I. Souscription, bénéficiaires et étendue de la garantie
La police est le plus souvent souscrite par la société pour le compte de ses dirigeants, éventuellement au niveau de la société mère, le dirigeant étant simple bénéficiaire, même s'il peut lui-même souscrire et déduire les primes comme frais professionnels sous conditions.
Seules les personnes physiques peuvent être assurées, mais la notion de dirigeant est entendue largement (dirigeants de droit ou de fait, présents, passés ou futurs, et parfois certains cadres clés), avec la possibilité d'étendre la garantie aux héritiers ou au conjoint.
La garantie couvre les fautes personnelles professionnelles commises dans l'exercice des fonctions (manquements légaux, réglementaires ou statutaires, fautes de gestion, actions ut singuli), en prenant en charge dommages et intérêts et frais de défense.
Des extensions peuvent viser la faute de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif ou certaines amendes civiles prononcées par des autorités administratives, à condition que la faute ne soit pas intentionnelle et que le risque ne soit pas déjà né lors de la souscription.
II. Exclusions et traitement fiscal en 2026
Restent exclues de plein droit la responsabilité pénale du dirigeant et les pertes résultant d'une faute intentionnelle ou dolosive au sens de l'article L. 113-1 du Code des assurances, telle que précisée par la jurisprudence récente.
À ces exclusions légales s'ajoutent des exclusions contractuelles fréquentes (dommages corporels et matériels, actions de certains proches, salariés ou de l'administration fiscale), qui imposent une analyse attentive des clauses.
Sur le plan fiscal, les primes versées par la société constituent pour le dirigeant un avantage imposable, mais déductible en frais réels, tandis que les primes payées directement par le dirigeant sont déductibles comme frais professionnels lorsqu'elles couvrent ses agissements dans l'exercice normal de ses fonctions.
Pour la société, les primes sont en principe déductibles de son résultat imposable, sous réserve de leur correcte comptabilisation, alors que les indemnités versées au dirigeant au titre du contrat RCMS ne sont pas imposables entre ses mains.