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Force est de constater dans le contexte actuel que certains salariés
occupent des postes plus exposés que d'autres à des attentats
terroristes.
Ainsi en est-il notamment des fonctions de vigiles, agents de
sécurité, personnel aérien, guides touristiques etc... Cette exposition
peut évidemment être source d'angoisse et de fragilité psychologique.
L'employeur, de façon générale, est tenu de prendre les " mesures
nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et
mentale des travailleurs " au titre de l'article L. 4121-1 du Code du
travail ne peuvent ignorer les obligations qui pèsent sur elles en la
matière.
La question de l'étendue de cette obligation se pose, fatalement.
Votre demande concerne une relation employeur-salarié et ses conséquences : contrat de travail (CDI, CDD, intérim, stage), exécution du contrat (salaires/primes, heures supplémentaires, congés payés, clauses de mobilité ou de non-concurrence) ou modification des conditions de travail.
Elle peut aussi porter sur la rupture (licenciement pour faute/économique/motif personnel, démission, rupture conventionnelle), des sanctions disciplinaires, la discrimination, le harcèlement moral ou sexuel, le règlement intérieur, les représentants du personnel/syndicats, l'intéressement/participation/épargne salariale, l'accident du travail, et éventuellement le pénal du travail (santé-sécurité, travail dissimulé, entrave, prêt illicite de main-d'oeuvre, etc.).
Votre demande relève du droit des étrangers (séjour ou nationalité) : naturalisation, titre de séjour/carte de résident, visa, changement de statut, autorisation de travail, asile, regroupement familial.
Elle peut aussi concerner une mesure d'éloignement/contrôle (OQTF, reconduite à la frontière, interdiction de retour, interdiction du territoire, expulsion, zone d'attente, rétention) et les démarches/recours associés.
Vous êtes victime, suspect(e)/mis(e) en cause ou condamné(e) dans une affaire pénale : plainte, convocation, audition, garde à vue, enquête ou instruction.
La procédure peut passer par une alternative (médiation, composition pénale), une CRPC ou une comparution immédiate, puis un jugement devant le tribunal de police, le tribunal correctionnel ou la cour d'assises, avec constitution de partie civile possible et recours (appel, cassation). Le sujet peut aussi inclure les infractions routières/permis et l'exécution/aménagement de peine.
Votre situation oppose une administration ou un établissement public et vous souhaitez contester une décision (refus, retrait, sanction, autorisation) ou l'absence de réponse de l'administration.
Le dossier relève d'un recours administratif et, le cas échéant, du tribunal administratif, notamment en marchés publics, responsabilité de l'administration, élections et collectivités, fonction publique, urbanisme, droit des étrangers.
Vous contestez une décision d'un organisme social ou un dossier de protection sociale (CPAM/CAF/MSA, URSSAF).
Le sujet peut concerner l'accident du travail/maladie professionnelle (AT/MP), la faute inexcusable de l'employeur, l'invalidité/handicap, les congés parentaux, la retraite, le chômage, les prestations, ou les cotisations et les contrôles sociaux.
Vous êtes un professionnel et le litige vous oppose à un autre professionnel : contrats commerciaux, impayés/recouvrement, distribution, location-gérance ou concurrence.
La demande peut porter sur l'exécution ou la rupture d'un contrat, la responsabilité entre entreprises, la négociation précontentieuse ou une procédure.
Votre entreprise traverse des difficultés financières ou une procédure collective, ou vous devez gérer une étape de prévention/traitement (conciliation, mandat ad hoc, sauvegarde, cessation des paiements, redressement, liquidation).
Le sujet inclut aussi les conséquences pratiques : déclaration de créances, reprise d'une société en difficulté, et responsabilité du dirigeant.
Votre demande concerne la création, la structuration ou la vie d'une société, ou un litige lié à son fonctionnement : création d'entreprise, pacte d'actionnaires, gouvernance (AG, statuts, PV, comptes) et exercice des droits de l'actionnaire.
Elle peut aussi porter sur une levée de fonds/investisseurs, des restructurations (fusion, scission, transformation, acquisition), la cession de titres (et garanties type garantie de passif), la dissolution, des litiges avec des tiers, ou des conflits internes (abus de majorité/minorité, fautes de gestion, conventions réglementées, infractions).
Vous avez été blessé(e) à la suite d'un accident ou d'une agression et vous demandez l'indemnisation de vos préjudices.
Le dossier peut concerner un accident de la route (conducteur, passager, cycliste, piéton), un accident du travail, un accident médical (hôpital public ou clinique/médecin), un accident de la vie (domestique, scolaire, sport, loisir) ou une agression, en tant que victime.
Vous souhaitez modifier ou rectifier une mention d'état civil (prénom, nom, ou autre mention d'un acte), pour vous-même ou pour un proche (mineur ou majeur protégé).
La demande peut viser l'ajout/modification/suppression de prénom, le changement de nom ou une rectification, pour des motifs comme l'usage, la francisation, la consonance, un nom/prénom jugé ridicule, le changement de sexe, la sauvegarde d'un nom ou l'harmonisation familiale (fratrie).
Vous êtes en désaccord avec un assureur au sujet d'un contrat ou d'un sinistre : refus de garantie, montant d'indemnisation, expertise, résiliation ou contestation des conditions de prise en charge.
Cela peut viser une assurance habitation, automobile/véhicule, dommages-ouvrage, responsabilité civile (particulière ou professionnelle), garantie décennale, assurance de prêt (décès/invalidité), ou encore une problématique de fausse déclaration ou de réparation d'un préjudice corporel.
Vous êtes un particulier en litige avec un professionnel (achat, travaux, remboursement, garantie, rétractation).
Le dossier peut notamment concerner la vente à distance (internet/catalogue), le démarchage à domicile, un abonnement téléphonique/internet, un crédit à la consommation, un voyage, une assurance, un vice caché/tromperie, un abus de faiblesse, la publicité/promotions, des pratiques commerciales déloyales, ou une question de fraude/réglementation des produits et de contrôle DGCCRF.
Votre demande concerne une procédure de divorce : divorce par consentement mutuel (divorce à l'amiable) ou divorce contentieux (divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal ou séparation de corps...).
Votre demande concerne le permis de conduire ou une infraction routière, avec un enjeu de contestation ou de maintien du droit de conduire.
Elle peut viser un retrait de points (PV non reçu, contestation), une suspension/annulation/invalidation, et des infractions ou des délits (alcool ou stupéfiants, téléphone, excès de vitesse, feu rouge/stop, ligne blanche, sens interdit, stationnement dangereux, ceinture, refus d'obtempérer ou de souffler, délit de fuite), et, le cas échéant, un accident avec dommages corporels (blessures/homicide involontaires).
Vous rencontrez un différend avec une banque ou un organisme de crédit : prêt, frais, caution, incidents de paiement, ou contestation d'opérations.
Le dossier peut porter sur l'exécution du contrat, le calcul des sommes dues, des frais contestés, ou les conséquences d'un incident bancaire.
Vous avez plusieurs dettes et vous n'arrivez plus à faire face à vos remboursements : dépôt ou contestation d'un dossier de surendettement (Banque de France).
Le dossier peut viser une solution (plan conventionnel de redressement, mesures imposées, rétablissement personnel), la contestation d'un refus, et la gestion de crédits (notamment crédits à la consommation) ou de situations aggravantes comme un abus de faiblesse.
Votre demande concerne l'achat ou la vente d'un bien, son financement ou son occupation, ou un litige lié au logement/terrain.
Elle peut viser un agent immobilier, un prêt immobilier, un vice caché, le syndic/copropriété et des résolutions d'assemblée, des baux (dont bail commercial), des loyers impayés/une expulsion, un conflit de voisinage/empiètement, la construction/VEFA, une SCI, un viager, une expropriation, ou un permis de construire.
Votre demande concerne les soins, la responsabilité et la réglementation en matière de santé : responsabilité médicale ou hospitalière (erreur médicale, préjudice corporel) et droits du patient (information, secret médical).
Elle peut aussi viser l'organisation de l'exercice (structure/contrat d'exercice, gestion/cession de cabinet), la pharmacie et les officines (responsabilité, création/transfert/regroupement, gestion), et les produits de santé (médicaments, dispositifs médicaux, produits frontières, cosmétiques, sécurité sanitaire des aliments).
Votre demande concerne la vie familiale ou la protection des personnes : PACS/concubinage (annulation, mariage blanc/gris, dissolution), régimes matrimoniaux.
Elle peut aussi porter sur les enfants (garde, autorité parentale, pension, assistance éducative), la tutelle/curatelle.
Vous souhaitez optimiser, sécuriser ou régulariser votre situation fiscale, et/ou contester un impôt ou un contrôle/redressement (réclamation, recouvrement, pénalités).
Le sujet peut porter sur l'IR, les impôts locaux, ISF/IFI, IS, TVA, droits d'enregistrement/douane, plus-values, prix de transfert, domiciliation/double imposition, fiscalité d'entreprise (création, restructuration, transmission), patrimoine (démembrement, immobilier) et succession/donation, avec éventuellement un risque de fraude fiscale.
Vous êtes concerné(e) par un litige lié à un bail commercial (location d'un local professionnel) : rédaction/conditions du bail, changement d'affectation, déspécialisation, renouvellement, révision, résiliation, cession ou sous-location.
Le différend peut aussi porter sur des loyers impayés, l'indemnité d'éviction (et le droit de repentir), ainsi que les réparations et les travaux.
Votre demande porte sur la préparation ou le règlement d'une succession (donation, testament, héritage, assurance-vie) ou sur un conflit entre héritiers.
Elle peut concerner l'indivision, un partage amiable ou judiciaire, un détournement d'héritage ou un recel successoral.
Votre demande vise l'établissement ou la contestation d'un lien de parenté : adoption, reconnaissance, recherche ou contestation de paternité/maternité (présomption de paternité, possession d'état).
Elle peut aussi concerner une délégation d'autorité parentale (volontaire ou forcée) ou une action aux fins de subsides.
Vous créez, gérez ou contestez le fonctionnement d'une association, d'une fondation ou d'un fonds de dotation (statuts, dirigeants, assemblée générale, agrément, reconnaissance d'utilité publique, subventions).
Le sujet peut aussi concerner l'activité de la structure (mécénat/parrainage, legs/donations) et ses responsabilités (contrats de travail, responsabilité des dirigeants, dissolution).
Votre demande porte sur un projet ou un litige lié au numérique et à Internet : création/cession de site, contrats informatiques/SaaS, e-commerce, responsabilité en ligne, bases de données et données personnelles, intermédiaires techniques.
Elle peut aussi viser la cybersécurité/sécurité des SI, la diffusion de contenus, une application mobile, les télécommunications ou un nom de domaine.
Vous souhaitez protéger, exploiter ou défendre une création ou un signe distinctif : droits d'auteur, marque, brevet, dessin et modèle, logiciel ou nom de domaine.
Le dossier peut aussi porter sur une contrefaçon, une concurrence déloyale ou une revendication de propriété (y compris invention de salariés), ainsi que des démarches douanières, des contrats (cession/licence) ou un arbitrage.
Votre demande concerne un litige lié au transport de voyageurs ou de marchandises : retard/annulation d'un voyage, bagages, ou questions de responsabilité et d'indemnisation.
Elle peut aussi porter sur l'affrètement ou la commission de transport, la perte/avarie/vol de marchandises, l'assurance transport (dont assurances maritimes), la plaisance et, le cas échéant, la saisie de navires.
Votre situation nécessite l'application du droit de l'Union européenne, souvent dans un contexte transfrontalier (libre circulation, concurrence, règles européennes applicables, contentieux européens).
Selon le cas, des questions liées à la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme) peuvent également se poser.
Votre demande concerne une règle d'urbanisme ou une autorisation, ou un projet de construction/aménagement : SCOT, PLU, carte communale, ZAC.
Elle peut viser un permis de construire/d'aménager/de démolir, une déclaration de travaux, le droit de préemption, l'expropriation, une construction illégale, les règles littoral et environnement, l'urbanisme commercial et les recours (dont CNAC).
Votre situation comporte un élément d'extranéité (un ou plusieurs pays) et soulève une question de droit international privé : compétence des tribunaux, loi applicable, ou exécution en France d'une décision étrangère (exequatur).
Le dossier peut concerner par exemple un divorce, une adoption, une pension/prestation compensatoire, des dommages-intérêts, une dette, des contrats internationaux, des questions de droits de l'homme ou des sanctions internationales.
Votre demande concerne une activité sportive encadrée et ses règles : structure sportive (club/fédération), contrat de travail ou convention de formation, agent sportif, transfert de joueurs.
Elle peut aussi porter sur le parrainage/sponsoring, le droit à l'image, l'organisation d'événements, la billetterie, les paris sportifs ou le dopage.
Votre demande concerne le foncier ou l'activité agricole : bail rural (congés), achat/vente de terres, droit de préemption (SAFER), contrôle des structures, aménagement foncier agricole.
Elle peut aussi porter sur des sociétés agricoles, la transmission d'exploitation, l'expropriation, ou des questions d'urbanisme en zone rurale.
Votre demande porte sur une atteinte à l'environnement ou un risque environnemental : installations classées, déchets, eau, énergies renouvelables, sites et sols pollués, carrières et mines.
Le dossier peut aussi inclure la gestion de risques/accidents (risques naturels ou technologiques, accidents industriels) et les responsabilités associées.
Choisissez cette réponse si l'employeur est une personne physique employant directement un salarié. Exemple : emploi à domicile, garde d'enfant, assistance de vie.
Attention : si vous avez le statut de fonctionnaire, merci d'utiliser le formulaire "droit administratif".
Cela signifie que l'employeur justifie la rupture par la situation de l'entreprise ou une réorganisation. Exemple : votre poste est supprimé parce que l'activité baisse.
Cela signifie que la rupture est liée à votre situation ou à votre comportement, sans être forcément présentée comme une faute disciplinaire. Exemple : l'employeur estime que vous n'êtes plus adapté au poste.
Cela signifie que l'employeur vous reproche un comportement ou un manquement qu'il estime suffisamment grave pour rompre le contrat. Exemple : absences non justifiées ou non-respect d'instructions importantes.
Il s'agit d'un reproche sérieux, mais pas au point de rendre impossible votre maintien immédiat dans l'entreprise. Exemple : un manquement répété aux consignes.
Il s'agit d'un reproche que l'employeur considère comme très sérieux, au point de ne pas pouvoir vous garder dans l'entreprise pendant le préavis. Exemple : refus répété d'exécuter le travail ou incident grave.
Il s'agit d'un reproche encore plus grave, avec l'idée que le salarié aurait voulu nuire à l'employeur. Exemple : destruction volontaire de matériel pour faire du tort à l'entreprise.
Les faits étaient les suivants : Un chef de cabine première classe
sur vol long-courrier de la compagnie Air France était en escale à New
York le 11 septembre 2001. De sa chambre d'hôtel à Manhattan, il était
malheureusement témoin de l'attentat contre le World Trade center.
Il revenait par un vol peu de temps après , avec le reste de
l'équipage, en apparente bonne condition, signalant le cas d'une hôtesse
en détresse psychologique aux personnels soignants venus les accueillirà l'aéroport, puis rentrant chez lui sans demander l'aide despsychologues. Bien que les visites médicales passées chaque année
permettent de le déclarer apte, différents signes tendaient à montrer
une fragilisation psychique : un épisode dépressif traversé en 2002, un
échec à des tests professionnels pour une promotion, et finalement une
crise de panique avant de monter dans un avion en 2006 et enfin,
l'impossibilité de remonter dans un avion.
Il était ainsi déclaré inapte à toute fonction de naviguant.
Il a finalement été licencié en 2011 pour refus de venir se présenter
à une visite médicale prévue pour qu'il soit statué sur son aptitude àexercer un poste au sol
Contestant son licenciement devant la juridiction prud'homale, le
salarié réclamait en outre des dommages et intérêts pour le manquement à
l'obligation de sécurité de résultat qui pèse sur l'entreprise au titrede la prise en charge de la santé mentale des travailleurs.Le chef de cabine imputait en effet sa panique à un stress
post-traumatique qui s'est développé suite aux attentats du 11 septembre
2001.Plus précisément, la Cour a estimé que l'entreprise avait bien pris
des mesures à la suite de ces événements, par la mise en place d'un
suivi psychologique et une évaluation de l'aptitude individuelle de
chaque salarié. Mais, au nom de la liberté reconnue aux salariés, il
était exclu de leur imposer un suivi.
la haute juridiction a relevé d'une part que l'employeur avait, au
retour de New-York le 11 septembre 2001, fait accueillir le salarié,
comme tout l'équipage, par l'ensemble du personnel médical mobilisé pour
assurer une présence jour et nuit et orienter éventuellement lesintéressés vers des consultations psychiatriques. D'autre part, le
salarié, déclaré apte lors de quatre visites médicales intervenues entre
2002 et 2005, avait exercé sans difficulté ses fonctions jusqu'au moisd'avril 2006.
Enfin, les éléments médicaux produits, datés de 2008, étaient
dépourvus de lien avec les événements dont il avait été témoin. Pour la
Cour de cassation, la cour d'appel a pu déduire de ces constatations
l'absence de manquement de l'employeur à son obligation de sécurité de
résultat.
Dès lors, le salarié ne pouvait pas reprocher à l'employeur d'avoir manqué à son obligation de sécurité résultat, d'autant plus qu'à la suite des évènements, il a exercé ses fonctions sans difficultés pendant plusieurs années.
Pour autant, dans cet arrêt, la Cour ne se contente pas uniquement de
rejeter le pourvoi, mais elle formule un attendu de principe assezinsolite. L'employeur qui " justifie avoir pris toutes les mesures
de sécurité prévues par les articles L. 4121-1 et 4121-2 du Code du
travail " ne méconnaît pas l'obligation légale de prendre les mesures
nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et
mentale des salariés ".
Cette formule peut être vue comme une atténuation de sa jurisprudence
antérieure, qui considérait que l'absence de faute de l'entreprise nepouvait être un moyen d'exonération suffisant.
La Cour de cassation tendait par exemple à retenir que le non-respect
par des salariés de l'interdiction de fumer dans les locaux de travailcaractérisait un manquement à l'obligation de sécurité de résultat à
l'égard des autres salariés, justifiant ainsi une prise d'acte de
rupture (Soc. 29 juin 2005, Dr. soc. 2005. 971, note P.-Y. Verkindt ; D. 2005.
2565, note A. Bugada). Plus significatif encore, le cas des violencesou harcèlements exercés par un salarié à l'égard d'un autre : le
manquement à l'obligation de sécurité se trouve caractérisé alors même
que l'employeur aurait pris les mesures en vue de faire cesser les
agissements et qu'il n'aurait commis aucune faute (voir notamment Soc.
19 octobre 2011, RDT2012. 44, note M. Véricel : " Attendu
que l'employeur est tenu envers ses salariés d'une obligation de
sécurité de résultat en matière de protection de la santé et de la
sécurité des travailleurs, notamment en matière de harcèlement moral, et
que l'absence de faute de sa part ne peut l'exonérer de sa
responsabilité ; qu'il doit répondre des agissements des personnes qui
exercent, de fait ou de droit, une autorité sur les salariés ").
L'employeur pourrait désormais s'exonérer en justifiant du respect
des règles de prévention, ce qui devrait lui imposer de montrer qu'il a
pris les mesures appropriées au regard des risques encourus.
Au final, il est tentant d'affirmer que c'est davantage une
obligation de moyen qui se manifeste dans cet arrêt " Air France ". Il
est en effet relevé, pour écarter la responsabilité de l'employeur, que
celui-ci a pris les mesures utiles suite aux attentats du 11 septembre
2001 pour éviter tout risque sur la santé mentale des salariés
concernés.
Comment parler d'une obligation de résultat en matière de sécurité,
alors qu'on s'intéresse au comportement d'une partie au contrat et qu'on
cherche manifestement à savoir s'il y a eu, ou non, faute de sa part ?Certains commentateurs évoquent un tournant majeur dans l'approche de
l'obligation de sécurité et se posent la question de savoir si on peutcontinuer à parler d'obligation de résultat ou faut-il désormais la
rebaptiser en " obligation de moyens renforcée " (F. Champeaux, Semaine
sociale Lamy, n°1700, 30 novembre 2015)? Ou s'agit-il tout simplement
d'une " obligation d'action " (P-Y Verkindt, Jurisprudence sociale Lamy,
n° 239, 1er septembre 2008).Et de façon plus pratique, la question se pose de savoir s'il est
opportun de donner aujourd'hui, dans le contexte post attentats actuel,
un signe d'affaiblissement des obligations liées à la prévention.
Cette question trouve notamment sa pertinence au regard du coût
considérable pour la société d'un traitement insuffisant de ces
traumatismes psychiques, comme le montre le cas de ce salarié désormais
incapable de travailler faute d'avoir été pris en charge de façon
satisfaisante à la suite d'un fort traumatisme.
Soc. 25 nov. 2015, n° 14-24.444
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