Bonjour,
1/ Le droit applicable
Le fait d'être atteint de TDAH ou d'autisme, d'avoir des difficultés financières ou d'entretenir une relation sentimentale désapprouvée par sa famille ne suffit pas, à lui seul, à justifier une hospitalisation psychiatrique sans consentement.
Les soins psychiatriques sans consentement sont strictement encadrés. Selon la procédure utilisée, ils supposent notamment que des troubles mentaux médicalement constatés rendent les soins nécessaires et empêchent la personne d'y consentir, avec des conditions supplémentaires tenant notamment à la gravité de son état, au risque pour sa santé ou, dans certaines procédures, à la sûreté des personnes ou à l'ordre public.
De même, une curatelle ne peut pas être décidée simplement parce qu'une personne gère mal son argent ou fait des choix que sa famille désapprouve. Une altération médicalement constatée de ses facultés doit rendre nécessaire une assistance dans les actes de la vie civile. La décision appartient au juge, et non à la famille.
2/ Les solutions et démarches
Je lui conseille tout d'abord de ne pas attendre qu'une procédure soit engagée pour constituer des éléments objectifs sur sa situation.
Il peut prendre rendez-vous avec un psychiatre différent de celui qui aurait rédigé le courrier évoqué par sa famille, ou avec son médecin, afin que son état actuel soit évalué de manière indépendante. Il pourra demander un certificat médical décrivant objectivement son état, son autonomie et, si le médecin peut médicalement le constater, l'absence d'éléments justifiant des soins psychiatriques sans consentement.
Il doit également conserver les éléments démontrant son autonomie dans la vie quotidienne : contrat de travail et bulletins de salaire, justificatif de logement, paiement des charges, démarches administratives, suivi médical régulier et, plus généralement, tout document montrant qu'il est capable d'organiser sa vie et de prendre ses décisions.
Concernant ses difficultés financières, il serait utile qu'il commence à les traiter concrètement : établir la liste de ses crédits et dettes, reprendre contact avec les créanciers et, si nécessaire, se faire accompagner pour mettre en place un budget ou envisager un dossier de surendettement. Cela permettra aussi de montrer qu'il est conscient de ses difficultés et cherche à les résoudre.
Il doit par ailleurs conserver les SMS, courriels ou messages dans lesquels sa famille lui imposerait de quitter sa compagne, de déménager ou le menacerait d'une hospitalisation ou d'une curatelle s'il refuse. Ces éléments pourraient devenir importants si une véritable pression abusive devait être démontrée.
Si une demande de curatelle est déposée, il ne doit pas l'ignorer. Il pourra faire valoir devant le juge des contentieux de la protection son autonomie, son travail, son logement et sa capacité à gérer ses affaires. Il pourra être assisté d'un avocat et produire les documents médicaux et matériels utiles. La demande de la famille ne signifie absolument pas que la curatelle sera prononcée.
S'il devait être hospitalisé sans son consentement, il faudra demander immédiatement sur quel fondement juridique la mesure a été prise, obtenir les décisions et certificats médicaux correspondants et solliciter rapidement l'assistance d'un avocat. La mesure peut être contestée devant le juge compétent, qui contrôle sa légalité et son maintien.
Enfin, il est préférable de ne pas engager dès maintenant une procédure contre sa famille sur la seule base de leurs intentions. En revanche, s'il existe ultérieurement des fausses déclarations, pressions, menaces ou manœuvres concrètes et démontrables destinées à obtenir abusivement une hospitalisation ou une mesure de protection, il faudra conserver toutes les preuves et faire examiner par un avocat les recours civils ou, selon la gravité des faits, pénaux qui pourraient être exercés.
Votre bien dévoué,
Xavier DAUSSE
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