Bonjour Maitre Yann QUILLEVERE,
Merci infiniment de m'avoir répondu et de m'apporter un éclaircissement sur mon affaire.
La CAF a bien eu connaissance de la décision de justice de la cour d'appel (document fourni à leur demande pour l'étude du dossier).
Voici ce qu'elle dit sur son document, je cite : "Par ailleurs, nous vous informons que nous ne pouvons pas modifier les montants des indemnités de votre conjointe suite au jugement rendu en MARS 2025. Les sommes perçues par Madame sont bien à prendre en compte pour le calcul de la prime d'activité."
Voici le détail des condamnations sur le jugement de la cour d'appel :
- une indemnité de requalification du contrat de travail CDD vers CDI ;
- une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;
- sommes allouées au titre de l'article 700 du CPC.
Selon leurs dires, ils n'ont pas fait de distinction malgré le jugement porté à leur connaissance.
Si vous avez des articles de loi ou des textes officiels à me communiquer afin que cela abonde dans mon sens, je vous en serais très reconnaissant. Cela me permettra de les soumettre à la CAF afin que la médiatrice revienne sur sa position.
Merci.
Cordialement
M. REY
il y a 1 mois
Votre analyse est juridiquement fondée : toutes les sommes perçues à l'occasion d'un contentieux prud'homal ne peuvent pas être assimilées indistinctement à des revenus professionnels.
Pour la prime d'activité, la CAF se réfère aux revenus d'activité au sens du Code de la sécurité sociale. Sont en principe prises en compte :
-les revenus ayant le caractère de salaire (rappels de salaires, indemnité compensatrice de préavis, congés payés, etc.).
En revanche, ne relèvent pas de cette catégorie :
-les dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, qui ont un caractère indemnitaire et réparateur,
-les sommes allouées au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, qui visent uniquement à compenser des frais de justice,
-plus généralement, les indemnités réparant un préjudice et non une rémunération d'activité.
L'indemnité de requalification CDD en CDI peut, en pratique, être discutée : certaines caisses la considèrent comme assimilée à un revenu d'activité, car elle est liée à la relation de travail, ce qui explique parfois les positions globales de la CAF.
Le point central dans votre dossier est donc l'absence de ventilation précise par la CAF, alors même que le jugement distingue clairement la nature des sommes. En principe, l'organisme doit apprécier chaque poste selon sa qualification juridique réelle et non procéder à une assimilation globale.
Vous pouvez utilement vous appuyer sur :
-les dispositions du Code de la sécurité sociale relatives à la prime d'activité (notamment les articles L.842-1 et suivants, qui visent les revenus professionnels),
-la jurisprudence constante distinguant revenus d'activité et indemnités réparatrices (notamment en matière prud'homale),
-et surtout sur le jugement lui-même, qui fait foi quant à la nature des sommes allouées.
En pratique, la démarche consiste à demander une révision en détaillant poste par poste :
-en rappelant que les dommages et intérêts et l'article 700 n'ont pas la nature de salaire,
-en sollicitant explicitement une requalification des montants pris en compte,
-en insistant sur l'obligation pour la CAF de se fonder sur la nature juridique réelle des sommes.
Si la médiation n'aboutit pas, la contestation relève ensuite du pôle social du tribunal judiciaire, qui pourra apprécier cette qualification.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien Cordialement.
Merci beaucoup , vous avez répondu à ma question.
Cordialement
M. Rey
il y a 1 mois