Bonjour @Jessi13
En principe, la pension d'invalidité indemnise une réduction durable de la capacité de travail, tandis que les indemnités journalières indemnisent une incapacité temporaire de travail. Les deux dispositifs n'ont donc pas exactement le même objet, mais leur cumul n'est pas automatique.
Le texte central est l'article L. 341-1 du Code de la sécurité sociale, qui vise l'état d'invalidité réduisant la capacité de travail ou de gain. Pour les indemnités journalières maladie, il faut également se référer aux articles L. 321-1 et L. 323-1 du Code de la sécurité sociale, qui encadrent le droit aux prestations en espèces en cas d'arrêt de travail.
Le point essentiel est le suivant : si l'arrêt maladie correspond exactement à l'état déjà indemnisé par la pension d'invalidité, la CPAM peut considérer qu'il n'y a pas lieu de verser des IJSS en plus, afin d'éviter une double indemnisation du même état.
En revanche, si vous avez repris une activité pendant plusieurs années, que votre état était stabilisé, et qu'un évènement nouveau au travail a provoqué une aggravation, une décompensation ou un trouble anxio-dépressif réactionnel distinct dans son contexte, la discussion est différente. Il ne s'agit alors pas nécessairement de « se faire indemniser deux fois pour la même dépression », mais de faire reconnaître une incapacité temporaire nouvelle, liée à un fait professionnel récent.
Si l'accident du travail est reconnu, le régime n'est pas le même. Les indemnités journalières AT/MP relèvent notamment de l'article L. 433-1 du Code de la sécurité sociale et obéissent à une logique professionnelle. La CPAM devra alors apprécier si l'altercation avec l'employeur constitue un fait accidentel ayant provoqué une lésion psychique médicalement constatée.
3 Conseils applicables
Demandez par écrit à la CPAM de vous confirmer le fondement exact des IJSS actuellement versées : maladie simple, versement provisoire dans l'attente de l'instruction AT, ou autre qualification. Cela permettra d'anticiper le risque d'indu.
Faites établir par votre psychiatre ou médecin traitant un certificat précis, distinguant l'invalidité ancienne, stabilisée depuis plusieurs années, de l'épisode actuel : date de l'altercation, apparition ou aggravation des symptômes, reprise du suivi, traitement, arrêt de travail et lien temporel avec le travail.
Enfin, si la CPAM notifie un refus, une récupération d'indu ou un rejet de l'accident du travail, il faudra contester dans les délais devant la commission de recours amiable, puis éventuellement devant le pôle social du tribunal judiciaire. Dans ce type de dossier, la précision médicale et chronologique est déterminante.
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Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
il y a 9 heures
Merci maître pour votre réponse.
J ai contacté la cpam qui m indique que aucune alerte sur mon dossier, le technicien qui a traité mon arrêt n'a pas sollicité le médecin conseil. Je touche donc depuis 2 mois des ijss provisoires en attendant reconnaissance ou non de mon AT. Sur le certificat initial At il est bien indiqué « troubles anxio dépressif suite à altercation sur son lieu de travail » mon employeur a émis des réserves en confirmant un entretien informel soudain suite à mes reproches lors d un envoi de message instantané de ma part et que l entretien était respectueux. Ce que je conteste merci encore pour votre réponse et réactivité
Bien à vous
il y a 9 heures
Bonjour,
Votre situation est bien analysée et vous avez déjà fait les bonnes démarches.
Je vais être très clair pour sécuriser votre situation.
Aujourd'hui, vous êtes dans un cas classique mais sensible où la CPAM verse des indemnités journalières à titre provisoire dans l'attente de la décision sur l'accident du travail.
Le point central est le suivant.
Vous pouvez cumuler une pension d'invalidité et des IJSS uniquement si l'arrêt correspond à un événement distinct ou à une aggravation réelle, et non à la simple continuité de l'état déjà indemnisé.
Dans votre cas, vous avez un argument solide.
Vous avez travaillé pendant plusieurs années, sans suivi actif, avec un état stabilisé. Puis un événement précis au travail a déclenché une décompensation avec reprise des soins.
Cela correspond juridiquement à une aggravation ou un épisode nouveau, même si la pathologie de fond est similaire.
C'est exactement ce qui permet de justifier des IJSS.
Maintenant, sur le risque d'indu, il existe effectivement.
Si la CPAM considère finalement que :
soit l'accident du travail n'est pas reconnu
soit l'arrêt correspond en réalité à votre état invalidant antérieur
alors elle peut remettre en cause les IJSS versées.
Mais attention, ce n'est pas automatique.
Tout dépendra de l'analyse du médecin conseil.
Votre situation actuelle est plutôt favorable pour trois raisons.
Il existe un fait déclencheur précis
Vous avez repris un suivi médical et un traitement
Vous avez une reprise de symptômes objectivée
Concernant l'accident du travail, les règles sont différentes.
Si l'AT est reconnu, vous basculez dans un régime plus protecteur. Les IJSS sont dues au titre professionnel, même si la pathologie est psychique, à condition que le lien avec le travail soit reconnu.
Les réserves de l'employeur ne suffisent pas à faire échec à la reconnaissance. La CPAM va apprécier la réalité du choc psychologique.
Votre certificat médical est bien rédigé, ce qui est un point très positif.
Maintenant, la stratégie à adopter.
Vous devez absolument sécuriser le dossier médical.
Demandez à votre psychiatre un certificat très précis qui distingue clairement votre invalidité ancienne, stabilisée, de l'épisode actuel déclenché par l'altercation.
Il faut une chronologie claire.
Avant : état stabilisé, activité professionnelle
Événement : altercation
Après : décompensation, arrêt, reprise du suivi
C'est cela qui évite un indu.
Ensuite, conservez tous les éléments liés au contexte professionnel.
Si la CPAM refuse l'AT ou réclame un indu, vous aurez des bases solides pour contester devant la commission de recours amiable, puis si nécessaire devant le Pôle social du tribunal judiciaire.
En résumé, vous êtes dans une situation défendable. Le risque d'indu existe mais il est loin d'être certain si votre dossier médical est bien structuré.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.
il y a 9 heures
Merci maître
Pour le certificat du psychiatre je le joins immédiatement ou je le garde en cas de refus ? Car je ne veux pas anticiper et alerter si pas de réclamation ou refus pour le moment .. vous en pensez quoi stratégiquement ?
Merci par avance
il y a 9 heures
Votre réflexion est très pertinente, et vous avez raison d'adopter une approche stratégique.
Dans votre situation, il ne faut ni sur-réagir ni rester passive. Il faut être préparée sans se dévoiler inutilement.
Concrètement, je vous recommande de faire établir le certificat maintenant, mais de ne pas le transmettre immédiatement à la CPAM.
Pourquoi ?
Tant que votre dossier est en cours et que la CPAM ne remet rien en cause, vous n'avez aucun intérêt à "réveiller" un contrôle ou à attirer l'attention du médecin conseil.
En revanche, il est essentiel d'avoir ce document prêt.
Le bon timing est le suivant.
Vous gardez ce certificat en réserve.
Vous l'utilisez uniquement si :
la CPAM conteste votre arrêt
ou refuse l'accident du travail
ou évoque un indu
À ce moment-là, vous serez en position de répondre immédiatement avec un dossier solide, ce qui est un avantage décisif.
Autre point important.
Demandez à votre psychiatre un certificat daté, précis et circonstancié, mais sans qu'il soit rédigé "en réaction" à une contestation. Il doit apparaître comme un constat médical objectif, pas comme un document de défense.
En parallèle, continuez à conserver toutes les preuves du contexte professionnel.
Votre stratégie actuelle est donc la bonne.
Vous laissez la procédure suivre son cours, sans alerter inutilement, mais vous préparez activement votre défense en cas de difficulté.
C'est exactement ce qu'il faut faire dans ce type de dossier.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.
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