La curatelle ne peut pas interdire en bloc une vente « de particulier à particulier », mais elle a raison de se poser la question d'un éventuel conflit d'intérêts et de l'intérêt de la personne protégée. En pratique, la vente est juridiquement possible à un membre de la famille d'accueil, sous réserve du respect des règles de la curatelle et, en cas de doute, d'une sécurisation par le juge des contentieux de la protection.
Règles de base sous curatelle renforcée
•En curatelle, la personne conserve l'exercice de ses droits mais doit être assistée de son curateur pour les actes de disposition, ce qui inclut la vente d'un véhicule d'une certaine valeur.
•La signature du curateur doit en principe figurer aux côtés de celle de la personne pour que l'acte soit valable.
•Selon les guides pratiques, la vente d'un véhicule peut nécessiter l'autorisation du juge si la valeur est significative au regard du patrimoine, mais il s'agit souvent d'un acte traité avec le seul accord du curateur quand la valeur est modeste.
Vente du véhicule : à qui et sous quelles conditions ?
•Aucune règle générale n'interdit à une personne sous curatelle de vendre son véhicule à un particulier, y compris un proche, dès lors que l'acte est fait avec l'assistance du curateur et dans son intérêt.
•La question centrale est le respect de l'intérêt patrimonial de la personne protégée : véhicule estimé 500 €, prix de vente conforme à la valeur de marché, absence de pression, volonté claire de vendre puisqu'elle ne pourra plus conduire.
•À ce niveau de valeur (500 €), on est a priori sur un bien de faible importance, ce qui milite pour un acte d'administration/disposition simple, mais l'appréciation dépend aussi du patrimoine global de la personne protégée.
Conflit d'intérêts et famille d'accueil
•Il peut y avoir un risque de conflit d'intérêts lorsqu'un intervenant au quotidien (famille d'accueil, aidant, etc.) achète un bien de la personne vulnérable, car il est en position d'influence.
•La bonne manière de gérer ce risque est la transparence et le contrôle : estimation écrite du garage (déjà obtenue), prix cohérent, mention claire dans l'acte de cession, assistance du curateur, voire autorisation du juge si le curateur estime être face à un conflit d'intérêts.
•Le curateur peut refuser de donner son accord s'il considère que l'opération n'est pas conforme à l'intérêt de la personne protégée ou que le conflit d'intérêts est trop marqué, mais il ne peut pas transformer ce motif en interdiction générale de toute vente à un membre de la famille d'accueil.
Comment sécuriser concrètement l'opération ?
•Faire établir une estimation écrite (vous l'avez) et, si possible, une seconde évaluation pour démontrer que le prix de 500 € est conforme au marché, surtout si le curateur est méfiant.
•Proposer au curateur :
oun projet d'acte de cession (Cerfa de cession classique) mentionnant que la vente résulte de la volonté de la personne sous curatelle,
ole versement du prix par virement sur le compte de la personne protégée (traçabilité),
oet, au besoin, saisir le juge des contentieux de la protection pour autorisation de vendre à la famille d'accueil si le curateur invoque un conflit d'intérêts.
•En cas de désaccord persistant, vous pouvez suggérer au curateur d'organiser une vente « objective » (annonce générale, meilleur offrant) en vous autorisant à vous porter acquéreur au même prix que tout tiers, ce qui limite l'argument de favoritisme.
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