Bonjour @PC21
En l'absence d'assainissement collectif, chaque habitation doit disposer d'une installation d'assainissement non collectif conforme. Le contrôle relève du SPANC, dans le cadre des dispositions prévues notamment par l'article L. 2224-8 du Code général des collectivités territoriales, qui confie aux communes le contrôle des installations d'assainissement non collectif.
Par ailleurs, le déversement d'eaux usées ou de matières polluantes dans une mare, a fortiori située sur le fonds voisin, peut relever à la fois d'un trouble anormal de voisinage, d'une atteinte au droit de propriété et, selon les circonstances, d'une infraction environnementale. L'article 1240 du Code civil permet d'engager la responsabilité de celui qui cause un dommage par sa faute.
Votre difficulté est probatoire : il ne s'agit pas seulement de démontrer une pollution, mais de conserver la preuve de l'état actuel des lieux avant toute régularisation opportuniste. Vos vidéos et analyses COFRAC sont déjà des éléments importants, mais elles ne prouvent pas nécessairement, à elles seules, l'absence d'une installation d'assainissement sur la parcelle voisine.
Il convient donc de faire intervenir rapidement un commissaire de justice afin qu'il dresse un constat. Il pourra constater les traces de vidange, l'état de votre mare, les accès, les éventuelles odeurs, tuyaux, cuves, écoulements visibles, mouvements de terrain récents, absence apparente d'ouvrage identifiable, et annexer vos photographies ou captures utiles. Il ne pourra pas pénétrer chez vos voisins sans autorisation ou décision judiciaire, mais son constat donnera une force probante bien supérieure à de simples déclarations.
Faites dresser sans délai un constat de commissaire de justice, idéalement avant toute intervention du SPANC. Il faut documenter l'état actuel des lieux, les traces de pollution, les accès à la mare, les éventuelles cuves et tout indice matériel permettant d'établir le mode de rejet.
Adressez ensuite un courrier recommandé au SPANC, à la mairie et, selon la gravité, au préfet ou à l'OFB, en joignant les analyses et en signalant le risque de dissimulation avant contrôle. Demandez expressément que le contrôle porte aussi sur les travaux récents, les dates d'installation, les factures, la conformité technique et l'éventuelle absence antérieure d'assainissement.
Enfin, si la pollution se poursuit, vous pouvez envisager une action en référé devant le tribunal judiciaire afin d'obtenir une mesure d'interdiction, une expertise judiciaire ou toute mesure utile de conservation des preuves. Une expertise judiciaire peut être particulièrement adaptée, car elle permettra à un expert indépendant de rechercher l'origine des rejets et d'apprécier les préjudices subis.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
Cela permet de valoriser le travail juridique fourni et d'aider d'autres personnes confrontées à une difficulté similaire.
Selon ce qui vous sera utile et nécessaire, vous pouvez également prendre attache avec mon cabinet afin que nous puissions approfondir ce dossier ensemble.
Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
il y a 1 mois