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Fiche pratique rédigée par Maître Réouven LELLOUCHE
Maître LELLOUCHE

La mise en place du plan de développement des compétences

Travail / Formation / Par Maître LELLOUCHE, Avocat, Publié le 17/05/2026 à 20h40
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Le plan de développement des compétences constitue l'outil permettant aux employeurs d'organiser les formations offertes à leurs salariés, bien que le Code du travail ne fournisse pas de définition précise de ce dispositif. Depuis le 1er janvier 2019, l'ancienne appellation plan de formation a été remplacée par cette nouvelle dénomination, accompagnée d'une simplification notable de la catégorisation des actions de formation.

La loi du 5 septembre 2018 a redéfini le régime juridique applicable aux formations en instaurant une distinction centrale entre les formations obligatoires, qui conditionnent l'exercice d'une activité en application de textes légaux ou réglementaires, et les autres actions de formation dites non obligatoires.

Cette évolution législative a également intégré le plan de développement des compétences dans la consultation annuelle sur les orientations stratégiques de l'entreprise, afin de mieux coordonner la politique de formation avec la gestion prévisionnelle des emplois et des parcours professionnels. Si l'établissement formel d'un plan relève en principe du pouvoir discrétionnaire de l'employeur, certaines entreprises y sont néanmoins contraintes, notamment celles d'au moins 300 salariés soumises à l'obligation de négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

Par ailleurs, seules les entreprises de moins de 50 salariés peuvent désormais bénéficier d'un financement mutualisé pour leurs actions de formation.

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Relation employeur-salarié de droit privé (contrat de travail, exécution et rupture), salaires, sanctions, prud'hommes, discrimination, harcèlement.

Votre demande concerne une relation employeur-salarié et ses conséquences : contrat de travail (CDI, CDD, intérim, stage), exécution du contrat (salaires/primes, heures supplémentaires, congés payés, clauses de mobilité ou de non-concurrence) ou modification des conditions de travail.

Elle peut aussi porter sur la rupture (licenciement pour faute/économique/motif personnel, démission, rupture conventionnelle), des sanctions disciplinaires, la discrimination, le harcèlement moral ou sexuel, le règlement intérieur, les représentants du personnel/syndicats, l'intéressement/participation/épargne salariale, l'accident du travail, et éventuellement le pénal du travail (santé-sécurité, travail dissimulé, entrave, prêt illicite de main-d'oeuvre, etc.).

Séjour/nationalité : titre de séjour, visa, asile, OQTF, régularisation, renouvellement, naturalisation, autorisation de travail, rétention, expulsion.

Votre demande relève du droit des étrangers (séjour ou nationalité) : naturalisation, titre de séjour/carte de résident, visa, changement de statut, autorisation de travail, asile, regroupement familial.

Elle peut aussi concerner une mesure d'éloignement/contrôle (OQTF, reconduite à la frontière, interdiction de retour, interdiction du territoire, expulsion, zone d'attente, rétention) et les démarches/recours associés.

Pénal : victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) (plainte, audition, garde à vue, convocation, jugement, appel), avec enquête, tribunal, recours et éventuelle constitution de partie civile.

Vous êtes victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) dans une affaire pénale : plainte, convocation, audition, garde à vue, enquête ou instruction.

La procédure peut passer par une alternative (médiation, composition pénale), une CRPC ou une comparution immédiate, puis un jugement devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel ou la cour d'assises, avec constitution de partie civile possible et recours (appel, cassation). Le sujet peut aussi inclure les infractions routières/permis et l'exécution/aménagement de peine.

Litige avec une administration ou un établissement public et je conteste une décision (refus, retrait, sanction, autorisation, silence de l'administration).

Votre situation oppose une administration ou un établissement public et vous souhaitez contester une décision (refus, retrait, sanction, autorisation) ou l'absence de réponse de l'administration.

Le dossier relève d'un recours administratif et, le cas échéant, du tribunal administratif, notamment en marchés publics, responsabilité de l'administration, élections et collectivités, fonction publique, urbanisme, droit des étrangers.

Sécurité sociale / CPAM / CAF / MSA / URSSAF : litige sur des droits/prestations (AT-MP, refus, trop-perçu, taux), des cotisations ou un contrôle, recours.

Vous contestez une décision d'un organisme social ou un dossier de protection sociale (CPAM/CAF/MSA, URSSAF).

Le sujet peut concerner l'accident du travail/maladie professionnelle (AT/MP), la faute inexcusable de l'employeur, l'invalidité/handicap, les congés parentaux, la retraite, le chômage, les prestations, ou les cotisations et les contrôles sociaux.

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Particulier employeur

Choisissez cette réponse si l'employeur est une personne physique employant directement un salarié. Exemple : emploi à domicile, garde d'enfant, assistance de vie.

Administration publique

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Licenciement économique

Cela signifie que l'employeur justifie la rupture par la situation de l'entreprise ou une réorganisation. Exemple : votre poste est supprimé parce que l'activité baisse.

Licenciement pour motif personnel

Cela signifie que la rupture est liée à votre situation ou à votre comportement, sans être forcément présentée comme une faute disciplinaire. Exemple : l'employeur estime que vous n'êtes plus adapté au poste.

Licenciement pour faute

Cela signifie que l'employeur vous reproche un comportement ou un manquement qu'il estime suffisamment grave pour rompre le contrat. Exemple : absences non justifiées ou non-respect d'instructions importantes.

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Faute simple

Il s'agit d'un reproche sérieux, mais pas au point de rendre impossible votre maintien immédiat dans l'entreprise. Exemple : un manquement répété aux consignes.

Faute grave

Il s'agit d'un reproche que l'employeur considère comme très sérieux, au point de ne pas pouvoir vous garder dans l'entreprise pendant le préavis. Exemple : refus répété d'exécuter le travail ou incident grave.

Faute lourde

Il s'agit d'un reproche encore plus grave, avec l'idée que le salarié aurait voulu nuire à l'employeur. Exemple : destruction volontaire de matériel pour faire du tort à l'entreprise.

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I. Les fondements et obligations préalables au plan de développement des compétences

Avant d'envisager la mise en place d'un plan de développement des compétences, il paraît essentiel de bien appréhender les obligations légales qui s'imposent à l'employeur en matière de formation professionnelle. L'employeur demeure en effet tenu, indépendamment de l'existence d'un plan formalisé, d'assurer l'adaptation de ses salariés à leur poste de travail et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, compte tenu notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations.

La jurisprudence rappelle régulièrement l'importance de cette obligation, et le fait pour un salarié de ne pas avoir bénéficié, pendant toute la durée de son contrat de travail, de la moindre formation d'adaptation ou visant à maintenir son employabilité peut être considéré comme un manquement susceptible d'engager la responsabilité de l'employeur.

Il convient également de vérifier avec attention l'existence d'éventuelles règles conventionnelles applicables, qu'il s'agisse d'accords de branche, de groupe ou d'entreprise, car ces textes peuvent prévoir des obligations spécifiques en matière de formation ou définir des modalités plus favorables aux salariés.

La distinction entre formations obligatoires et formations non obligatoires revêt une importance particulière au regard de la durée du travail et de la rémunération. Les formations obligatoires constituent nécessairement du temps de travail effectif et donnent lieu au maintien de la rémunération, y compris de sa part variable le cas échéant.

À l'inverse, les autres actions de formation, bien qu'elles constituent en principe du temps de travail effectif, peuvent se dérouler en tout ou partie hors temps de travail, sous certaines limites fixées par accord collectif ou, à défaut, par la loi, et moyennant l'accord écrit du salarié.

L'employeur doit également identifier ses obligations en matière de santé et de sécurité au travail, car il est tenu de prendre les mesures nécessaires pour prévenir les risques professionnels, notamment par des actions d'information et de formation. Ces formations doivent impérativement être suivies pendant les heures de travail et ont vocation à figurer dans le plan de développement des compétences lorsqu'il en est établi un.

II. L'élaboration et la mise en place du plan de développement des compétences

Une fois les obligations préalables identifiées, l'employeur peut décider d'établir un plan de développement des compétences, démarche qui relève généralement de son pouvoir de direction, sauf pour les entreprises d'au moins 300 salariés soumises à l'obligation de négociation sur la GPEC.

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'employeur doit informer et consulter chaque année le CSE sur les orientations de la formation professionnelle, notamment dans le cadre de la consultation annuelle sur les orientations stratégiques et sur la politique sociale de l'entreprise. Il semble que deux consultations distinctes nécessitant deux avis du CSE s'imposent en matière de formation.

L'employeur doit mettre à la disposition du CSE, par l'intermédiaire de la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE), des informations détaillées sur le projet de plan, notamment sur la nature des formations proposées, le bilan des actions réalisées au cours des années précédentes, et les orientations envisagées.

À défaut d'accord définissant le contenu de la BDESE, des dispositions réglementaires prévoient une liste précise d'informations à communiquer, portant notamment sur les actions de formation, les bilans de compétences, les validations des acquis de l'expérience, avec une répartition par catégorie socioprofessionnelle et par sexe.

Concernant le financement, toutes les entreprises contribuent au titre de leur contribution unique à la formation professionnelle et à l'alternance, mais seules les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier d'une prise en charge par leur opérateur de compétences (OPCO) des actions inscrites dans leur plan.

Les entreprises de 50 salariés et plus doivent financer leur propre plan après avoir versé leur contribution, sans que cette obligation financière soit déterminée ou plafonnée, les fonds étant affectés librement par l'employeur. Il est recommandé de conserver dans le dossier individuel de chaque salarié des pièces justificatives de la réalité des actions de formation afin de pouvoir démontrer le respect de l'obligation de formation et de se prémunir contre d'éventuels contrôles.

Une approche structurée et documentée dans l'élaboration et la mise en place du plan permet ainsi de sécuriser la démarche et de valoriser l'investissement dans le développement des compétences.

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