Les biens visés
Les biens visés par la protection du logement familial ne sont pas définis en fonction de leur statut juridique, mais en fonction de leur réalité concrète.
Autrement dit, il s'agit d'une notion de fait et non de droit : ce qui compte, ce n'est pas la qualité de propriétaire ou de locataire, ni le régime matrimonial, mais le fait que le bien constitue effectivement le lieu de vie habituel de la famille.
Ainsi, seul le logement dans lequel la famille réside de manière stable et principale bénéficie de cette protection.
En revanche, cette notion ne s'applique pas aux résidences secondaires, qui ne constituent pas le centre de la vie familiale.
Cette protection s'applique en outre aux logements de fonction, dès lors que la famille y réside de manière habituelle, sans en empêcher néanmoins les conséquences liées au contrat de travail (perte du logement en raison d'une mutation, changement de fonction, démission etc.).
Les principales conséquences en cas de vente du domicile conjugal sans accord des deux époux
Conformément à l'article 215 alinéa 3, celui des deux époux qui n'a pas donné son consentement à l'acte peut en demander l'annulation.
L'action en nullité lui est ouverte dans l'année à partir du jour où il a eu connaissance de l'acte, sans pouvoir jamais être intentée plus d'un an après que le régime matrimonial s'est dissous.
Par exemple, Monsieur vend la maison familiale (résidence principale du couple) sans prévenir ni obtenir le consentement de son épouse le 23 mai 2024.
Son épouse apprend la vente de la maison familiale le 23 juin 2024.
Madame a donc jusqu'au 23 juin 2025 pour demander la nullité de l'acte.