Les conditions de validité et d'application de la clause
Selon une jurisprudence constante, la clause de non-concurrence n'est valable qu'à la condition d'être justifiée par les intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et dans l'espace, proportionnée à l'emploi occupé et assortie d'une contrepartie financière suffisante (Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 99-43.334).
L'appréciation de ces conditions s'effectue concrètement au regard des fonctions exercées par le salarié, de son niveau de responsabilité, de sa connaissance de la clientèle, des procédés de fabrication ou du savoir-faire de l'entreprise. La clause ne doit pas avoir pour effet d'empêcher le salarié d'exercer toute activité professionnelle conforme à sa qualification.
La contrepartie financière constitue une condition essentielle de validité. Son montant doit compenser de manière réelle la restriction apportée à la liberté professionnelle du salarié. Une contrepartie manifestement insuffisante peut être assimilée à une absence de contrepartie et conduire à l'annulation de la clause.
La clause prend effet à compter de la rupture effective de la relation de travail. Lorsque le salarié est dispensé d'exécuter son préavis, elle commence à courir dès son départ effectif de l'entreprise. Corrélativement, la contrepartie financière devient exigible à cette même date et ne peut être reportée à l'issue de la période de non-concurrence.
La renonciation à la clause et les conséquences de sa violation
L'employeur ne peut se délier librement de la clause de non-concurrence. Une renonciation unilatérale n'est possible que si cette faculté est expressément prévue par le contrat de travail ou par la convention collective applicable. À défaut, l'accord du salarié demeure nécessaire.
Lorsque la renonciation est autorisée, elle doit intervenir dans les formes et délais prévus par les stipulations contractuelles ou conventionnelles. La jurisprudence exige également qu'elle soit claire, non équivoque et portée individuellement à la connaissance du salarié.
En cas de dispense de préavis, la renonciation doit intervenir au plus tard à la date du départ effectif du salarié. Passé ce délai, l'employeur demeure tenu au versement de la contrepartie financière, même s'il ne souhaite plus se prévaloir de l'obligation de non-concurrence.
La violation de la clause par le salarié entraîne, en principe, la perte de son droit à la contrepartie financière et peut justifier l'allocation de dommages et intérêts à l'ancien employeur en réparation du préjudice subi. Celui-ci peut également solliciter en justice la cessation de l'activité concurrente exercée en violation des engagements contractuels.
Enfin, le nouvel employeur qui embauche un salarié soumis à une clause de non-concurrence peut voir sa responsabilité engagée lorsqu'il avait connaissance de cette clause ou lorsqu'il ne pouvait raisonnablement en ignorer l'existence. Dans cette hypothèse, il s'expose à une action en concurrence déloyale et à la réparation du préjudice causé à l'ancien employeur.