Le travail et la vie personnelle des salariés se mélangent de plus en plus, surtout avec les réseaux sociaux et les messageries. Des propos tenus sur Facebook, WhatsApp ou par email peuvent être découverts par l'employeur et poser la question d'une sanction. Pendant longtemps, les juges parlaient surtout de vie personnelle et utilisaient la notion de trouble objectif dans l'entreprise pour admettre, parfois, un licenciement.
La jurisprudence distingue maintenant clairement la vie personnelle d'un côté, et la vie privée, plus précisément l'intimité de la vie privée, de l'autre. Ce choix n'est pas neutre. Un fait relevant de la vie personnelle peut encore, dans certains cas, justifier un licenciement, si un lien suffisant avec le contrat de travail ou le fonctionnement de l'entreprise est démontré.
En revanche, un fait qui touche à l'intimité de la vie privée bénéficie d'une protection maximale.
S'il sert de base au licenciement, la sanction est la nullité, avec toutes les conséquences qui en découlent, notamment l'écartement du barème d'indemnisation. La question essentielle devient donc de savoir où se situe la frontière entre vie personnelle, vie privée et intimité de la vie privée.
