Bonjour @Ygui
Votre dossier appelle une distinction importante : le jugement d'adjudication constitue bien un titre, mais sa publication au service de la publicité foncière conditionne son opposabilité complète aux tiers. En matière de saisie immobilière, l'article R. 322-64 du Code des procédures civiles d'exécution prévoit la publication du jugement d'adjudication au fichier immobilier.
Cela signifie que l'adjudicataire peut soutenir qu'il est devenu propriétaire par l'effet du jugement, mais que l'absence de publication entretient une situation anormale à l'égard des tiers, de l'administration fiscale et de l'ancien propriétaire apparent. C'est précisément cette anomalie qui fonde une demande de régularisation forcée.
Par ailleurs, si l'erreur porte sur la désignation du lot, il faut envisager une rectification du titre, sur le fondement de l'article 462 du Code de procédure civile, lorsqu'il s'agit d'une erreur matérielle affectant une décision de justice.
Points de vigilance
L'avocat que vous avez consulté paraît prudent à juste titre : l'indemnité d'occupation ne semble pas être l'axe le plus solide si les adjudicataires disposent bien d'un jugement d'adjudication. Le débat ne porte donc pas seulement sur le fait qu'ils occupent sans droit, mais plutôt sur le fait qu'ils n'ont jamais régularisé la publicité foncière, vous laissant apparaître fiscalement et administrativement comme propriétaire du bien.
Votre meilleur angle paraît donc être le préjudice causé par cette carence : taxes émises à votre nom, ATD sur les loyers de vos locataires, démarches répétées, courriers recommandés, temps perdu, frais engagés, trouble administratif et impossibilité de clarifier la situation patrimoniale.
Le point nouveau que vous évoquez, à savoir l'erreur de lot 141 au lieu du lot 14, est très important. Si le rejet de publication vient de cette erreur, il faut obtenir les décisions de rejet du service de publicité foncière et contraindre les adjudicataires à faire rectifier le jugement ou les actes nécessaires, puis à publier le titre rectifié.
3 Conseils applicables
Il faut d'abord demander officiellement aux adjudicataires la communication du jugement d'adjudication, des tentatives de publication, des refus du service de publicité foncière et de tout échange relatif à l'erreur de désignation du lot. Sans ces pièces, il est difficile de bâtir une stratégie précise.
Ensuite, l'action la plus sérieuse consiste à solliciter judiciairement la régularisation de la situation, au besoin sous astreinte : rectification de l'erreur matérielle, publication du jugement rectifié, remboursement des taxes indûment supportées et indemnisation des conséquences fiscales et administratives. Cette demande paraît plus sûre qu'une indemnité d'occupation isolée.
Enfin, pour le dédommagement, il faut chiffrer un préjudice concret : taxes payées, frais bancaires liés aux ATD, frais de courriers, frais d'avocat, temps et démarches, préjudice moral, difficultés avec l'administration fiscale et maintien apparent du bien dans votre patrimoine. L'indemnité d'occupation peut être invoquée subsidiairement, mais elle ne devrait probablement pas être le fondement principal de votre demande.
Si cette réponse vous a été utile, je vous remercie de bien vouloir indiquer la question comme résolue et de sélectionner précisément la meilleure réponse, c'est à dire en cliquant sous la réponse qui vous a été la plus utile, afin d'attribuer cette réponse à l'avocat qui vous a le plus aidé.
Cela permet de valoriser le travail juridique fourni et d'aider d'autres personnes confrontées à une difficulté similaire.
Selon ce qui vous sera utile et nécessaire, vous pouvez également prendre attache avec mon cabinet afin que nous puissions approfondir ce dossier ensemble.
Bien à vous,
Maître Jordan MINARY
Avocat au Barreau de LYON
La présente réponse constitue un avis juridique général, émis sous toutes réserves, au regard des seuls éléments exposés. Elle ne saurait se substituer à une consultation juridique personnalisée.
Pour toute démarche engageant vos droits, il convient de consulter un avocat, seul à même de procéder à une étude complète et sur pièces de votre dossier et de vous fournir une réponse adaptée.
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