Bonjour,
Votre situation est très lourde émotionnellement et juridiquement, mais il est important de vous répondre de façon claire et réaliste.
D'abord, vous n'êtes pas automatiquement en tort ni condamnée à perdre vos enfants. Les choses ne fonctionnent pas ainsi, même avec des plaintes antérieures.
Sur le plan pénal
Il y a effectivement des plaintes croisées et des faits de violences réciproques dans un contexte de conflit conjugal. La justice pénale regarde toujours le contexte, la proportion, la répétition et surtout l'impact sur les enfants.
Le fait que vous soyez suivie médicalement, que vous ayez été évaluée par des professionnels, que vous soyez stable aujourd'hui et que vous n'ayez jamais exercé de violences sur vos enfants est un élément majeur en votre faveur.
Votre plainte pour violences psychologiques et mise à la rue dans un contexte de vulnérabilité est légitime. Le fait de vous avoir contrainte à quitter le logement avec enfants à proximité, sans moyen de transport, est très sérieux. L'ITT et le passage à l'UMJ renforcent la crédibilité de votre parole.
Il est possible qu'il y ait à nouveau une convocation ou une enquête, mais cela ne signifie pas une condamnation automatique. Les plaintes répétées de votre conjoint peuvent aussi être perçues comme un contexte de pression et de contrôle.
Sur le plan des enfants et de la garde
C'est le point qui vous angoisse le plus, et c'est compréhensible.
Très clairement : on ne retire pas des enfants à une mère parce qu'elle a traversé une dépression post-partum, qu'elle est suivie psychiatriquement et qu'il existe des conflits conjugaux.
Le juge aux affaires familiales regarde l'intérêt des enfants, la qualité du lien, la stabilité, la capacité éducative au quotidien. Vous êtes enseignante, très présente, suivie médicalement, et il n'existe aucun fait de maltraitance envers les enfants. Cela pèse énormément.
Les menaces répétées de votre conjoint de "vous retirer les enfants" n'ont aucune valeur juridique en elles-mêmes. Ce n'est pas lui qui décide. Ces menaces peuvent même être analysées comme de la violence psychologique.
Même en cas de séparation, la garde exclusive est loin d'être automatique. Dans la majorité des situations comparables, on aboutit à une résidence alternée ou une résidence principale chez l'un avec droit de visite, pas à une éviction parentale.
Ce que vous devez absolument faire maintenant
Continuez votre suivi psychiatrique et conservez toutes les attestations.
Gardez toutes les preuves écrites, messages, mails, menaces, propos sur le fait de vous mettre dehors ou de vous enlever les enfants.
Ne minimisez plus vos propres souffrances ni les violences psychologiques subies.
Restez accompagnée par votre avocat et, si besoin, saisissez rapidement le juge aux affaires familiales pour sécuriser la situation des enfants et poser un cadre clair.
Point essentiel
Votre fragilité psychique ne vous disqualifie pas comme mère. Au contraire, le fait de vous soigner, de demander de l'aide et de vous protéger est vu positivement par les juges. La justice ne confond pas souffrance psychique et danger pour les enfants.
Vous traversez une situation de conflit conjugal très intense avec des mécanismes d'emprise et de peur. Vous n'êtes pas seule, et vous n'êtes pas condamnée d'avance. La suite dépendra beaucoup de la manière dont les faits seront présentés, documentés et encadrés juridiquement, et sur ce point vous êtes déjà en train de faire ce qu'il faut.
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il y a 2 jours
Merci maître pour votre réponse complète.
Dans la dernière plainte de monsieur à la montagne que je n'ai pas lu, il me dit avoir mentionné des violences physiques volontaires de type coups dans la dos. J'étais très agitée mais je nie toute violence volontaire.
Est ce que ces faits peuvent ils engendrer une convocation et garde à vue en urgence ?
J'ai très peur.
il y a 2 jours
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