Votre situation met en jeu des questions juridiques réelles et, à la lecture des éléments que vous exposez, elle appelle plusieurs observations importantes.
S'agissant d'abord de votre statut, en tant que citoyenne italienne, vous relevez du droit de l'Union européenne relatif à la libre circulation, et non du régime applicable aux ressortissants extra-communautaires. En principe, une administration ne peut donc pas vous appliquer les dispositions du CESEDA comme si vous étiez une ressortissante d'un pays tiers. Cela étant, pour l'ouverture et le maintien de certaines prestations sociales, les organismes comme la CAF sont en droit de vérifier que vous remplissez les conditions de résidence stable et effective en France, telles qu'interprétées à la lumière du droit de l'Union et de la jurisprudence.
La difficulté vient du fait que la notion de "résidence stable" est appréciée de manière concrète. Les éléments que vous mentionnez (scolarité continue, diplômes français, affiliation à la sécurité sociale, inscription sur les listes électorales) sont en pratique des indices très sérieux d'ancrage en France, mais la CAF peut considérer qu'ils ne suffisent pas, par exemple si elle estime que la présence effective, l'autonomie ou la situation administrative à certaines périodes ne sont pas établies de façon continue.
En revanche, si la CAF a effectivement raisonné comme pour une ressortissante extra-communautaire, ou a écarté vos justificatifs sans motivation réelle, cela peut constituer une erreur de droit et/ou une erreur d'appréciation, qui relèvent pleinement du contrôle du juge administratif. C'est typiquement un point qui pourra être tranché dans le cadre de votre recours au fond.
Concernant le rejet du référé-liberté, cela ne signifie pas que votre dossier est infondé. Le juge des référés statue dans l'urgence avec un standard de preuve élevé. L'indication selon laquelle le dossier "manque d'éléments de fond" signifie généralement que, à ce stade, il n'a pas estimé suffisamment caractérisée une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, ce qui est un seuil exigeant.
Sur la question de l'indu et de son recouvrement, le fait qu'il soit déjà engagé ne vous prive pas de recours. Votre action au fond permet toujours d'en contester le bien-fondé, et si vous obtenez gain de cause, l'indu sera annulé avec les conséquences financières correspondantes. En revanche, ce recours n'est pas suspensif.
Il existe néanmoins des leviers complémentaires. Vous pouvez solliciter auprès de la CAF un sursis à recouvrement ou, à défaut, un échelonnement, voire une remise gracieuse, indépendamment du contentieux. Sur le plan juridictionnel, une demande de suspension reste théoriquement possible, mais elle suppose d'apporter des éléments nouveaux ou de présenter le litige sous un angle différent de celui déjà examiné en référé.
Enfin, le fait que la médiation indique que le dossier est "bloqué" signifie en pratique que la CAF se retranche derrière la procédure contentieuse en cours et n'entend plus modifier sa position spontanément. Cela renforce l'importance du recours juridictionnel.
En résumé, la position de la CAF peut être juridiquement contestable si elle a méconnu votre statut de citoyenne européenne ou insuffisamment apprécié votre résidence, mais cela ne conduit pas à une illégalité automatique sans examen complet du dossier par le juge. Parallèlement, même en phase de recouvrement, des démarches restent possibles pour en atténuer les effets dans l'attente de la décision au fond.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
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