible, voire nulle, compte tenu du poids de la dette.
Ma question est donc la suivante : afin de sécuriser l'opération et de simplifier les démarches notariales, est-il préférable de procéder au démembrement des parts :
– dès à présent, alors que la SCI est encore dépourvue d'actif, ou
– immédiatement après cette première acquisition (dans 2 à 3 mois) ?
Mon raisonnement est que, l'actif étant intégralement financé par une dette en compte courant d'associé, la valeur nette des parts reste très proche dans les deux hypothèses. Mon objectif est d'optimiser le calendrier afin de sécuriser l'opération sur le plan fiscal, d'éviter une évaluation complexe des parts par le notaire et de limiter les démarches administratives, sans m'exposer inutilement à un risque de requalification pour abus de droit.
Un grand merci pour votre expertise sur ce point précis.
SHEN
il y a 3 semaines
Je trouve que le principe du montage est intéressant, à condition que vous disposiez vous-même des financements sur vos comptes bancaires- 80% de français n'a pas ce moyen.
Afin d'éviter tout risque de requalification pour abus de droit lié à une « coquille vide », je pense que vous pouvez augmenter le capital entre 20 000 € et 30 000 €, ce qui représente environ 5-10 % du budget global dans votre projet. Dans cette configuration, la SCI ne peut plus être considérée comme une coquille vide.
Ensuite, vous procéderez au démembrement au profit de vos enfants avant la première acquisition de biens.
Personnellement, je ne recommande pas de réaliser le démembrement après l'acquisition, car la SCI serait alors déjà fortement endettée en raison d'importantes avances en compte courant d'associé (CCA).
Le point le plus important est que la SCI vous rembourse les avances en compte courant en pleine propriété, avant toute distribution de bénéfices aux associés, et qu'elle vous verse des intérêts correctement fixés, par exemple, 2,5-3% par an aujourd'hui. Il convient également de rédiger et de valider avec rigueur les comptes annuels ainsi que les procès-verbaux correspondants.
Si la SCI est soumise à l'IR, il faut veiller à déposer correctement la déclaration n° 2072 auprès du SIE et à reporter les bénéfices correspondants dans la déclaration de revenus personnelle.
Si l'ensemble de ces obligations est respecté avec rigueur, je ne vois pas de fondement à un redressement fiscal. À défaut, il conviendrait encore d'en justifier précisément la raison.
Je laisse aux avocats le soin de confirmer et de justifier ces analyses.
il y a 2 semaines
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