Votre analyse est pertinente et vous avez bien identifié les bons angles juridiques. Je vais vous répondre de manière directe et opérationnelle.
Sur la qualification de dol ou défaut d'information, c'est juridiquement possible mais difficile. Le point bloquant est effectivement la visibilité de l'installation. En VEFA, les juges considèrent souvent que l'acquéreur doit se renseigner sur l'environnement immédiat. Toutefois, il existe une nuance importante : si un élément visible ne permet pas d'en comprendre l'impact réel, notamment en termes de nuisances, alors le débat peut s'ouvrir. Le dol pourrait être envisagé uniquement si vous démontrez que le promoteur avait connaissance du caractère particulièrement bruyant de l'installation et a volontairement évité de vous en informer. À défaut, on sera plutôt sur un terrain d'information insuffisante, mais là encore, la preuve est exigeante.
Sur votre deuxième point, vous avez ici votre meilleur argument. Le fait que la nuisance ne soit perceptible qu'en fonctionnement est reconnu en jurisprudence comme pouvant limiter la capacité d'un acquéreur à apprécier la situation. C'est particulièrement vrai pour les nuisances sonores. Cela ne garantit pas le succès, mais c'est un argument sérieux pour soutenir que votre consentement n'a pas été donné en parfaite connaissance de cause.
Sur l'annulation amiable, soyons pragmatiques : elle est très peu probable sans rapport de force. Le promoteur n'a aucun intérêt à accepter, sauf si vous apportez un risque juridique crédible (mise en demeure argumentée, expertise, avocat). Sans cela, sa position actuelle a vocation à rester bloquée.
Sur le refus de prise de possession, je dois être très clair : c'est une stratégie risquée. Juridiquement, tant que le juge n'a pas prononcé la nullité ou la résolution, vous êtes tenu par le contrat. Un refus unilatéral peut être analysé comme une inexécution fautive, avec des conséquences potentiellement lourdes :
-pénalités de retard,
-résolution à vos torts,
-voire perte partielle des sommes déjà versées.
C'est donc une option à manier uniquement si elle s'inscrit dans une stratégie contentieuse encadrée.
En pratique, votre situation appelle une stratégie structurée :
La première étape est une mise en demeure formelle par avocat, exposant :
-le caractère non perceptible des nuisances lors de la visite,
-leur intensité réelle,
-et l'impact sur l'usage du bien.
Idéalement, cette démarche peut être renforcée par un constat (huissier/mesures acoustiques) pour objectiver les nuisances.
Ensuite, deux issues :
-soit une négociation s'ouvre (rare mais possible sous pression),
-soit vous engagez une action judiciaire pour vice du consentement.
Enfin, il faut dire un mot sur le notaire : ses propos sont juridiquement discutables. L'annulation n'est pas "impossible", elle est difficile et incertaine. Quant à la suggestion de PACS pour revendre, elle est clairement hors sujet par rapport à votre problématique.
En résumé, votre dossier n'est pas dénué de fondement, notamment sur la non-perception des nuisances, mais il reste techniquement fragile. L'annulation amiable sans pression est peu probable, et le refus de livraison isolé est risqué. La seule approche sécurisée est une démarche encadrée avec montée en pression juridique progressive.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
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