Bonjour,
Votre dossier paraît juridiquement sérieux, notamment parce que le vendeur semble avoir validé lui-même la compatibilité de la pièce à partir des éléments fournis par votre père (carte grise et ancienne pièce). Cet élément est central dans l'analyse du litige.
Il faut en effet distinguer deux situations très différentes :
le cas où l'acheteur choisit seul une référence sans conseil particulier du vendeur,
et le cas où le vendeur valide explicitement la compatibilité d'une pièce pour un véhicule déterminé.
Dans votre situation, vous indiquez précisément que le vendeur a confirmé la compatibilité avant la vente. Cela peut engager sa responsabilité au titre de son obligation de conseil et de délivrance conforme.
Par ailleurs, le fait que la pièce ait été montée uniquement à titre de vérification ne fait pas automatiquement disparaître vos droits.
En pratique, lorsqu'un montage minimal est nécessaire pour constater l'incompatibilité d'une pièce automobile, les juridictions peuvent considérer qu'il ne s'agit pas d'une "utilisation" normale privant l'acheteur de recours, surtout si :
la pièce n'a pas roulé,
n'a pas été dégradée,
et a été immédiatement démontée après constat d'incompatibilité.
Le point important dans votre dossier est que le fabricant n'a pas contesté la conformité intrinsèque de la pièce, mais cela ne règle pas la question essentielle : la pièce vendue était-elle adaptée au véhicule concerné ?
Or, une pièce peut être techniquement conforme en elle-même tout en étant inadaptée au véhicule pour lequel elle a été vendue.
Concernant maintenant l'expertise, le vendeur tente clairement de déplacer le débat sur le terrain technique afin de vous faire supporter la preuve de l'incompatibilité.
Sur le plan juridique, cela n'est pas totalement illogique : en cas de contestation, il faut effectivement démontrer que la pièce n'était pas adaptée.
Mais dans votre situation, plusieurs éléments réduisent déjà la difficulté probatoire :
la validation préalable du vendeur,
le montage test,
et la différence physique constatée avec la pièce d'origine.
Faire établir un constat ou un rapport par un professionnel automobile indépendant peut donc être pertinent, mais il faut rester proportionné économiquement.
Une expertise judiciaire complète serait probablement disproportionnée si la valeur de la pièce reste limitée.
En revanche, un rapport simple d'un garagiste ou d'un professionnel indiquant clairement :
les références du véhicule,
les références de la pièce vendue,
et les raisons concrètes de l'incompatibilité
peut déjà constituer un élément de preuve très utile.
Concernant les frais, en pratique :
celui qui prend l'initiative de l'expertise avance généralement les coûts,
mais ces frais peuvent ensuite être réclamés au vendeur si sa responsabilité est retenue.
Dans un premier temps, une stratégie graduée me paraît plus adaptée qu'une expertise lourde immédiate.
Je vous conseillerais plutôt :
de faire établir un écrit technique simple par un professionnel,
puis d'adresser une mise en demeure au vendeur.
Dans cette mise en demeure, vous pourriez notamment invoquer :
l'obligation de délivrance conforme,
l'obligation de conseil du vendeur professionnel,
ainsi que les dispositions relatives à la garantie légale de conformité du Code de la consommation.
Le point clé sera surtout de rappeler que :
la compatibilité avait été validée par le vendeur avant achat,
et que l'incompatibilité n'a pu être constatée qu'après un simple montage de vérification.
La médiation peut ensuite être envisagée si le vendeur persiste dans son refus, surtout si le montant du litige reste modéré.
En résumé, votre dossier semble reposer davantage sur une incompatibilité de la pièce avec le véhicule que sur un défaut de fabrication. Le fait que le vendeur ait validé la compatibilité avant la vente constitue un argument important. Avant d'engager une expertise lourde, il paraît souvent plus stratégique de faire établir un constat technique simple par un professionnel puis d'adresser une mise en demeure fondée sur l'obligation de délivrance conforme et l'obligation de conseil du vendeur.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.
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